Un article publié par la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du vieillissement ne répond pas de façon tranchée à la question, mais confirme que les pratiques doivent être interrogées.
Un article publié par la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du vieillissement ne répond pas de façon tranchée à la question, mais confirme que les pratiques doivent être interrogées.
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Malgré ses effets délétères sur la santé, la qualité de vie et la dignité des personnes âgées, la contention physique passive (CPP) demeure fréquente en gérontologie. Elle concerne majoritairement des personnes présentant des troubles neurocognitifs majeurs. Partant de l'hypothèse que son recours pourrait être favorisé par des facteurs structurels, dont le manque de personnels, Christine Vanessa Cuervo-Lombard, Marie Rommelaere, Ina Wojciechowski, Julie Vignolo et Jean-Pierre Jacus (Université Jean-Jaurès de Toulouse) ont mené une étude qu'ils qualifient d'exploratoire sur les liens entre fardeau soignant et CPP, suivant l'implication du soignant dans sa mise en place (demandeur et/ou poseur), et en comparant deux structures d'hébergement (Ehpad et UHR). Les résultats sont publiés dans la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du vieillissement (GPNV, vol.23 n°4 décembre 2025).
Les données relatives aux mesures de contention- Elles ont été extraites des dossiers médicaux, incluant : la présence ou non une CPP ; le type de dispositif utilisé (ceinture pelvienne, barrières de lit, tablettes fixées, etc.) ; le nombre de CPP par résident (de jour, de nuit, les deux) ; la durée de prescription de la CPP (< 6 mois : oui-non) ; l'ancienneté de la première CPP ainsi que le respect de chacune des dix recommandations de l'Anaes relatives à son application.
Le fardeau perçu par les soignants- Il a été évalué avec l'échelle de Zarit (pénibilité, épuisement) et le Formal Caregiver Burden in Dementia (Yuki Miyamoto, université de Tokyo), traduit en français par trois des quatre auteurs (représentations et vécus des professionnels soignants face aux déficits de la maladie d'Alzheimer)
Quinze soignants ont évalué leur fardeau auprès de 34 résidents des deux structures. Les scores au NeuroPsychiatric Inventory (NPI), à la Grille Iso Ressource (GIR) au Mini Mental State Examination (MMSE) ainsi que le nombre de contentions par résidents et leur ancienneté ont été relevés.
Les résultats ? Contradictoires. « Nos résultats reflètent vraisemblablement une réalité plus complexe » écrivent les auteurs. Ils ont constaté que Le fardeau soignant était majoré par la CPP d'autant plus que le soignant en était poseur, mais aussi que l'ancienneté de la contention diminuait ce fardeau, ce dernier étant moindre à l'UHR qui recourait davantage à la CPP. Ceci témoigne potentiellement d'un ressenti et de pratiques tributaires des habitudes et routines de travail face à la contention. « En ce sens, nous ne pouvons que souligner la nécessité de sensibiliser les personnels soignants aux risques de la CPP », concluent-ils.
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