20 fédérations et organisations du grand âge se mobilisent pour la cause des aînés.
Les Vieux méritent mieux !
« Les Vieux méritent mieux ! ». Ce cri a été lancé par 39 400 personnes rassemblées ce jeudi 16 octobre, dans les établissements et services à domicile pour personnes âgées, partout en France, de Paris à Beaune où Géroscopie était ce jour. Cette mobilisation nationale, organisée par 20 fédérations et organisations du Grand âge, appelle l'Etat à respecter ses engagements par une loi de programmation pluriannuelle et un financement garanti de 1,6 % du PIB. "Il n'y a plus de temps à perdre. Le grand âge doit devenir une priorité nationale", indiquent les fédérations dans un communiqué commun.
Le coût de l'inaction face au vieillissement
A partir de 2030, le vieillissement de la population va être exponentiel. En 2050, 5 millions de personnes auront plus de 85 ans - contre 2 millions actuellement. Cette transformation de la société aura des conséquences majeures - sociales, territoriales, économiques, sanitaires. Pour autant, les gouvernements repoussent sans cesse la réforme structurelle nécessaire pour accompagner le vieillissement et non le subir. Or la loi de programmation inscrite dans la loi « Bien vieillir » pour 2024, n'a toujours pas vu le jour.
Cette inaction a un coût tant humain qu'économique. Le gain d'un an d'espérance de vie sans incapacité permettrait à lui seul à l'Assurance maladie d'économiser environ 1,5 milliard d'euros par an selon la Cour des comptes. Qu'il s'agisse d'Ehpad, de services à domicile ou d'habitats intermédiaires, leur santé financière et RH est critique :
- Plus de 65 % des ESMS estiment qu'ils termineront l'année 2025 en déficit, avec un déficit moyen de 209 000 € (en 2024, 54 % avaient terminé l'année en déficit avec en moyenne 131 000 €) ;
- 51 % manquent actuellement de personnel ;
- Le turn-over du personnel est massif et le nombre d'arrêts de travail 142 % plus élevé dans le secteur de l'aide et du soin à la personne que dans la moyenne des autres secteurs.
L'appel des fédérations et organisations
"Sans mesures fortes, nous assisterons au paradoxe dramatique d'une réduction de l'offre d'accompagnement à destination des personnes âgées, au moment où elle devrait s'amplifier", ajoute le collectif qui appelle l'État à respecter ses engagements législatifs et républicains et lui demande expressement de "construire une réforme ambitieuse avec une loi de programmation pluriannuelle d'ici fin 2026, et porter l'effort national pour l'accompagnement du grand âge à 1,6 % du PIB - soit 11,5 milliards d'euros supplémentaires par an - afin d'aligner la France sur la moyenne européenne.
Cette réforme doit s'articuler autour de cinq piliers :
- garantir la liberté de choisir son lieu de vie et son accompagnement en fonction de ses besoins,
- avoir des professionnels en nombre suffisant, formés et reconnus. A ce titre, 100 000 recrutements supplémentaires seront nécessaires d'ici 2030,
- garantir l'accessibilité financière des Ehpad, services à domicile et habitats intermédiaires, afin d'éviter tout renoncement,
- renforcer les dispositifs de prévention de la perte d'autonomie et le repérage des fragilités,
- adapter les territoires et les infrastructures - transports, logements - au vieillissement.
L'accompagnement du vieillissement de notre pays n'est ni un marqueur partisan ni une querelle d'experts : c'est un choix de société."
