Shutterstock
28/01/2026  - Fin de vie  18690

Soins palliatifs : les ambitions rattrapées par le principe de réalité

Les propositions de loi sur le droit à l'aide à mourir et sur les soins palliatifs sont soumises à un vote solennel du Sénat le 28 janvier en soirée, précédé d'explications de vote.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.


Adoptée à l'Assemblée nationale le 27 mai 2025, la proposition de loi établissant « un droit à l'aide à mourir », portée par le député du groupe Les Démocrates, Olivier Falorni, a été rebaptisée « assistance médicale à mourir » par la Commission des affaires sociales du Sénat avant d'être débattue en séance publique les 20 et 21 janvier. Et d'être vidée de sa substance par la suppression de l'article 4... créant cette assistance à mourir. C'est donc sans surprise que cette version a été rejetée lors du vote solennel du 28 janvier au soir.

Egalement adoptée à l'Assemblée nationale le 27 mai 2025, son pendant, la proposition de loi pour l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs portée par la députée Renaissance Annie Vidal, a été adoptée par les sénateurs le 26 janvier au soir et solennellement votée le 28 janvier.

Dans le sillage de leur commission des affaires sociales, les sénateurs ont supprimé le droit opposable à l'accompagnement et aux soins palliatifs : « un droit autoproclamé ne devient pas effectif si les moyens ne suivent pas, la promesse risque d'être impossible à tenir », a souligné la sénatrice Corinne Bourcier du groupe Les Indépendants en séance du 26 janvier.

Les sénateurs ont aussi supprimé le principe d'une loi de programmation pluriannuelle reprenant la proposition alternative de leur commission des affaires sociales d'une stratégie nationale pluriannuelle. Ils ont dans la foulée voté un amendement doublant les crédits de la Stratégie décennale des soins d'accompagnement jusqu'à 2034. « Les besoins en soins palliatifs exigent un investissement historique », a souligné son autrice, la sénatrice communiste Silvana Silvani, tout en concédant « Certes, l'article n'a pas de valeur normative, mais les montants fixés dans la stratégie décennale serviront de référence pour les PLF et PLFSS ».

« Je suis très ennuyé, a fait part le président de la commission des affaires sociales, Philippe Mouiller (LR), le 26 janvier. Tout le monde est inquiet sur les moyens financiers. Le Gouvernement promettait pourtant une grande réforme pour les soins palliatifs. Nous avons l'habitude des lois de programmations ou autres promesses budgétaires sans concrétisation lors du PLFSS, d'où les inquiétudes. Cependant, faisons preuve de sérieux. Voter un amendement purement déclaratif ne me semble pas utile, au contraire ».

Par ailleurs, les sénateurs ont précisé le rôle des missions des maisons d'accompagnement et de soins palliatif en indiquant que ces maisons offrent un accueil aux proches aidants ainsi qu'aux proches endeuillés.

Enfin, ils ont rétabli l'article relatif à la formation initiale et continue des professionnels, en élargissant les dispositions de la loi Claeys-Leonetti à l'ensemble des professionnels du secteur médico-social et de la santé mentale.

L'Assemblée nationale examinera les deux propositions de loi en deuxième lecture la semaine du 16 février, pour un retour au Sénat après les élections municipales.

Amendement sur les Ehpad rejeté

A noter : un amendement du sénateur Jean-Luc Fichet et des membres du groupe Socialiste, Écologiste et Républicain sur la garantie de soins palliatifs en Ehpad a été repoussé par les sénateurs. Actuellement, 25 % des décès en France surviennent en Ehpad, « pourtant, il est manifeste que l'accompagnement de la fin de vie y est déficient, d'abord en raison des carences de recrutement et de l'insuffisante formation des professionnels aux soins palliatifs », a argumenté le sénateur. « Cet amendement est louable dans son intention, mais plusieurs dispositions du texte répondent mieux à cette préoccupation, comme aux articles 11 et 11 bis », lui a répondu la rapporteure Jocelyne Guidez. Quant à la ministre Stéphanie Rist, elle en a appelé au principe de réalité... : « plus de 6 000 Ehpad ont déjà signé en 2023 des conventions avec des équipes mobiles en soins palliatifs. La stratégie décennale prévoit 6 000 ETP supplémentaires pour renforcer l'accompagnement dans les Ehpad. Vous proposez de le rendre obligatoire. Le principe de réalité explique mon avis défavorable. »

L'Assemblée nationale examinera les deux propositions de loi en deuxième lecture la semaine du 16 février, pour un retour au Sénat après les élections municipales.

12/03/2026  - SAD

La Fédésap alerte sur les pratiques disparates « voire baroques » des départements.

Elle dénonce « un maquis réglementaire mouvant où la règle dépend parfois moins de la loi que du code postal ».
12/03/2026  - Iatrogénie

Patients âgés hyperpolymédiqués : retard à l'allumage pour la consultation longue de déprescription

Entrée en vigueur le 1er janvier dernier, elle serait sous-utilisée pour cause de « friture sur la ligne » entre médecins et pharmaciens selon un article du Quotidien du Médecin.
12/03/2026  - Journée nationale de l'audition

37 % des plus de 65 ans souffrent de difficultés d'audition mais seuls 24 % sont appareillés

Près de 4 millions de personnes âgées de 65 ans et plus ne font rien pour compenser leurs troubles de l'audition et améliorer leurs conditions de vie.
11/03/2026  - Revue GPNV

Lien entre la contention physique passive et le fardeau soignant, une étude exploratoire

Un article publié par la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du vieillissement ne répond pas de façon tranchée à la question, mais confirme que les pratiques doivent être interrogées.
11/03/2026  - Investissement

Merci Prosper lève 10 millions d'euros pour libérer le patrimoine des seniors

Deux seniors sur trois peinent à boucler leurs fins de mois. Pourtant, près de 70 % d'entre eux sont propriétaires de leur logement. Ce paradoxe (un patrimoine abondant mais figé, riche sur le papier et pauvre au quotidien) est précisément celui que la fintech Merci Prosper a décidé de résoudre.
11/03/2026  - Essonne

Comment ce faux Ehpad a-t-il pu passer si longtemps sous les radars ?

La Résidence Saint-Jacques à Boutigny-sur-Essonne a été inspectée par l'ARS Ile-de-France en mars 2025 puis a fermé en novembre, sans relation de cause à effet.
11/03/2026  - Privé non lucratif

Habitat & Humanisme reprend 12 établissements d'Entraide

Le tribunal des activités économiques de Marseille a privilégié une offre qui s'aligne sur les valeurs humaines et sociales du groupe et évite son démembrement.
10/03/2026  - Bilan intermédiaire

États généraux de la santé et de la protection sociale : et maintenant ?

Près de 80 000 participants, plus de 2,2 millions de réponses, 405 000 verbatims. La consultation des États généraux de la santé et de la protection sociale, lancée en novembre 2025 par un collectif de plus de 50 organisations de la société civile, s'est achevée le 17 février dernier sur une mobilisation sans précédent.
10/03/2026  - ESMS Numérique

Ce que le DUI change dans les pratiques : trois retours de terrain

La CNSA publie cinq monographies illustrant les effets « transformants » du déploiement du dossier unique informatisé (DUI), dont trois dans le secteur du grand âge.