Dans le n° 152-septembre 2023  - Décret  16034

Top départ pour le lancement des services autonomie à domicile

Un décret organise la transformation des Saad, Ssiad et Spasad en services autonomie à domicile avec un ambitieux cahier des charges.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Face à une offre de services fragmentée et peu lisible, l'article 44 de la loi du 23 décembre 2021 de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2022 a restructuré le secteur du domicile en rapprochant/fusionnant les 10 000 structures existantes : services d'aide et d'accompagnement à domicile (Saad), services de soins infirmiers à domicile (Ssiad) et services polyvalents d'aide et de soins à domicile (Spasad) pour former d'ici 2025 une catégorie unique de services autonomie à domicile (Sad). Il y aura deux catégories de Sad : des services dispensant de l'aide et du soin (mixtes) et des services ne dispensant que de l'aide. « Si la possibilité est laissée aux ex-Saad de poursuivre leur activité d'aide sans internaliser une activité de soins, le modèle intégré (aide + soins) est à privilégier, notamment par fusion avec un ou des ex-Ssiad », insiste la Direction générale de la cohésion sociale (DGCS). Les Sad ont en effet été pensés comme la porte d'entrée unique pour l'usager et doivent mettre en place une réponse coordonnée à ses besoins et attentes.

« Une vision ambitieuse »

Très attendu, un décret du 13 juillet définit les publics, les missions, les objectifs des Sad qui interviennent auprès de personnes âgées de 60 ans et plus en perte d'autonomie ou malades, de personnes en situation de handicap ou de personnes de moins de 60 ans atteintes de pathologies chroniques ou présentant une affection de longue durée. Le domicile s'entend de tous lieux de résidence de la personne, à titre permanent ou temporaire, y compris une structure d'hébergement non médicalisé. Le décret définit leur champ d'intervention en listant des missions qui outre l'aide, l'accompagnement et le soin portent sur la prévention de la perte d'autonomie et le repérage des fragilités ; le soutien, la préservation, la restauration de l'autonomie ; le repérage des besoins et les possibilités de proposer des actions de soutien aux aidants ; la prévention, le repérage et les réponses aux situations de maltraitance.

Issu d'une large concertation, ce décret « porte une vision ambitieuse de ces nouveaux services, qui seront l'un des principaux piliers du virage domiciliaire », a commenté Jean-Christophe Combe à quelques jours de quitter son ministère.

Le décret fixe par ailleurs, cette fois dans le cadre d'un cahier des charges (nouvelle annexe 3-0 du Code de l'action sociale et des familles), les principes d'organisation et de fonctionnement qui sont applicables aux Sad. Cette organisation peut prendre la forme de conventions de partenariat avec un ou plusieurs services, structures ou professionnels (infirmiers libéraux) dispensant une activité de soins à domicile.

Une place centrale est donnée au projet d'accompagnement personnalisé : le cahier des charges précise les modalités d'analyse de la demande et d'évaluation des besoins de la personne accompagnée ainsi que les conditions de réalisation des interventions. Il définit également les modalités et objectifs de la coordination des accompagnements.

Dispositions transitoires

Les nouvelles dispositions réglementaires s'appliquent à compter du 17 juillet 2023. Mais pour rappel, la LFSS 2022 prévoit des dispositions transitoires. Les Saad et les Spasad seront réputés autorisés comme services autonomie pour la durée de leur autorisation restant à courir. Ils n'auront pas à déposer de nouvelle demande d'autorisation. Ils disposeront d'un délai de deux ans à compter de la publication du décret pour se mettre en conformité avec le cahier des charges.

Les Ssiad, eux, auront un délai de deux ans à compter de la publication du décret pour s'adjoindre une activité d'aide ou fusionner avec un Saad et demander une autorisation comme services autonomie auprès de l'ARS et du conseil départemental.

Pour faciliter la mise en place de la réforme, un plan d'accompagnement des gestionnaires et des autorités locales d'organisation de l'offre sera mis en place sous le pilotage de la DGCS. « Cet accompagnement est particulièrement nécessaire dans le contexte de difficultés financières importantes, notamment pour le secteur de l'aide à domicile ainsi que d'une crise des recrutements, qui font actuellement l'objet de travaux distincts », note le ministère des Solidarités et des Familles.

Une notice d'information et une foire aux questions seront diffusées prochainement pour accompagner la publication du décret.

Par ailleurs, l'Agence nationale d'appui à la performance sanitaire et médico-sociale (Anap) prévoit un outil d'aide à la décision des gestionnaires leur permettant de visualiser leurs possibilités de regroupement et de transformation, et d'anticiper les modalités de leur mise en oeuvre.

La DGCS et l'ensemble des acteurs du domicile suivront les avancées de la réforme en comité de pilotage, appuyés par des indicateurs évaluant son déploiement et l'impact sur les usagers et les aidants.


26/02/2026  - SFGG Société Francaise de Gériatrie et de Gérontologie

Sexualité et grand âge : les Printanières de la SFGG brisent les tabous

Le 2 avril 2026, la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie consacre son webinaire « Les Printanières » à une question longtemps tue dans les établissements et services à domicile : la santé sexuelle des personnes âgées.
26/02/2026  - Centre de ressources

La Fondation Médéric Alzheimer lance « Essentiel Alzheimer » pour les aidants

Il s'agit d'une plateforme numérique et d'une ligne d'information 3150, gratuite, anonyme et confidentielle.
26/02/2026  - Nominations

Outre-mer : deux nouveaux directeurs généraux d'ARS

Philippe Luccioni-Michaux est nommé en Guadeloupe et Etienne Billot à Mayotte.
26/02/2026  - Décret et arrêté

Infirmières : la réforme de la formation entrera en vigueur le 1er septembre

La réingénierie prend en compte les importantes évolutions du métier d'infirmière portée par la loi « historique » du 27 juin 2025.
25/02/2026  - Vote

Aide à mourir : l'Assemblée nationale franchit une nouvelle étape décisive

L'Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture, ce mercredi 25 février 2026, deux textes majeurs sur la fin de vie. Si le vote sur le développement des soins palliatifs a fait l'unanimité - 491 voix pour, aucune contre -, celui instaurant un droit à l'aide à mourir a suscité davantage de débats : 299 députés l'ont soutenu, 226 s'y sont opposés.
25/02/2026  - Bilan d'étape

Stratégie soins palliatifs : une offre renforcée dans les territoires

352 millions d'euros ont été mobilisés sur la période 2024-2025, soit 157 millions de plus que prévu.
25/02/2026  - AAC

12 nouveaux Pasa en Centre-Val de Loire

En l'absence d'accueil de jour dans un rayon de 15 km, possibilité était donnée d'ouvrir le Pasa à 2 ou 3 personnes âgées provenant du domicile.
25/02/2026  - Décret

Conseils d'administration des ESMS publics : les collectivités vont désigner des suppléants

Un décret de simplification administrative permet désormais d'éviter certains problèmes de quorum.
25/02/2026  - Santé publique

Primo lance un programme d'amélioration de l'état bucco-dentaire des résidents

L'état bucco-dentaire est souvent préoccupant en Ehpad ou établissements hébergeant des personnes en situation de handicap. Le déficit de formation des personnels en est l'une des causes.