Démission de la ministre, report du plan Grand âge, parution d'une nouvelle étude sur le défi démographique qui nous attend, là, maintenant, les réactions désabusées du secteur médico-social.
Report du Plan Grand âge : de déconvenue en déconvenue
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Le Plan Grand-âge qui devait être présenté le 12 février est reporté sine die, le cabinet de la ministre Charlotte Parmentier-Lecocq l'a confirmé peu après l'annonce de sa démission du Gouvernement - liée par ricochet à l'élection municipale de Templeuve-en-Pévèle dans le Nord, 7000 habitants. Un « mini-remaniement » est attendu dans les prochains jours.
Enième report, énième remaniement, la déconvenue est d'autant plus grande pour le secteur qu'au même moment a paru une étude de la Drees montrant l'ampleur du défi démographique à venir. S'il le fallait encore.
Fnadepa : un signal envoyé particulièrement mal venu- « Si ce report semble être un hasard de calendrier lié aux élections municipales, le signal envoyé, le jour de la publication des résultats de la Drees, est particulièrement mal venu, déplore la Fnadepa dans un communiqué du 6 février. Nul ne peut plus ignorer le défi démographique auquel notre pays va faire face jusqu'en 2030. Depuis 2007, tous les gouvernements ont renoncé à engager une réforme du Grand âge à la hauteur des enjeux. Nous sommes désormais au pied du mur. Le temps des concertations, des tours de France et des mesurettes est révolu. Des dizaines de rapports et projections sont sur la table, les solutions à mettre en oeuvre sont toutes connues ». La Fnadepa « exhorte » le prochain gouvernement à s'en saisir et à agir dès sa nomination, en présentant un plan ambitieux et financé.
FHF : des besoins massifs, un sentiment d'abandon- Le secteur va-t-il avoir de nouveau à se battre pour un ministère de tutelle ? Pour la Fédération hospitalière de France (FHF), la situation impose « la nomination rapide d'un nouveau ministre délégué en capacité de porter pleinement les enjeux de l'autonomie ». Dans son communiqué du 6 février, elle rappelle, elle aussi, « les besoins massifs » confirmés par l'étude de la Drees : « le report du plan Grand âge, annoncé à la suite du départ de la ministre, nourrit un sentiment d'abandon des politiques publiques en direction du Grand âge ». En urgence, elle « appelle dès à présent la ou le futur ministre délégué à honorer les engagements pris, en lançant sans délai la mission sur les inégalités socio-fiscales entre établissements publics et privés et les travaux d'élaboration d'une loi de programmation Grand âge ».
AD-PA : ils ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas- L'AD-PA voit dans l'étude de la Drees « un appel à préparer l'avenir » (communiqué du 5 février) mais préfère interpeller l'Elysée : « si l'ensemble des présidents de la République, dont le dernier en date, n'ont pas tenu les engagements de création d'une Loi Autonomie qu'ils avaient pourtant successivement promis, ceux à venir ne pourront plus s'exonérer d'apporter réponses pour un présent plus digne pour les personnes âgées d'aujourd'hui et une perspective plus heureuse pour les jeunes qui seront ceux de demain. De même, les prochains présidents et responsables politiques ne pourront plus dire qu'ils ne savaient pas ».
Fehap- Le calendrier bouge, la démographie, elle, ne bougera pas- « La Drees publie une étude qui relate, chiffres à l'appui, ce que tout le secteur sait déjà : la France n'est pas prête à vieillir ! », a réagi la Fehap sur linkedin.
Le report du Plan Grand âge ? « Le calendrier politique bouge, la démographie, elle, ne bougera pas ». Pour la Fédération le sujet ne peut continuer à être traité comme un sujet sectoriel alors que vieillir « n'est pas un sujet social, c'est LE sujet de société des 30 prochaines années ». La Fehap appelle « à une politique interministérielle du vieillissement, à la hauteur du choc démographique qui arrive ».
Synerpa : une déception et une opportunité- « Soyons clairs sur le fond : le plan qui devait être présenté n'était pas à la hauteur, indique le Synerpa (communiqué du 5 février). Des mesurettes, une volonté de consolider l'existant, quand c'est une transformation profonde qui s'impose. Ce report est donc une déception, mais aussi une opportunité. Celle de viser enfin l'ambition que ce sujet mérite ». Le représentant du secteur commercial appelle le Premier ministre à porter lui-même ce plan Grand âge. « C'est la seule façon de garantir une approche interministérielle, seule à même de répondre à l'ampleur du défi ».
Adédom : un risque réel de décrochage du secteur du domicile- La Fédération Adédom alerte « sur le risque réel de décrochage du secteur, déjà confronté à de fortes tensions économiques, à des difficultés de recrutement persistantes et à un manque de lisibilité des politiques publiques, qui empêchent les services de se projeter dans l'avenir », dans un communiqué du 9 février. Plusieurs chantiers majeurs demeurent aujourd'hui « sans garanties suffisantes », alors même qu'ils conditionnent directement « la capacité des services à répondre aux besoins des publics accompagnés » : la poursuite de la réforme des services autonomie à domicile (SAD), l'avenir des politiques salariales, à travers les avenants attendus pour reconnaître l'engagement des professionnels et renforcer l'attractivité des métiers ; une tarification et un financement des SAD « à la hauteur des enjeux ».
