Dans le n° 117-juin 2020  - Entretien avec Philippe Denormandie  11113

« Nous nous sommes laissés enfermer dans nos structures »

Philippe Denormandie, chirurgien, est conseiller médical des États généraux de la séniorisation. Il appelle chacun d'entre nous à questionner ses décisions et ses pratiques pour que nous puissions faire progresser ensemble la cause de l'âge.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Pourquoi avez-vous décidé de lancer, avec Serge Guérin et Véronique Suissa, les États généraux de la séniorisation ?

Le Covid-19 a mis en lumière de nombreux sujets polémiques en lien avec les personnes âgées, qu'il s'agisse du nombre de décès dans les Ehpad, du débat sur le confinement prolongé ou non des seniors ou encore de leur accès aux services d'urgence. Ces éléments interrogent ou réinterrogent certaines recommandations identifiées dans les rapports Libault et El Khomri. Serge Guérin a donc souhaité lancer un nouvel espace de réflexion associant un maximum d'acteurs issus de différents champs, et je suis heureux d'y associer mon nom. Plus les propositions seront portées collectivement, plus les décideurs disposeront de points de repères pour nourrir le futur projet de loi Grand âge et autonomie. La démarche vise également à alimenter les réflexions individuelles. Chacun doit aujourd'hui questionner ses décisions et ses pratiques pour que nous puissions progresser ensemble.

Quel est selon vous le sujet majeur à traiter ?

Quelle est la place de la personne âgée dans la société et quelle importance donnons-nous à sa parole ? C'est un sujet de fond que nous avons des difficultés à appréhender. La question de la dépendance paraît systématiquement déconnectée de la capacité de décision des individus concernés. Nous devons aussi reprendre la sémantique de cette crise. Les mots employés à propos de la vieillesse étaient systématiquement négatifs. Or le seul fait d'en parler différemment peut contribuer à porter une nouvelle vision sociétale. La crise sanitaire a aussi mis en lumière le manque de variété et de souplesse dans l'accompagnement de nos aînés. La logique institutionnelle a clairement montré ses limites.

Le modèle des EHPAD est-il à bout de souffle ?

Faut-il calfeutrer des personnes âgées ensemble dans un établissement ? Voilà la question. Depuis des décennies, nous réfléchissons en termes de structures, de bâti, d'immobilier, tout en raisonnant de manière binaire : domicile versus établissement. Combien d'Ehpad proposent par exemple aujourd'hui des séjours temporaires ? Depuis combien de temps parlons-nous de plateformes de services ou d'Ehpad hors les murs sans qu'ils se soient réellement développés ? Si vous demandez à un établissement de 90 lits d'en fermer la moitié, il vous répondra en détaillant le prix de l'immobilier et le coût des emprunts. Nous nous sommes laissés enfermer dans nos structures. Si nous repartions de zéro, je suis convaincu que nous agirions différemment en développant l'accueil familial, en renforçant l'accompagnement à domicile, etc. Nous devons donc sortir de cette logique structurelle et réinterroger aussi, mais ce n'est qu'un exemple, la taille des établissements. Les personnes qui vivent en Ehpad ont besoin d'unités à taille humaine.

26/03/2026  - Diogène au cinéma

Eredità : filmer l'autre pour se trouver soi

Il y a des films qui ne ressemblent à rien de ce qu'on attendait et qui, pour cette raison, font leur chemin longtemps après qu'on les a vus. Eredità, l'héritage, en italien, est de ceux-là. Ce documentaire de 61 minutes signé Jean-Luc Cesco a été projeté le 25 mars au cinéma les 3 Luxembourg à Paris devant une équipe de soignants, suivi d'un débat avec le philosophe Eric Fiat. Une soirée qui méritait qu'on s'y attarde.
26/03/2026  - Etude Drees

Le taux de pauvreté baisse de 4,1 points chez les nouveaux retraités

La Direction de la recherche des études de l'évaluation et des statistiques (Drees) présente, pour la première fois, une analyse de la variation du niveau de vie au moment du départ à la retraite.
26/03/2026  - Vie sociale

Loire Atlantique : le 3e Printemps de l'animation en gérontologie

200 professionnels se réuniront le 31 mars à Nantes pour une journée d'échanges à l'initiative de la Loire-Atlantique, premier département à avoir constitué un réseau des animateurs.
25/03/2026  - France Alzheimer

Alzheimer en France : entre espoir scientifique et inertie politique

À quelques semaines de la 37e conférence internationale d'Alzheimer's Disease International (ADI), qui se tiendra à Lyon du 14 au 16 avril (un retour en France après plus de 40 ans d'absence), France Alzheimer et maladies apparentées a réuni la presse pour dresser un état des lieux sans concession.
25/03/2026  - Structures 3.0

Huit lauréats vont expérimenter des solutions numériques innovantes

L'appel à projets « Structures 3.0 » porté par la Délégation au numérique en santé et l'Agence du numérique en Santé, a pour objet de financer l'évaluation de solutions numériques innovantes dans les ESSMS.
25/03/2026  - Personnes vulnérables

Accompagner la personne vers l'autonomie dans son habitat : un appel à candidature de la HAS

La Haute autorité de santé (HAS) poursuit l'élaboration de recommandations de bonnes pratiques professionnelles pour accompagner le parcours d'habitat de personnes vulnérables vers et au sein du milieu dit « ordinaire »
25/03/2026  - Non lucratif

Augmentation des salaires : les partenaires sociaux de la BAD reviennent à la charge

Un avenant reprend l'augmentation de 11 points retoquée sous la pression des départements et un autre prévoit une hausse de 2 centimes de l'indemnité kilométrique.
24/03/2026  - Evènement

Le Défi Ogénie lance sa 3ème édition sur le thème de la photographie

Pour sa troisième édition, le Défi Ogénie invite Ehpad, résidences autonomie, clubs seniors et centres d'action sociale à se saisir d'un thème ancré dans l'actualité culturelle : le bicentenaire de la photographie.
24/03/2026  - Traitement

Alzheimer : après le Leqembi, la HAS refuse l'accès précoce au Kisunla

Cette nouvelle décision ne manquera pas de susciter de nombreuses interrogations sur l'avenir de la prise en charge de la maladie en France.