La Résidence Saint-Jacques à Boutigny-sur-Essonne a été inspectée par l'ARS Ile-de-France en mars 2025 puis a fermé en novembre, sans relation de cause à effet.
La Résidence Saint-Jacques à Boutigny-sur-Essonne a été inspectée par l'ARS Ile-de-France en mars 2025 puis a fermé en novembre, sans relation de cause à effet.
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« Dans une démarche de transparence », l'agence régionale de santé (ARS) Île-de-France vient de publier les rapports et les lettres de décision issus des contrôles et inspections menés en 2025 dans huit Ehpad franciliens. Aucun commentaire, aucun fait saillant, la note de présentation précise juste classiquement que les deux documents constituent « une photographie de la situation de l'établissement concerné à la date de l'inspection ou du contrôle » - donc rien à attendre sur l'après notification.
Hasard de l'ordre de publication, le premier établissement est la Résidence Saint-Jacques à Boutigny-sur-Essonne où une inspection inopinée a été diligentée le 11 mars 2025. Dans la lettre de décision adressé au gestionnaire, le directeur de la délégation départementale Essonne de l'ARS écrit qu'il a failli lui enjoindre de supprimer son « activité qui s'apparentait à un Ehpad de fait » mais que son engagement à le faire l'avait retenu ! Une étonnante mansuétude à lire le rapport lui-même qui met pourtant en avant un savant montage pour « médicaliser » une résidence service sans personnel salarié.... Les soins ? L'accompagnement ? Des infirmières libérales et un service d'aides à domicile (groupe Avec) installés sur place avec exercice ville /résidence et des horaires planifiés. Fausses qualifications (blouses griffées aide-soignante...), locaux, équipements, tout est édifiant dans ce rapport alors même qu'il a recensé trois résidents en GIR 1 et 16 en GIR 2.
L'après notification ?
Un article du Parisien du 14 novembre nous dit les suites. Il est titré : « En 20 jours, ça a été un massacre » : à Boutigny, des seniors sommés de quitter en urgence leur résidence endettée ». Il évoque les traumatismes provoqués par la fermeture de la résidence chez des résidents parfois là depuis des décennies, allant jusqu'à des tentatives de suicide. Rien à voir avec l'inspection : en cessation de paiement depuis fin 2024, la société gestionnaire Sogefra a été mise en liquidation judiciaire le 26 août 2025 par le tribunal de commerce d'Evry...
Concept mixte
Dans le site officiel « pour les personnes âgées », la Résidence Saint-Jacques est bien répertoriée comme résidence service mais pendant de très nombreuses années, elle a vanté (et facturé !) un concept mixte d'Ehpad médicalisé et de résidence services. « Cette double vocation permet d'offrir un large éventail de prestations adaptées aux besoins des résidents, qu'ils requièrent une assistance médicale continue ou simplement un environnement confortable pour profiter de leurs années de retraite », écrit le site Retraiteplus (d'autres aussi). D'ailleurs, le précédent gestionnaire (qui a fait faillite entretemps) avait été condamné pour publicité mensongère en février 2010, là aussi c'est Le Parisien qui le raconte. Il y a 16 ans !
Comment les tutelles, ARS ou conseil départemental, ont-elles pu ne rien voir ou ne rien faire pendant si longtemps ? Pourquoi cette résidence n'a-t-elle pas fait partie de la vague 2022-2024 des contrôles post-Orpea ? Le constat est navrant : jusqu'au bout, les résidents n'auront pas été protégés.
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