Shutterstock
27/05/2025  - Assemblée nationale  17956

Le feu vert des députés à un droit à l'aide à mourir

Plus clivante que son homologue « accompagnement et soins palliatifs », la proposition de loi créant un droit à l'aide à mourir a néanmoins réussi à réunir une confortable majorité.


La proposition de loi (PPL) sur la fin de vie portée par Olivier Falorni, rebaptisée « pour un droit à l'aide à mourir », a fini d'être examinée par les députés en première lecture le 24 mai et a été adoptée ce 27 mai, avec 305 voix pour et 199 contre, lors d'une séance qualifiée d'historique par les observateurs. Ce droit « consiste à autoriser et à accompagner une personne qui en a exprimé la demande à recourir à une substance létale, afin qu'elle se l'administre ou, lorsqu'elle n'est pas en mesure physiquement d'y procéder, se la fasse administrer par un médecin ou par un infirmier ». Décryptage du texte.

Critères d'éligibilité- Pour accéder à l'aide à mourir, la personne, majeure et française (ou résident étranger régulier et stable en France) devra :

- Être atteinte d'une affection grave et incurable, quelle qu'en soit la cause, qui engage le pronostic vital, en phase avancée, caractérisée par l'entrée dans un processus irréversible marqué par l'aggravation de l'état de santé de la personne malade qui affecte sa qualité de vie, ou en phase terminale ;

- Présenter une souffrance physique ou psychologique constante liée à cette affection, qui est soit réfractaire aux traitements, soit insupportable selon la personne lorsque celle-ci a choisi de ne pas recevoir ou d'arrêter de recevoir un traitement. Une souffrance psychologique seule ne peut en aucun cas permettre de bénéficier de l'aide à mourir

- Être apte à manifester sa volonté de façon libre et éclairée.

La procédure- L'ensemble de la procédure de l'aide à mourir est définie : demande, examen, informations et décision motivée du médecin dans un délai de 15 jours, après accord délai de réflexion du malade d'au moins deux jours, possibilité de renoncement. Le malade pourra déposer sa demande par écrit ou « par tout autre mode d'expression adapté à ses capacités ». S'il ne peut pas se déplacer, le médecin devra se rendre chez lui où dans le lieu où il est pris en charge pour recueillir sa demande. Il devra l'informer qu'il peut bénéficier de soins palliatifs et d'accompagnement et s'assurer qu'il peut y accéder. Il devra de plus proposer de l'orienter, ainsi que ses proches, vers un psychologue ou un psychiatre. La procédure collégiale à l'issue de laquelle le médecin prononce sa décision réunira un collège pluriprofessionnel, auquel il participe et composé au moins d'un spécialiste de la pathologie et d'un soignant intervenant dans le traitement. La personne de confiance désignée par le malade pourra être associée à la procédure collégiale.

La décision du médecin se prononçant sur la demande d'aide à mourir ou de mettre fin à la procédure pourra être contestée devant le juge administratif par le malade uniquement (sauf cas des majeurs protégés).

Droits des malades- La PPL détaille les droits des malades : date de la mort, droit de mourir entouré par les personnes de son choix et hors de son domicile. Dans les cas où la personne s'auto-administre le produit létal, le texte prévoit que la présence du médecin ou de l'infirmier à ses côtés n'est plus obligatoire une fois la substance létale administrée. Il devra toutefois être suffisamment près et en vision directe d'elle pour pouvoir intervenir en cas de difficulté.

Clause de conscience- Sur le modèle de la clause de conscience spécifique à l'IVG, les députés ont instauré une clause de conscience pour les médecins et infirmiers susceptibles d'être sollicités par une personne demandant à bénéficier de « l'aide à mourir ». Ces professionnels ne seront « pas tenus de participer aux procédures » liées à ce nouveau droit s'ils ne le souhaitent pas, mais devront en informer « sans délai » le patient demandeur. Le médecin ou l'infirmier faisant valoir sa clause de conscience devra ensuite « communiquer le nom de professionnels de santé disposés à participer à cette mise en oeuvre ».

Délit d'entrave à l'aide à mourir- L'entrave est définie comme « le fait d'empêcher ou de tenter d'empêcher de pratiquer ou de s'informer sur l'aide à mourir". Elle sera constituée dans deux cas : soit en perturbant des lieux de pratique de l'aide à mourir et le travail des personnels ; soit en exerçant des pressions, menaces ou intimidations sur des personnes cherchant à s'informer sur l'aide à mourir, les soignants, les patients ou leur entourage. Les peines encourues pour ce nouveau délit d'entrave ont été doublées par les députés : jusqu'à deux ans de prison et 30 000 euros d'amende.

Texte (provisoire) résultant des délibérations de l'Assemblée nationale à l'issue de la séance du 24 mai 2025

15/01/2026  - Ministère

Un plan Grand âge, oui mais pour quoi faire ?

A lire le document qui a fuité, l'opérationnel n'est pas du tout au rendez-vous du futur plan gouvernemental, même si les 17 engagements sur lesquels il s'appuie ne souffrent pas la contestation...
15/01/2026  - Expérimentations article 51

Vigie-Age : prolongation de la période transitoire

Un arrêté repousse l'entrée dans le droit commun de cette innovation d'une filière de soins gériatrique (aiguë et chronique) connectée à domicile.
15/01/2026  - Privé lucratif

Emeis poursuit son désendettement en créant la foncière Isemia

Le portefeuille de la foncière dédiée est composé de 68 actifs d'une valeur expertisée de 1, 220 milliard d'euros.
15/01/2026  - Maltraitances

Participer le 9 février au colloque de la Fédération 3977 = un acte de soutien

La Fédération 3977 annonce avoir fait le choix de maintenir son colloque, le 9 février, autour du thème : « L'écoute, le lien et le liant au coeur de la lutte contre les maltraitances ». Maintenir ? Elle s'explique.
14/01/2026  - Colloque

Gérosciences : l'heure de la prévention a sonné

Le 14 janvier, à l'Académie de médecine, Clariane réunissait chercheurs, gériatres et économistes pour les premières Rencontres des gérosciences. Le message était clair : le temps du curatif touche à sa fin, celui de la prévention commence.
14/01/2026  - Redressement judiciaire

Le sort en suspens du groupe Entraide

Reprise ? Poursuite de l'observation ? Placé en redressement judiciaire, le groupe associatif est en attente de décision du tribunal des activités économiques de Marseille.
14/01/2026  - Conférence de presse

Hausse de la CSG : « une occasion ratée » pour la FHF

Elle demande aussi le lancement d'une mission sur « les inégalités socio-fiscales » entre Ehpad publics et commerciaux.
14/01/2026  - Expo photos

Vieillissement : le Musée de l'Homme croise science et photographie

Le Musée de l'Homme présentera du 8 avril 2026 au 3 janvier 2027 l'exposition « Les grands âges », née de la rencontre entre le biodémographe Samuel Pavard et le photographe Nikos Aliagas.
13/01/2026  - Alimentation

Cet Ehpad breton qui dépasse les objectifs d'Egalim

Le maire d'Evran (22) donne les recettes du succès de l'Ehpad Le Clos Heuzé géré par son CCAS.