Dans le n° 155-décembre 2023  - Hospitalisation à domicile  16272

Évaluation anticipée : les « dossiers dormants » se réveillent

Pour des résidents dont l'état de santé est susceptible de se dégrader à court terme, l'évaluation anticipée permet de mettre en route sans précipitation une hospitalisation à domicile en Ehpad. 4 360 évaluations ont été réalisées en 2022.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

De simple modalité de prise en charge, l'activité d'hospitalisation à domicile (HAD) a gagné ses galons d'activité de soins à part entière depuis le 1er juin 2023, après une période transitoire et en application de l'ordonnance du 12 mai 2021 portant réforme des autorisations et de deux décrets encadrant ses nouvelles conditions d'implantation et de fonctionnement. Une émancipation conquise par rapport aux activités de médecine, chirurgie et obstétrique alors qu'elle venait de faire ses preuves pendant la crise sanitaire...

Dans le même mouvement, les « dossiers dormants » (ou « patients en veille ») que réalisaient déjà les établissements d'HAD en Ehpad, mais hors cadre structuré, ont laissé place aux évaluations anticipées. Avec une enveloppe dédiée : un million d'euros en 2020, réparti au prorata du nombre de patients pris en charge par l'HAD en Ehpad sur la période du 1er mars au 30 novembre 2020 ; 2,2 millions en 2021, avec une part forfaitaire pour financer le temps de coordination dédié à l'évaluation anticipée et une part modulable au prorata du nombre de patients pris en charge en 2020, et en 2022 une même enveloppe qu'en 2021 avec même répartition.

4 360 évaluations anticipées en 2022

2023 a été l'an I d'un mode de calcul stabilisé avec une enveloppe répartie sur la base du nombre d'évaluations anticipées effectivement réalisées et tracées par l'HAD en Ehpad entre le 1er janvier et le 31 décembre 2022.

Leur nombre est d'ailleurs connu pour la première fois : 4 360 évaluations anticipées. L'enveloppe est de 3 millions d'euros cette année, mais le dispositif a été étendu le 1er janvier à l'ensemble des résidents en établissements sociaux et médico-sociaux avec hébergement (handicap, précarité).

Les conditions ? L'évaluation anticipée est réalisée après demande de l'Ehpad et décision collégiale médicale (médecin traitant, médecin coordonnateur et médecin praticien d'HAD) pour des résidents dont l'état de santé est susceptible de se dégrader à courte échéance (phase palliative ou pathologies chroniques avec risque de décompensation symptomatique) et qui ont émis le souhait de ne pas être transférés à l'hôpital.

Les motifs de prises en soins peuvent être nombreux et le dispositif évite ainsi des prises en charge trop tardives et des transferts en service d'urgence.

À titre d'exemples : soins palliatifs et accompagnement au décès, perte d'oralité (mise en place d'analgésie autocontrôlée par le patient - PCA -, prise en charge des symptômes pénibles), décompensations d'organes (cardio-respiratoire, rénale...), pansements complexes avec nécessité d'un appui HAD (expertise, analgésie Meopa).

Un fois l'évaluation anticipée réalisée, le dossier administratif est créé et les médecins se concertent sur l'élaboration du projet de soins personnalisé et des prescriptions anticipées. Cette évaluation est régulièrement actualisée au travers d'échanges entre les équipes de l'HAD et de l'Ehpad. Lorsque le résident présente une dégradation, l'HAD peut ainsi se mettre en place rapidement et organiser la prise en charge.

La convention Ehpad/HAD

Une convention entre l'HAD et l'Ehpad est obligatoire pour toute intervention, au-delà des évaluations anticipées. Elle porte sur la création d'un dossier patient informatisé (DPI) par l'HAD, la réalisation des prescriptions anticipées personnalisées, l'information régulière sur la santé des résidents concernés... Attention, si le résident fait l'objet d'une admission en HAD dans les 7 jours, l'évaluation ne peut être considérée comme anticipée. Enfin, est-il utile de le préciser, le forfait soins de l'Ehpad reste inchangé.

L'Ehpad est obligatoirement à l'origine de la demande mais, en face, l'établissement d'HAD ne propose pas forcément l'offre, même si la pratique est appelée à se développer de plus en plus. Cette réponse conditionne évidemment la montée en charge du dispositif.

Présidée par l'ancienne ministre Élisabeth Hubert depuis 2006, la Fédération nationale des établissements d'hospitalisation à domicile (Fnehad) poursuit donc un travail de conviction auprès de ses 260 établissements. « Une chambre d'Ehpad est un domicile, insiste-t-elle dans une interview au Quotidien du Médecin (8 novembre), à la veille du 50e anniversaire de sa fédération. Pourquoi ne pas faire appel aux infirmières libérales pour les soins légers et à l'HAD quand la situation l'exige ? »

Certaines structures HAD, toutefois, ont déjà une pratique rodée. Un poster affiché au Congrès interrégional de gériatrie les 14 et 15 septembre derniers en a témoigné. Signé Sandra Chantelot-Lahoude, médecin coordonnateur de l'Ehpad Korian Bords de la Marque à Forest-sur-Marque (59), et Vanessa Lebas, infirmière d'évaluation et de coordination Santélys HAD (plus de 150 évaluations réalisées), il salue une collaboration « qui améliore la prise en soins des résidents dans cette dernière étape de la vie afin de leur permettre de partir dignement accompagnés par leurs proches ».


16/02/2026  - Aide à domicile

Assurance retraite : vers une reconnaissance mutuelle et réciproque des évaluations avec les départements

Sur le plan national, l'Assurance retraite propose aussi en 2026 une nouvelle offre « L'évaluation pour tous » avec rendez-vous au domicile.
16/02/2026  - 18ème édition du Prix KLESIA

« Santé mentale : accompagner le duo aidant-aidé », thème du Prix Klésia 2026

Sensibiliser, prévenir les facteurs de risques, accompagner les situations... Les structures ayant un projet en cours de conception ou de réalisation au bénéfice du duo aidant-aidé et de leur santé mentale peuvent candidater à cette nouvelle édition de l'engagement pour l'intérêt général créé par KLESIA.
16/02/2026  - Article 51

Adèle : accompagner l'aidant dès la sortie d'hôpital de son proche

Une expérimentation article 51 va de manière inédite cibler spécifiquement les aidants avec pour objectif de prévenir leur épuisement.
16/02/2026  - Fin de vie

Droit à l'aide à mourir : les Ordres des médecins et des infirmières demandent la sécurisation de leur exercice

Un communiqué commun rappelle leur position alors que les députés entament aujourd'hui la deuxième lecture des textes sur les soins palliatifs et le droit à l'aide à mourir.
13/02/2026

Journées de l'innovation en santé : Bien-vieillir

RDV du 13 au 15 février 226 à la Cité des Sciences et de l'industrie à paris pour les Journées de l'innovation en santé. Cette 3è édition invite le public à explorer les grands enjeux de l'innovation et du progrès médical et à découvrir la diversité des initatives portées par celles et ceux qui oeuvrent, chaque jour, pour notre santé. ...
12/02/2026  - Revue GPNV

Accueillir un résident de plus de 150 kg en Ehpad : mission impossible ?

La revue GPNV publie une étude inédite sur un sujet jusqu'ici inexploré en France, titrée « L'accessibilité des Ehpad français aux personnes en obésité de grade III : une enquête territoriale ».
12/02/2026  - SNANC

La qualité nutritionnelle des repas servis dans les Ehpad sera encadrée

La mesure fait partie des 14 actions-phares prioritaires de la Stratégie nationale pour l'alimentation, la nutrition et le climat (SNANC).
12/02/2026  - Municipales 2026

Une lettre ouverte de l'Uniopss aux futurs maires

Le réseau Uniopss mobilise les acteurs associatifs pour interpeller les candidats aux élections municipales.
12/02/2026  - Enquête

Ehpad : derrière la satisfaction affichée, une parole qui peine à se faire entendre

94 % des résidents se déclarent satisfaits de leur vie en établissement, 17 % estiment que leur avis n'est pas écouté, selon le Baromètre lancé par le label Vivre, qui pointe du doigt les failles de la communication et de la participation.