Dans le n° 84-septembre 2017  -  MALADIES NEURODÉGÉNÉRATIVES  7483

"Accompagner des résidents atteints de Parkinson, cela nécessite des effectifs supplémentaires"

Les Jardins du Marais situé à Saint-Agnant (Charente-Maritime) est le seul EHPAD en France à avoir intégré, dès son ouverture en 2012, une unité spécialisée Parkinson (Espace Konstantin de 12 places). Un accompagnement qui demande de grands moyens en personnels. Retour sur ce projet, cinq ans après.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Architecture des locaux, formation des équipes, projet d'accompagnement et de soin, au sein de l'établissement Les Jardins du Marais à Saint-Agnant (Groupe DomusVi), tout a été conçu pour permettre une prise en charge parfaitement adaptée de des résidents atteints de la maladie de Parkinson. La résidence dispose de 85 chambres individuelles (dont 5 en hébergement temporaire) : 59 en hébergement classique pour les personnes âgées, 14 dans l'unité protégée pour des personnes atteintes de la maladie d'Alzheimer et 12 chambres dans l'unité Parkinson.

Christelle Michelet, la directrice de la résidence et son équipe ont travaillé en étroite collaboration avec des professionnels de santé de la région (neurologues, orthopédistes, kinésithérapeutes...). A leur admission, les résidents bénéficient d'un bilan cognitif avec les rééducateurs : psychomotricien, ergothérapeute, kiné, art-thérapeute, psychométricienne. "80% du personnel, qu'il soit soignant, non-soignant, agent de maintenance, est formé aux spécificités de Parkinson, aux changements de comportements et au décryptage des symptômes", se félicite la directrice de l'établissement. En cinq ans, l'établissement a pu acquérir une solide expertise. "Cette maladie est très complexe avec des manifestations motrices et non-motrices. Les résidents qui en sont atteints ont conscience de leur dégradation, ce qui génère de la dépression chez eux".

"En raison de leur lenteur omniprésente et des périodes on/off, il est très important de s'adapter en permanence au rythme des résidents. Outre la balnéothérapie, ils bénéficient de certains ateliers tels que la danse thérapie, l'initiation du geste pour reprendre du plaisir dans le mouvement plus libéré. La fonction groupale permet également un gros travail sur l'estime de soi", explique Zoé, psychomotricienne aux Jardins du Marais.

Cinq ans après, quel avenir pour ce projet ?

"Le nerf de la guerre, c'est l'argent ! En plus de ce projet unique, l'établissement mène des projets spécifiques Alzheimer, explique Christelle Michelet. Nous avons donc besoin d'effectifs supplémentaires. Durant ces cinq années, le financement de l'unité Parkinson s'est fait grâce à des crédits non reconductibles, des excédents de notre budget. Sans subventions supplémentaires, ce n'est pas tenable. On espère que l'Agence régionale de santé va nous soutenir pour faire perdurer ce projet, car au 1er janvier 2018, nous n'aurons plus de financements. L'accompagnement de résidents atteints de Parkinson nécessite des effectifs supplémentaires, ce qui est compliqué à mettre en oeuvre. En effet, à un stade avancé de la maladie, les résidents ont besoin d'un accompagnement soutenu pour une vraie rééducation, pour maintenir les capacités encore existantes ou ralentir l'évolution de la maladie : psychomotricienne, deux fois par semaine ; orthophoniste, deux fois par semaine ; art-thérapeute, une fois par semaine", ajoute-t-elle. "Il manque l'aspect financier dans le plan maladies neurodégénératives, si on reste avec sur un financement basé au GMPS, c'est trop limité. Par ailleurs, c'est très difficile de fidéliser les rééducateurs si on n'est pas en capacité de leur assurer que le projet sera reconduit année après année". Mobilisée depuis des années pour faire vivre ce projet, la directrice reste encore et toujours optimiste pour le faire perdurer. "Notre bilan est positif, le rapport d'activité remis aux autorités de tutelles permettra de convaincre de l'efficacité et l'utilité de cette prise en charge spécifique", espère-t-elle.

25/02/2026  - Santé publique

Primo lance un programme d'amélioration de l'état bucco-dentaire des résidents

L'état bucco-dentaire est souvent préoccupant en Ehpad ou établissements hébergeant des personnes en situation de handicap. Le déficit de formation des personnels en est l'une des causes.
24/02/2026  - Expérimentation

Pharmaciens non titulaires de DES en Ehpad : les syndicats « vigilants et dubitatifs »

Les pharmaciens hospitaliers et les étudiants s'interrogent sur le pourquoi d'une expérimentation dérogatoire en pharmacie à usage intérieur d'Ehpad.
23/02/2026  - EAIS

Fausses routes : un Flash sécurité patient de la HAS

Titré « Fausses routes : lorsqu'une petite boulette devient un très gros pépin », il analyse trois événements indésirables associés aux soins (EIAS)
11/02/2026  - Maladies chroniques

Observance médicamenteuse, un sondage pour comprendre pourquoi le patient décroche

Un sondage d'OpinionWay pour le salon MedInTechs confirme que l'oubli d'un traitement par un malade chronique est plus souvent lié à une fatigue et une charge mentale importante qu'un refus de soin.
04/02/2026  - Journée mondiale contre le cancer

Cancer : adapter la prise en charge aux personnes âgées

Le 4 février marque la Journée mondiale de lutte contre le cancer, l'occasion de rappeler l'ampleur de cette pathologie qui a touché plus de 430 000 nouvelles personnes en France en 2023.
04/02/2026  - Recherche

Moins de médicaments en Ehpad : une étude sur les antihypertenseurs ouvre la voie

L'essai Retreat-Fail sur un millier de résidents d'Ehpad montre qu'il est possible de réduire les traitements sans augmenter la mortalité.
03/02/2026  - Décrets

Obligation vaccinale contre la grippe : la HAS exclut un membre de son groupe de travail

L'avis de la HAS est un préalable aux décrets d'application de l'article 55 de la LFSS 2026.
29/01/2026  - Réforme

Stéphanie Rist s'inscrit clairement dans l'esprit de la loi infirmière

Lors d'un déplacement à la maison de santé pluridisciplinaire de Taissy, dans la Marne, Stéphanie Rist a fait le point sur la réforme portée par la grande loi infirmière du 27 juin 2025.
29/01/2026  - Prévention

Une grille d'auto-évaluation pour prévenir le suicide en établissement

Il permet aux Ehpad d'adopter un regard systématique et exhaustif sur les espaces de soins et de vie.