L'association annonce la création d'un comité scientifique chargé de mettre en place un Observatoire national de la mort solitaire qui collectera des données fiables sur la fréquence et les circonstances de la mort solitaire.
Les Petits Frères des Pauvres veulent créer un Observatoire de la mort solitaire
« Bordeaux (33) : une septuagénaire retrouvée morte dans le jardin de sa maison près de deux ans après son décès » (Sud-Ouest), « Montpellier (34) : une femme d'une soixantaine d'années retrouvée morte chez elle 2 ans après son décès » (Midi Libre), « Montrouge (92) : un homme de 85 ans retrouvé mort dans son appartement trois ans après son décès » (Le Parisien)... Depuis plusieurs années, les Petits Frères des Pauvres recensent, à partir d'articles, les décès de personnes âgées découvertes chez elles plusieurs semaines, mois, voire années après leur mort. Une trentaine en 2025. Ces situations, souvent décrites comme des « drames de la solitude », sont la conséquence ultime d'un isolement social extrême.
La liste complète des cas recensés, ainsi que plusieurs histoires de vie de personnes victimes de mort solitaire, réalisées par le journaliste Jean-Baptiste Mouttet, sont à découvrir sur le site dédié : https://mort-solitaire.petitsfreresdespauvres.fr/ Ces portraits visent à mettre en lumière les parcours, les fragilités et les ruptures sociales qui peuvent conduire à ces drames.
En 2025, 750 000 aînés vivaient en situation de mort sociale, c'est-à-dire sans ou quasiment sans contacts, et 2 millions étaient isolés de leur famille et de leurs amis (Baromètre 2025 Solitude et isolement des personnes âgées).
Cette mort sociale peut conduire les plus fragilisés à la mort solitaire. Mais aujourd'hui, même si de nombreux acteurs publics, associatifs ou funéraires estiment que le comptage effectué par les Petits Frères des Pauvres est sous-estimé, personne n'est en mesure de quantifier de façon fiable le nombre annuel de morts solitaires en France. « Pour agir et mobiliser, il devient urgent de mesurer l'ampleur de cette réalité insoutenable et d'en comprendre les causes. C'est ce qui nous motive à mettre en place un comité scientifique qui réunira des chercheurs, sociologues, gériatres et acteurs du terrain, avec pour mission de préfigurer un Observatoire de la mort solitaire d'ici la fin de l'année », explique Yann Lasnier, délégué général des Petits Frères des Pauvres.
L'objectif de cet Observatoire sera de collecter des données fiables sur la fréquence et les circonstances de la mort solitaire. Mais aussi d'analyser les facteurs de risque et de proposer des recommandations concrètes, à destination des pouvoirs publics et des acteurs sociaux, sur la mort solitaire mais aussi sur la prévention de l'isolement.
