A l'EHPAD de la Fondation Parmelan (Annecy) l'équipe soignante annonce quatre infirmières de nuit. Un choix de longue date qui satisfait équipes, résidents, familles et tutelles.
A l'EHPAD de la Fondation Parmelan (Annecy) l'équipe soignante annonce quatre infirmières de nuit. Un choix de longue date qui satisfait équipes, résidents, familles et tutelles.
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Certains établissements n'ont pas attendu l'expérimentation sur la présence d'une infirmière de nuit pour être convaincus de son intérêt. À Annecy (Haute-Savoie), l'EHPAD de la Fondation Parmelan a fait ce choix il y a plus de dix ans. " La santé, c'est 24 heures sur 24, 7 jours sur 7, fait observer Richard Grivel, directeur de l'établissement. Nous privilégions donc une présence infirmière continue, quitte à réduire un peu la présence de jour. Nous avons ainsi une réponse médicale permanente dans tous les cas : soins palliatifs, accidents de santé ou simple continuité de la prise en soin. "
Cette conviction est d'autant plus facile à mettre en oeuvre que l'établissement compte 185 résidents (GMP 600, PMP 166). L'équipe de nuit comprend donc quatre infirmières à temps partiel, relayées pour les congés par des infirmières intermittentes, assurent chacune sept à huit nuits par mois. Avec la présence de jour, l'établissement dispose de 9,5 ETP d'infirmières, dont la cadre de santé.
Pour le docteur Hugues Tallon, médecin-coordonnateur, les infirmières de nuit ont une véritable expertise. " Leur jugement est fiable car elles sont souvent très expérimentées, souligne-t-il. Elles sont un maillon fort des soins de fin de vie : ici, il y a environ un décès par semaine. Elles apportent jour et nuit quasiment le même service qu'à l'hôpital : poser une sonde, la retirer... " D'ailleurs, l'établissement qui a établi un partenariat avec un service HAD (Hospitalisation à Domicile), y fait peu appel. Et quand il y a une véritable hospitalisation, elle est réduite puisque l'EHPAD peut effectuer les soins de jour et de nuit. " De plus, poursuit le médecin-coordonnateur, en cas de chute, les infirmières décident s'il faut contacter un médecin ou hospitaliser. Sans elles, il faudrait appeler le SMUR ou les Pompiers et le résident irait systématiquement aux urgences. " Rien d'étonnant alors à ce que les tutelles valident le budget de l'établissement.
Les infirmières de nuit contribuent aussi à la prise en charge classique : veille sanitaire (perfusions,...), préparation des piluliers, prélèvements ou prises de sang. " C'est un confort supplémentaire pour le résident, précise le Docteur Tallon. Les laboratoires passeraient plus tard dans la matinée, les résidents devraient donc rester longtemps à jeun... "
L'ensemble du dispositif rassure les résidents et leurs familles et plaît aux infirmières de jour : la continuité de la prise en soin donne plus de sens à leur travail. Toutefois le médecin-coordonnateur ne saurait tout miser sur les IDE de nuit. " Il faut aussi des dossiers très bien tenus et du temps pour les transmissions, conclut-il. Ici, une demi-heure d'échange est prévue à chaque relève. De plus, il faut un bon pilotage de l'ensemble des intervenants... " D'ailleurs le docteur Tallon, en relation avec 54 médecins-traitants, a entamé un DU de Management du Soins et des équipes à Chambéry.
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