Avec une consommation moyenne de huit molécules par jour en Ehpad, les personnes âgées sont en risque de iatrogénie médicamenteuse. Le rapport Verger remis le 12 décembre 2013 à Mme Touraine et Mme Delaunay devrait permettre de générer un plan d'action pour adapter la politique du médicament aux besoins des personnes âgées.
Plusieurs rapports ont précédé le rapport Verger: en 2006 sur les préparations pharmaceutiques à l'hôpital et à l'officine, en 2009 sur l'éventualité de la réintégration du budget médicament dans le forfait soins; en septembre 2010 sur les Ehpad sans PUI, enfin en 2012 sur les expérimentations réalisées avec le forfait soins.
Le taux d'événements iatrogènes augmente avec l'âge ; il est deux fois plus fréquent après 65 ans qu'avant 45 ans. 10 à 20 % des effets indésirables conduisent à une hospitalisation, dont 20% pour les personnes âgées de plus de 80 ans. 30 à 60 % de ces effets sont prévisibles donc évitables. L'état des lieux sur les Ehpad conduit à 5 suggestions d'amélioration de la prise en charge médicamenteuse : optimiser les prescriptions en tenant compte des mésusages (bénéfice/risque), sécuriser le circuit du médicament, prévenir en cherchant des alternatives non médicamenteuses, optimiser le système d'information des Ehpad, et encourrager la recherche relative à la prise en charge médicamenteuse chez le sujet âgé.
Polypathologie et surprescription
Les états pathologiques en Ehpad sont HTA 59%, syndrome démentiel 54%, troubles du comportement 47%, syndromes abdominaux 44%, incontinence 37%, syndrome digestif haut 34%, troubles de la marche 32%, état anxieux 32%.
Dans 11,70 % des EHPAD, au moins 33 % des patients consomment 10 mole´cules ou plus. Dans 12,87 % des Ehpad, au moins 5 % des patients consomment plus de 15 molécules.
Les médecins non gériatres connaissent mal les phénomènes physiologiques du vieillissement ce qui conduit à une prescription non adaptée.
Les leviers d'action sont de publier des référentiels d'aide à la prescription, de recourir davantage à l'expertise gériatrique et de mieux communiquer sur les alternatives non médicamenteuses.