Dans le n° 53 - Février 2015 - Des managers d'équipes pluridisciplinaires

Savoir-faire et savoir-être au coeur du métier de directeur

Par Patrice Lefrançois 

Au gestionnaire et au manager, la fonction de directeur exige des qualités commerciales et humaines importantes. Richard Capmartin, directeur-associé du Cabinet RC Human Recruitment développe ces points essentiels pour la nouvelle génération de responsables.

Quels sont les profils de directeurs demandés ?

Nous recrutons principalement des directeurs détenant un diplôme de niveau I (bac +5 ou plus), et un peu moins de 5% d'entre détiennent un diplôme de niveau II (bac +3 ou bac +4). Ce résultat découle du décret de 2007 fixant des exigences de qualification en fonction de la taille de la structure mais aussi de l'augmentation du niveau général de qualification de la population dans son ensemble.

Les candidats pouvant se prévaloir d'une première expérience dans un métier paramédical (principalement infirmiers), complétée par un diplôme de type Master, Cafdes..., restent les profils les plus demandés. Toutefois, la tendance évolue fortement, les candidats issus d'une formation supérieure en gestion, management ou commerce, et/ou ayant eu des expériences ou effectué des stages dans le secteur médico-social ou social sont de plus en plus recherchés, notamment dans le secteur privé lucratif. Reste qu'une expérience professionnelle de 5 à 10 ans (comme directeur adjoint ou cadre de santé), de préférence dans le secteur sanitaire ou médico-social, est la plupart du temps exigée pour occuper ce poste.

Il faut savoir qu'à la différence d'un établissement appartenant à un groupe, le directeur d'un EHPAD indépendant est seul à bord et par là-même soumis à une forte pression, l'exposant à un risque d'épuisement professionnel, de problèmes psycho-sociaux... Contrairement aux secteurs public et associatif, il peut également avoir en charge tout l'aspect commercial lié au taux d'occupation.

?Y a t-il une évolution des profils demandés en fonction de l'évolution du secteur?

L'environnement de plus en plus concurrentiel dans lequel évolue le secteur de la dépendance génère nécessairement des attentes de plus en plus fortes. Les critères de qualité sont toujours plus élevés tandis que l'implication du Directeur d'établissement devient incontournable. Certains employeurs l'ont bien compris et ajoutent au contrat des objectifs qualitatifs et économiques permettant une augmentation non négligeable du salaire. Les établissements mènent une politique commerciale active auprès de leurs clients et prescripteurs potentiels. Le directeur est responsable, entre autres, des résultats économiques de son établissement ainsi que de la politique de commercialisation. Mais au-delà, le directeur d'établissement doit faire figure de moteur et être capable de fédérer une équipe, être force de conviction et en mesure de manager des compétences pluridisciplinaires, pour garantir la mise en oeuvre du projet d'établissement et la qualité du service aux usagers. Il doit aussi faire face à de nombreuses situations difficiles et de ce fait, nul doute que son degré de maturité et son équilibre personnel feront la différence.

Confier la sélection des candidats à un cabinet spécialisé dans le médico-social permet de déceler le profil qui s'épanouira, grandira et contribuera à la performance de l'organisation. Les descriptifs de poste ne mettent pas suffisamment en valeur les qualités personnelles attendues qui feront la différence, alors que l'on détaille les aspects connaissances des métiers, expériences passées, compétences acquises. A compétences égales, il faut mesurer ce qui pourra faire la différence.