Dans le n° 48-septembre 2014  -  Chronique  4193

Transition démographique et transition écologique

Réussir la double transition écologique et démographique compte parmi les défis que doivent relever les peuples de France et de l'Europe.

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Face au vieillissement et à la diminution des marges d'interventions publiques, l'enjeu est d'imaginer et d'inventer une société "plus durable", assez en cohérence avec la question de l'âge. Après tout ceux qui inventent le développement durable ce sont les vieux puisqu'ils vivent plus longtemps?! Ils durent plus longtemps... Eux-mêmes nous prouvent que cette société durable existe. Le système publicitaire, le système capitaliste préféreraient, d'une certaine façon, une démographie où on disparaîtrait vers 50 ans, parce que du coup les nouvelles générations se renouvellent, achètent des machines à laver, des frigos... Alors que les générations qui vivent plus longtemps conservent les produits plus longtemps, consomment moins, savent mieux décrypter le boniment commercial...

Pour une croissance qualitative

Le fait de vivre plus longtemps est aussi une façon de faire durer les êtres humains d'abord mais aussi l'ensemble des objets plus longtemps. Sans le savoir le vieillissement est bien la marque d'une transformation de la société et de la nécessité de s'inscrire dans une réflexion autour d'une économie qui se développerait sans s'appuyer sur une croissance quantitative sans âme et sans avenir. Une société du vieillir c'est aussi inventer des circulations plus douces, plus lentes pour permettre à ces personnes de conserver leur autonomie. Ces circulations contribuent à préserver la santé des personnes concernées comme les ressources de la terre.

La seniorisation de la société marque cette deuxième transition démographique que nous vivons. Il ne s'agit plus de la diminution de la fécondité par l'enrichissement et la baisse de la mortalité infantile, mais de l'allongement de la vie en raison de la diminution de la mortalité des adultes avancés en âge et des effets économiques, sociaux et sociétaux que cette mutation implique. Les seniors d'aujourd'hui invitent à réfléchir à une production de richesse qui ne dépende pas de l'emploi. Le retraité qui fait pousser des tomates dans son jardin ne les produit pas seulement pour lui, mais aussi pour ses proches, ses voisins, peut-être même en vend-il quelques-unes. Ou encore il troque. Environ 15?% des fruits et légumes consommés en France échappent totalement au marché?!

De même, celui qui au lieu d'acheter une table, la fabrique. Souvent à partir de matériaux de récupération, pratiquant l'économie circulaire sans le savoir... Il s'agit bien de création de "valeur" comme disent les économistes. Mais elle ne se mesure pas dans les statistiques. Potentiellement, il y a ainsi 15?millions de retraités qui sont en activité, même s'ils ne sont pas en emploi. Ajoutez les cinq millions de chômeurs, dont la plupart ne restent pas les bras croisés, les étudiants, les femmes au foyer... Ca fait du monde?!

Economie non monétaire

Reprenons l'exemple de notre jardinier. Produisant une partie de son alimentation, il gagne en pouvoir d'achat. Il est sans doute incité à manger plus sainement et à encourager ses proches à faire de même. Il pratique une activité physique, ce qui est important pour sa santé. Il a des relations avec ses voisins... Et c'est joli un jardin, les voisins apprécient. Ils ne parlent plus du retraité ou du chômeur, mais du jardinier, celui qui fait pousser de bonnes tomates. Pour l'estime de soi, c'est tout de même pas mal?! Tout cela a des effets positifs, d'abord sur la santé.

Et cela jouera aussi sur le déficit de la sécurité sociale, libérant donc des moyens publics. Mais cette dynamique positive peut aussi favoriser la limitation de sa consommation médicale, et de sa consommation en général, et donc sur la préservation

Vieillir à titre personnel est une chance, mais vieillir à titre collectif ce sont aussi des opportunités pour faire émerger ces transitions essentielles pour dépasser ces temps de crise.

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