©Adobestock
11/04/2024  - Conseil des ministres  16698

Soins d'accompagnement, aide à mourir : le projet de loi est sur la table

Quatre articles pour renforcer les soins d'accompagnement et les droits des malades, dix-sept pour définir l'aide à mourir, en fixer les conditions d'accès, la procédure, le contrôle et l'évaluation avec instauration d'une clause de conscience : le projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et de la fin de vie est enfin connu.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Le projet de loi relatif à l'accompagnement des malades et de la fin de vie, annoncé par Emmanuel Macron en mars dernier, a été présenté en conseil des ministres le 10 avril par Catherine Vautrin, ministre du Travail, de la Santé et des Solidarités.

Fondé sur deux titres, le premier relatif « aux soins d'accompagnement et aux droits des malades », le deuxième relatif à « l'aide à mourir », il dessine un cadre permettant un point d'équilibre entre le renforcement de l'accompagnement des patients et de leur entourage, et l'ouverture d'une aide à mourir dans des conditions strictes d'accès « protectrices des personnes concernées et des professionnels de santé », indique le compte rendu du conseil des ministres. L'aide à mourir sera réservée aux patients majeurs, nés en France ou résidant de longue date dans le pays, et en mesure d'exprimer clairement leur volonté. Il faudra également ressentir des souffrances intolérables et impossibles à traiter, physiques ou psychologiques.

Enfin, le pronostic vital devra être engagé à court ou moyen terme, une formulation qui laisse de fait une grande marge d'appréciation aux soignants.

Pour Emmanuel Macron, ces conditions permettent un « équilibre » en créant un « modèle français » de la fin de vie.

Le projet de loi qui compte 21 articles répartis en deux titres sera débattu par les députés à partir du 27 mai. Nous avons noté quelques articles en particulier :

- L'article 1 rénove l'approche de la prise en charge de la douleur et de la fin de vie, en intégrant la notion de soins palliatifs dans celle plus englobante de « soins d'accompagnement » et le 2 qui crée les maisons d'accompagnement, une nouvelle catégorie d'établissement médico-social ;

- L'article 4 comporte plusieurs mesures d'amélioration des modalités selon lesquelles toute personne peut formuler, par anticipation, ses souhaits en matière de prise en charge médicale afin d'en faciliter la connaissance par ses proches et les professionnels de santé, dans l'hypothèse où elle ne serait plus en mesure d'exprimer sa volonté ;

- L'article 5 définit l'aide à mourir : elle consiste à autoriser et à accompagner la mise à disposition, à une personne qui en a exprimé la demande, d'une substance létale, dans les conditions et selon les modalités prévues aux articles 6 à 11, afin qu'elle se l'administre ou, lorsqu'elle n'est pas en mesure physiquement d'y procéder, se la fasse administrer par un médecin, un infirmier ou une personne volontaire qu'elle désigne ;

- L'article 16 institue une clause de conscience pour les professionnels de santé qui ne souhaiteraient pas participer à la procédure d'aide à mourir. Ils sont alors tenus, ainsi que cela est déjà prévu en matière d'interruption volontaire de grossesse, de communiquer à la personne le nom des professionnels de santé susceptibles de les remplacer. Seuls les pharmaciens ne peuvent bénéficier d'une telle clause. Par ailleurs, une hospitalisation ou un hébergement dans un Ehpad ne peut pas faire obstacle à l'accès d'une personne malade à l'aide à mourir. Ainsi, si, au sein d'un établissement de santé ou d'un établissement médico-social, aucun médecin ne veut traiter de demande d'aide à mourir ou si aucun professionnel de santé ne souhaite accompagner une personne, le responsable de la structure sera tenu d'y permettre l'intervention à cette fin d'un autre professionnel de santé et des personnes désignées par la personne pour l'assister. D'autre part, cet article invite les professionnels qui seraient volontaires pour participer à la procédure d'aide à mourir à se déclarer auprès de la commission créée à l'article 17, qui centralisera ainsi les coordonnées des professionnels volontaires ;

- L'article 18 confie à la Haute autorité de santé (HAS) la mission d'établir des recommandations de bonnes pratiques, incluant une liste de produits susceptibles, isolément ou de manière combinée, d'être utilisés dans le cadre de l'aide à mourir, indépendamment de leur autorisation de mise sur le marché.

A noter : le Gouvernement a décidé de rendre public l'avis du Conseil d'État relatif à ce projet de loi.

03/02/2026  - Handicap et vieillissement

Première en France : une équipe mobile Déficience intellectuelle-Alzheimer à Lille

L'association Les Papillons Blancs a créé une équipe mobile pour accompagner les personnes déficientes intellectuelles vieillissantes de la métropole européenne de Lille.
03/02/2026  - Plan de contrôle

Ehpad épinglés : l'ARS-Aura publie l'ensemble des mesures correctives

Dans le cadre du plan de contrôle des Ehpad en Auvergne-Rhône-Alpes, l'ARS publie des rapports d'inspection et des décisions de mesures correctives
03/02/2026  - Hauts de France

Centre de ressources territoriaux : une journée régionale pour faire le point

Elle réunira le 30 avril à Lille les CRT des Hauts-de-France, leurs partenaires institutionnels, sanitaires, médico-sociaux et territoriaux, mais aussi des acteurs nationaux.
03/02/2026  - Décrets

Obligation vaccinale contre la grippe : la HAS exclut un membre de son groupe de travail

L'avis de la HAS est un préalable aux décrets d'application de l'article 55 de la LFSS 2026.
02/02/2026  - Décès

Au revoir Ugo

C'est avec une profonde émotion et beaucoup de tristesse que nous avons appris le décès d'Ugo Nardella, directeur des ventes chez AMD (Activ Medical Disposable).
02/02/2026  - Formation

La « période de reconversion » : un nouveau dispositif pour changer de métier

La Pro-A a disparu au 1er janvier, place à ce nouveau dispositif de reconversion professionnelle. Les négociations pour un accord de branche dans le privé non lucratif viennent de commencer
02/02/2026  - Santé publique

Trisomie 21 et Alzheimer : un colloque et une lettre ouverte

Leur message ? Le vieillissement des personnes avec un trouble du développement intellectuel est un enjeu majeur qui appelle une réponse collective et coordonnée.
02/02/2026  - Public

GTSMS : un appui terrain de l'Anap pour entrer dans l'opérationnel

L'Anap soutient le déploiement opérationnel de la réforme en proposant un accompagnement technique et des espaces d'échanges entre pairs.
02/02/2026  - Domicile

Violences conjugales chez les séniors : l'enjeu du repérage

La Ville de Paris propose des temps d'information animés par le CIDFF et ciblant les professionnels médicosociaux et du maintien à domicile.