Dans le n° 151-juillet 2023  - Instruction  14941

Une campagne budgétaire 2023 à côté de la plaque

L'instruction budgétaire 2023 sous-estime les effets de l'inflation et ne donne pas les moyens aux établissements et services médico-sociaux de fonctionner, ni a fortiori de recruter.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Quelques mesures sont certes saluées, mais l'ensemble du secteur des Ehpad, tous statuts confondus, a tiré à boulets rouges sur l'instruction du 15 mai relative aux orientations de la campagne budgétaire des établissements et services médico-sociaux (ESMS) pour 2023 : « pas de réponse à la hauteur des difficultés budgétaires des Ehpad publics » (FHF) ; « un décalage criant entre les ambitions affichées et les besoins réels des établissements et services sur le terrain » (Fehap) ; « loin des efforts financiers structurels attendus par le secteur dans un contexte de hausse des coûts généralisée » (SYNERPA)... Bref, elle est à côté de la plaque, résume un directeur d'Ehpad : selon une enquête de la Fnadepa publiée début juin, 64,8 % des établissements et services étaient déficitaires fin 2022, pour un montant moyen de 143 325 euros par structure... Et les faits sont têtus : un récapitulatif de l'agence régionale de santé (ARS) d'Île-de-France affiche un taux d'occupation moyen de 85 % pour l'ensemble des 707 Ehpad franciliens au premier trimestre 2023 - il plonge même sous la barre des 80 % pour les Ehpad hospitaliers de trois départements !

Objectif global des dépenses

La campagne 2023 repose, en construction, sur un taux de progression de 5,13 % de l'objectif global de dépenses (OGD) : +?5,04 % pour les ESMS accueillant des personnes âgées (PA) et +?5,22 % pour les ESMS accueillant des personnes en situation de handicap (PH). L'instruction précise que la contribution du secteur au mécanisme de mise en réserve prudentielle, destiné à garantir l'exécution de l'Ondam, est fixée à 121?millions d'euros pour 2023 - en pleines difficultés financières, elle diminue d'autant les moyens alloués aux ESMS, s'indigne le secteur.

Mesures de revalorisations salariales et d'actualisation

Près de 143?millions d'euros sont délégués aux ARS afin de compenser diverses mesures de revalorisations salariales post Ségur issues de la conférence des métiers du 18 février 2022 : 104,30?millions pour la hausse de salaire des personnels de la filière socio-éducative des établissements du secteur du handicap, 11,8?millions pour la prime de 517?euros nets mensuels pour les médecins coordonnateurs et les médecins salariés exerçant en ESMS. S'y ajoute le financement des mesures issues du Ségur 2 et de l'axe 3 du Ségur.

Taux d'évolution de la masse salariale et effet prix

Le taux d'évolution global des moyens alloués aux ESMS est porté à +?2,06 % pour le secteur PA et +?2,53 % pour le secteur PH. Il intègre 214?millions d'euros pour tenir compte « de l'évolution tendancielle du coût de la vie et du contexte d'inflation exceptionnelle ». Ces taux permettent par ailleurs de couvrir l'évolution de la masse salariale à hauteur de 1,80 % sur le secteur PA et 1,97 % sur le secteur PH, afin de tenir compte notamment de la revalorisation du point d'indice au 1er?juillet 2022.

Le taux d'évolution global des moyens alloués aux ESMS intègre la revalorisation du point d'indice mais également 214?millions d'euros pour tenir compte « de l'évolution tendancielle du coût de la vie et du contexte d'inflation exceptionnelle ». Comme lors de la seconde phase de campagne budgétaire pour 2022, l'effet prix exceptionnel et la hausse de la valeur du point d'indice dans la fonction publique seront financés pour les Ehpad en tarif global comme en tarif partiel par une augmentation de la valeur du point GMPS. L'actualisation des valeurs de point GMPS intègre également des crédits dédiés au renforcement du taux d'encadrement (52 millions). Le détail de l'actualisation des nouvelles valeurs de point GMPS est précisé dans l'annexe?1.

Les Ehpad en tarif global ne bénéficient pas d'actualisation de leur forfait soins pour l'effet masse salariale (GVT) ni pour l'effet prix exceptionnel : sur la base de l'actualisation des valeurs de point GMPS par arrêté ministériel (publié le 14?juin, ndlr), l'instruction prévoit un taux d'évolution des moyens différencié pour les Ehpad en tarif partiel ou en tarif global.

Les priorités d'actions

L'instruction rappelle que trois mesures nouvelles ont été inscrites dans l'OGD 2023 avec pour objectif de renforcer l'accompagnement des personnes âgées à domicile : 45?millions d'euros seront alloués pour la réforme tarifaire des services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) et 400?millions pour favoriser la création de 25 000?places de Ssiad d'ici 2030 ; 200?millions devront permettre la création de 500?centres de ressources territoriaux (CRT) d'ici 2030 dont 40?millions dès cette année. Ces crédits pérenniseront les 23?dispositifs renforcés d'accompagnement à domicile (Drad) actuellement expérimentés dans le cadre de « l'article 51 » ; enfin une enveloppe de 20?millions est allouée pour améliorer la couverture du territoire en pôles d'activités et de soins adaptés. Des mesures bien accueillies, elles.


10/03/2026  - ESMS Numérique

Ce que le DUI change dans les pratiques : trois retours de terrain

La CNSA publie cinq monographies illustrant les effets « transformants » du déploiement du dossier unique informatisé (DUI), dont trois dans le secteur du grand âge.
10/03/2026  - MedIntechs

Vieillir chez soi : le logement, la mobilité et l'innovation au service de l'autonomie

C'est une équation que la France ne peut plus différer : d'ici quelques années, plus de vingt millions de personnes auront dépassé soixante ans. Or l'immense majorité d'entre elles souhaitent vieillir à domicile, souvent dans des logements pourtant inadaptés, dans des territoires où les services s'effacent et où la voiture reste la seule clé de l'autonomie.
10/03/2026  - FPH

Nouvelle composition pour l'instance collégiale D3S

Elle fait suite à la nomination de Frédéric Pigny à la tête du CNG. Auparavant, sa première réunion 2026 a été l'occasion d'un point syndical sur le médico-social public.
10/03/2026  - EAIS

(Re) transcription des prescriptions médicamenteuses : un Flash sécurité patient de la HAS

Sous-titré «Copier une prescription, c'est risquer de coller des erreurs », il analyse trois événements indésirables associés aux soins (EIAS) dont le premier concerne une résidente d'Ehpad de retour de l'hôpital.
09/03/2026  - Domicile

Amapa : le feuilleton judicaire va-t-il reprendre ?

Conséquence d'une décision de la cour d'appel de Paris, le groupe Avec fait feu de tout bois.
09/03/2026  - Privé lucratif

Olivier Dussopt pourrait succéder à Guillaume Pépy à la présidence d'Emeis

La sortie par anticipation du plan de sauvegarde a permis au groupe d'ouvrir une nouvelle étape. Quel président pour l'accompagner ?
09/03/2026  - Initiative

Stop à l'isolement fête ses six ans

Tout a commencé par un message sur Facebook, le 18 mars 2020, au coeur du premier confinement. Six ans plus tard, ce qui n'était qu'une impulsion généreuse est devenu un espace de référence pour les personnes vulnérables, leurs aidants et les professionnels qui les accompagnent, à domicile comme en établissement.
09/03/2026  - Expérimentation

Opticiens en Ehpad, une généralisation perdue de vue ?

Alors que l'expérimentation en Centre-Val de Loire et Normandie est terminée depuis le 31 décembre 2025, deux parlementaires posent la question : quand ?
26/02/2026  - SFGG Société Francaise de Gériatrie et de Gérontologie

Sexualité et grand âge : les Printanières de la SFGG brisent les tabous

Le 2 avril 2026, la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie consacre son webinaire « Les Printanières » à une question longtemps tue dans les établissements et services à domicile : la santé sexuelle des personnes âgées.