Dans le n° 122-novembre 2020  - Covid-19 et Grand âge  11354

Quelle stratégie thérapeutique ?

Où et comment soigner des résidents âgés atteints de la Covid-19 ? Des interactions médicamenteuses nécessitent-elles une vigilance particulière ? Deux médecins des CHU de Nantes et Bordeaux apportent leur éclairage.

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« Organiser des secteurs dédiés en Ehpad sans renfort soignant pour des personnes âgées atteintes de Covid-19 est impensable et inacceptable. Chacun connaît les tensions en matière de ressources humaines auxquelles sont confrontés ces établissements depuis des années, souligne tout d'abord Nathalie Salles, professeur des Universités et praticienne hospitalière en gériatrie au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Bordeaux. Nous travaillons auprès des tutelles pour organiser les renforts en ressources humaines en Ehpad et les prises en soins des résidents malades, en lien avec les établissements de santé des territoires. Les Ehpad dont l'architecture ne permet pas d'organiser un secteur dédié à la Covid doivent également être aidés, l'enjeu étant de faire sortir les résidents de ces Ehpad.» Et aussi de les accueillir dans un service de gériatrie. « Des patients âgés peuvent décompenser de leurs comorbidités. Durant la première vague épidémique, le fait de les hospitaliser en gériatrie a permis de bénéficier des compétences médicales et paramédicales de la discipline afin d'améliorer la prise en charge globale. Gérer une déambulation est par exemple plus facile chez nous que dans un service de maladies infectieuses », explique le Pr Laure de Decker, chef de service, spécialisée en oncogériatrie au CHU de Nantes, qui a noté deux troubles majeurs chez les patients symptomatiques âgés atteints de Covid-19 : des détresses respiratoires et des pathologies digestives. « La symptomatologie respiratoire nécessitait une oxygénothérapie et nous avons mis en place la dexaméthasone dès la fin du mois de mars. Tous nos schémas thérapeutiques étaient discutés avec les infectiologues. »

Le Pr Laure de Decker note également que l'intensité des symptômes Covid dans les stades graves est telle qu'elle peut « effacer » les comorbidités : « Cette pathologie peut prendre des formes sévères - qu'il s'agisse des formes respiratoires ou des diarrhées profuses, observées fréquemment sur les sujets âgés. Dans les cas de symptomatologie digestive, les décès étaient moins nombreux que dans les formes respiratoires mais nous devions être attentifs à d'autres éléments de décompensation, telle qu'une déshydratation. »

Mais aucune stratégie thérapeutique n'a nécessité d'interrompre des traitements chez des patients souvent polymédiqués. « Dans les cas les plus graves, nous avons été contraints d'arrêter certains traitements oraux, mais la raison était liée à l'état de santé de la personne, non à des interactions médicamenteuses. Je n'ai pas beaucoup prescrit d'antiviraux et le recours à l'hydroxychloroquine a été limité à des protocoles de recherche. L'efficacité de ce traitement n'étant pas prouvée, nous ne l'utilisons plus ».

A Bordeaux, le Pr Nathalie Salles souligne que les patients âgés atteints de Covid-19 sont aujourd'hui mieux traités « car nous avons tiré les leçons de la première crise. Dès qu'ils présentent des atteintes respiratoires, nous les plaçons plus rapidement sous corticoïdes, ce qui nous permet de retarder les complications et d'éviter de faire appel à la réanimation. Nous réussissons à guérir les patients âgés dans les services de médecine gériatrique. Et il n'existe pas de contre-indication de médicaments ».

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