Avec 70 accidents du travail pour 1000 salariés en 2023, le champ de l'autonomie a une sinistralité 1,7 supérieure au BTP.
Avec 70 accidents du travail pour 1000 salariés en 2023, le champ de l'autonomie a une sinistralité 1,7 supérieure au BTP.
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L'Inspection générale des affaires sociales (Igas) vient de publier trois rapports sur l'attractivité des métiers du social et du médico-social. Revenons sur le troisième, ciblé sur les métiers de l'autonomie et la réduction des risques professionnels. Il avait été commandé par Catherine Vautrin, le 3 décembre 2024, sur le thème de l'amélioration de la qualité de vie et des conditions de travail (QVCT) de tous ces métiers. Mais, « au regard du double enjeu que constituent la fréquence des accidents du travail (AT) et des maladies professionnelles (MP) dans les établissements et services du grand âge et du handicap et les tensions de recrutement marquant leurs métiers », la mission a choisi de (re)centrer ses travaux sur le champ de l'autonomie.
Avec 70 accidents pour 1000 salariés en 2023, le nombre d'accidents du travail y est en effet 2,5 fois supérieur à la moyenne nationale et 1,7 fois supérieur au secteur du BTP. La sinistralité a un coût estimé en 2023 à 20 000 équivalents temps plein (ETP) perdus au titre de l'absentéisme ATMP soit près de 0,9 milliard d'euros. Par ailleurs, elle se traduit par des départs prématurés pour inaptitude et contribue au turn-over du personnel, qui pèse sur l'organisation interne et le budget des établissements.
Diversité des statuts des employeurs et existence de pas moins de 9 branches dans le privé, les auteurs dressent un bilan « en demi-teinte » du premier cadre posé par l'instruction du 17 juillet 2018 sur une stratégie de promotion de la qualité de vie au travail.
Des initiatives existent mais avec des effets limités
Néanmoins, sur la base d'expériences réussies, la mission propose une stratégie qui repositionne clairement la prévention des risques professionnels avec retour aux fondamentaux du soutien public à la QVCT. Visant un objectif simple, celui du zéro port de charge délétère pour la santé, cette stratégie s'appuie sur trois piliers :
- Un investissement massif en matériel (rails plafonniers, aides techniques) ;
- Un renforcement de la formation initiale et continue ;
- Un accompagnement des managers.
Elle s'organiserait en deux tranches quinquennales et s'appuierait sur les outils de financements existants, dont le Fonds pour l'innovation et la prévention de l'usure professionnelle (Fipu), qui doit être davantage orienté vers le médico-social.
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