©DR
05/10/2022  - Rapport de la Cour des Comptes  14243

Une sinistralité « hors norme » dans les Ehpad

Tous les voyants sont au rouge selon le rapport annuel de la Cour des Comptes sur la Sécurité sociale : le médico-social, et les Ehpad en particulier, explosent tous les compteurs en matière d'accidents de travail ou de maladies professionnelles.

Comme chaque année, le rapport annuel de la Cour des comptes sur l'application des lois de financement de la sécurité sociale, présenté au Parlement le 4 octobre par son président Pierre Moscovici a choisi d'enquêter sur des thématiques particulières. Et pour cette édition 2022, elle s'est entre autres penchée sur la « sinistralité hors norme » dans le médico-social en matière d'accidents du travail, et en particulier dans les Ehpad.

3,5 millions de journées perdues en 2019

Le secteur médico-social se caractérise par un nombre de journées de travail perdues du fait d'accidents de travail ou de maladies professionnelles (AT-MP) trois fois supérieur à la moyenne constatée pour l'ensemble des secteurs d'activité en France. Ce nombre a ainsi atteint 3,5 millions en 2019, en augmentation de 41 % par rapport à 2016 et il correspond à 17 000 postes équivalents temps plein (ETP) par an. C'est dans les structures du secteur privé commercial pour personnes âgées que le nombre de jours d'absence et la progression de 2016 à 2019 sont les plus élevés : 9,9 jours d'absence par ETP avec une évolution de + 46 %.

La sinistralité moyenne des Ehpad, des maisons d'accueil spécialisé (MAS), des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) et des services polyvalents d'aide et de soins à domicile (Spasad) est elle-même trois fois supérieure à celle des autres ESMS. Elle frappe particulièrement les aides-soignantes.

La Cour a établi pour les Ehpad, un lien statistique clair entre d'une part la fréquence des AT-MP et d'autre part le taux d'encadrement, qui rapporte le nombre de soignants à celui des personnes prises en charge. Ce constat rejoint celui qu'elle a formulé récemment sur le manque persistant de personnels qualifiés, situation qui met donc en cause la qualité de la prise en charge des résidents et la santé des agents.

La Cour a également constaté qu'un établissement intégré avec d'autres dans un regroupement public ou privé d'ESMS connait une moindre fréquence d'AT-MP et rencontre moins de difficultés pour recruter.

« Cette situation appelle l'engagement d'un ensemble d'actions mobilisant les différentes parties prenantes », conclut la Cour des Comptes qui fait cinq recommandations.

Cinq recommandations

1- Publier l'arrêté rendant obligatoire pour les employeurs publics la déclaration des accidents de service et maladies professionnelles à la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL) ainsi qu'à la Caisse nationale d'assurance-maladie (Cnam) afin de faciliter la coordination de la prévention des risques professionnels dans l'ensemble du secteur médico-social.

2- Élaborer des indicateurs de ratios de personnels soignants requis dans les ESMS et rendre obligatoire la publication pour chaque établissement du niveau atteint par ces indicateurs.

3- Structurer dans le cadre des contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM) une politique régionale de maîtrise du risque professionnel dans les ESMS publics et privés.

4- Mettre en place progressivement une tarification AT-MP tenant compte du niveau de risque par catégories d'ESMS et, le cas échéant, par établissement.

5- Élaborer des recommandations sur la prévention et la santé au travail des aides-soignantes, accompagnants éducatifs et sociaux, et leurs faisant fonction, exerçant dans les ESMS.

17/03/2026  - 17 mars 2026 - Journée des aides à domicile

Philippe Croizon s'engage aux côtés de la Fédésap pour la Journée nationale des aides à domicile

À l'occasion de la Journée nationale des aides à domicile, la Fédésap (Fédération Française des Services à la Personne et de Proximité) a choisi un ambassadeur inattendu mais particulièrement éloquent : Philippe Croizon, connu pour avoir traversé la Manche à la nage malgré l'amputation de ses quatre membres. Dans une vidéo inédite, engagée et volontiers humoristique, il partage sa vision d'un métier qu'il connaît de l'intérieur.
17/03/2026  - Arrêté

Gestion des stupéfiants en Ehpad avec PUI

Un arrêté du 12 mars 2026 modifie la gestion des stupéfiants dans les établissements de santé et médico-sociaux disposant d'une pharmacie à usage intérieur.
17/03/2026  - FFMKR

Prévention des chutes : les 3 propositions-phares des kinésithérapeutes libéraux

La FFMKR appelle à faire de la prévention de la perte d'autonomie une priorité nationale en s'appuyant davantage sur les kinésithérapeutes.
16/03/2026  - Santé publique France

Chutes : les hospitalisations et les décès augmentent de façon inquiétante

Avec 174 824 hospitalisations et 20 148 décès, l'objectif de baisse de 20% du plan antichute des personnes âgées 2022-2024 est mis en échec
16/03/2026  - Bénévoles

Gouvernance des associations : le HCVA plaide pour de nouveaux modèles

Le Haut Conseil à la vie associative fait 20 préconisations pour repenser la gouvernance associative en questionnant la représentation, le partage et l'exercice du pouvoir décisionnel.
16/03/2026  - Restau'Co

« Plus de bio dans l'assiette de nos aînés » : un projet en voie d'essaimage

Testé pendant 18 mois dans trois sites pilotes, il vient de donner lieu à un guide pratique et prévoit le développement d'un parcours de e-learning.
12/03/2026  - SAD

La Fédésap alerte sur les pratiques disparates « voire baroques » des départements.

Elle dénonce « un maquis réglementaire mouvant où la règle dépend parfois moins de la loi que du code postal ».
12/03/2026  - Iatrogénie

Patients âgés hyperpolymédiqués : retard à l'allumage pour la consultation longue de déprescription

Entrée en vigueur le 1er janvier dernier, elle serait sous-utilisée pour cause de « friture sur la ligne » entre médecins et pharmaciens selon un article du Quotidien du Médecin.
12/03/2026  - Journée nationale de l'audition

37 % des plus de 65 ans souffrent de difficultés d'audition mais seuls 24 % sont appareillés

Près de 4 millions de personnes âgées de 65 ans et plus ne font rien pour compenser leurs troubles de l'audition et améliorer leurs conditions de vie.