©Adobestock
26/02/2024  - Privé lucratif  16558

Medicharme demande sa liquidation judiciaire

Le groupe qui gère en France 43 établissements 34 Ehpad, compte 1200 salariés et héberge 2000 résidents espère trouver des repreneurs afin de sauver « un maximum d'établissements, dans l'intérêt des résidents, des salariés et des bailleurs ».

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

« Medicharme, un groupe dans la tourmente », titrait geroscopie.fr, le 27 octobre, au lendemain d'une conférence de presse explosive de la CGT qui tirait la sonnette d'alarme : « pour la première fois depuis la création des Ehpad en 2002, un groupe d'Ehpad privé lucratif est en passe de cesser son activité et de priver ainsi ses 1 300 salariés d'emplois et ses 2 000 résidents de lieux de vie » alertait la centrale. Démenti immédiat du groupe...

Mais aujourd'hui, Le Monde peut titrer « Medicharme, groupe d'Ehpad privés, est en banqueroute, une première en France ». Arrivée à la tête de Medicharme en 2022, peu avant la révocation de l'ancien président et fondateur, Delphine Mainguy annonce dans un communiqué à l'AFP que le groupe va demander l'ouverture d'une procédure de liquidation judiciaire avec le maintien de son activité. Une audience se tiendra jeudi matin au tribunal de commerce de Nanterre pour permettre à la justice de se prononcer sur cette demande. L'ouverture d'une telle procédure doit permettre de « travailler sur la cession du groupe afin de trouver des solutions pour un maximum d'établissements, dans l'intérêt des résidents, des salariés et des bailleurs », précise-t-elle - Medicharme s'est développé grâce à l'achat d'Ehpad, revendus chambre par chambre et qui versent des loyers à 1100 propriétaires (placements défiscalisés).

Le groupe, qui appartient au fonds d'investissement anglais G-Square, fait face à une situation financière dégradée en raison d'une augmentation des coûts à cause de l'inflation et de la faiblesse du taux d'occupation de ses établissements. La demande de placement en liquidation judiciaire fait suite à l'ouverture en novembre d'une procédure confidentielle de conciliation, associée à un dispositif de « prépack cession », qui permet d'accélérer le calendrier en arrivant devant la justice avec déjà plusieurs projets de reprise.

« Nous avons reçu un certain nombre d'offres de reprise, mais elles ne sont pas encore stabilisées, nous devons continuer à travailler pour les améliorer », indique Delphine Mainguy. Une autre audience devrait avoir lieu fin mars pour déterminer le sort des établissements. Si certains ne trouvaient pas de repreneurs, cela se traduirait par des transferts de résidents et des licenciements.

Comme dévoilé l'automne dernier, le groupe Medicharme fait, par ailleurs, l'objet de deux enquêtes administratives des inspections générales des Finances (IGF) et des Affaires sociales (Igas), lancées à l'été 2023, et chargées d'examiner, entre autres, ses chaines de gouvernance, ses pratiques commerciales et financières, ses pratiques managériales, le taux d'encadrement et le temps de présence effectif des personnels (notamment des soignants » auprès des résidents...

Selon Le Monde, leur rapport (encore confidentiel) conclurait à « une très grosse amélioration du fonctionnement interne du groupe depuis le changement de direction ». Il s'agit de ne pas effrayer les repreneurs....

A noter : dans un communiqué du 29 février Médicharme informe ses résidents et leurs proches, ses salariés et bailleurs, ses partenaires et fournisseurs qu'avec ses filiales ils ont ouvert des liquidations judiciaires avec poursuite d'activité jusqu'au 15 avril 2024.

Les offres de reprise existantes ou attendues feront l'objet dans les trois semaines à venir d'une analyse approfondie. L'examen des offres par le tribunal aura lieu lors de l'audience du 21 mars prochain.

« Notre priorité absolue demeure la continuité de la prise en soins et du bien-être des résidents ainsi que la préservation des emplois au sein des établissements tout au long de la procédure, indique le communiqué. La direction tient à remercier l'ensemble des équipes qui restent mobilisées et engagées auprès des résidents ».

24/02/2026  - Expérimentation

Pharmaciens non titulaires de DES en Ehpad : les syndicats « vigilants et dubitatifs »

Les pharmaciens hospitaliers et les étudiants s'interrogent sur le pourquoi d'une expérimentation dérogatoire en pharmacie à usage intérieur d'Ehpad.
24/02/2026  - Conférence salariale

Privé non lucratif : zéro euro pour les salaires

La conférence salariale du 18 février a de nouveau fait un flop. La confédération d'employeurs Axess dénonce un sous financement devenu chronique.
24/02/2026  - LF 2026

Loi de finances : deux mesures RH pour la fonction publique

Il s'agit de la pérennisation de la rupture conventionnelle et de l'allongement de la durée maximale du congé pathologique prénatal.
24/02/2026  - Grand âge

Fnadepa : les nouvelles charges risquent de faire chavirer nombre d'ESMS

La taxe d'apprentissage du secteur associatif s'ajoute à un alourdissement de charges pour des établissements et services déjà exsangues.
24/02/2026  - Hygiène et qualité de vie

Des odeurs persistantes en Ehpad : quand la chimie verte vient au secours des équipes

Malgré des protocoles rigoureux, de nombreux établissements restent confrontés à des nuisances olfactives tenaces, particulièrement dans les unités de soins spécialisés. 1903RS, société occitane spécialisée dans la chimie des odeurs, a développé Jolly Odor : un destructeur d'odeurs à base d'actifs végétaux, sans parfum agressif ni classement dangereux.
24/02/2026  - Webinaire

Les maires face au vieillissement : agir maintenant, sans attendre l'État

La loi Grand Âge tarde et les financements nationaux restent incertains. Mais le vieillissement, lui, n'attend pas. Lors d'un webinaire organisé par le Cercle Vulnérabilité & Société, le 23 février, élus, militants et innovateurs sociaux ont appelé les communes à agir sans attendre - avec pragmatisme et sans grands moyens.
23/02/2026  - EAIS

Fausses routes : un Flash sécurité patient de la HAS

Titré « Fausses routes : lorsqu'une petite boulette devient un très gros pépin », il analyse trois événements indésirables associés aux soins (EIAS)
23/02/2026  - Maltraitances

Nouveau numéro d'appel : à J-7, rien n'est prêt !

Personne ne connait le nouveau numéro d'appel maltraitance pour les adultes vulnérables, alors redisons-le : à compter du 1er mars, il s'agit du 3133...
19/02/2026  - PA/PH

Le numéro 3133 va succéder au 3977 pour signaler des faits de maltraitance

L'opérateur privé Qualisocial prendra le relais le 1er mars mais France Assos Santé craint « un risque réel sur la qualité de l'accompagnement et sur la capacité des victimes à faire entendre leur parole ».