Un sondage d'OpinionWay pour le salon MedInTechs confirme que l'oubli d'un traitement par un malade chronique est plus souvent lié à une fatigue et une charge mentale importante qu'un refus de soin.
Un sondage d'OpinionWay pour le salon MedInTechs confirme que l'oubli d'un traitement par un malade chronique est plus souvent lié à une fatigue et une charge mentale importante qu'un refus de soin.
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Cancer, diabète, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque ou rénale, hypothyroïdie... 50% des Français déclarent suivre un traitement médicamenteux régulier, 38% depuis plus de six mois et 31% à vie.
Un sondage OpinionWay pour MédinTechs a donné la parole à un échantillon d'un millier d'entre eux, afin de comprendre très concrètement pourquoi l'oubli ou l'interruption d'un traitement est fréquent, ce qu'ils vivent réellement au quotidien (fatigue, doutes, contraintes) et quels leviers pourraient les aider à mieux suivre leur traitement, sans culpabilisation.
Selon cette étude, 42% des patients sous traitement de longue durée déclarent avoir déjà oublié ou interrompu une prise au cours des 12 derniers mois, avec des vécus différents : 68% se disent fatigués de devoir « tenir » leur traitement dans la durée ; 64% déclarent avoir ressenti de la culpabilité ou de l'anxiété après un oubli et un sur deux adapte lui-même son traitement (ajustement, espacement ou pause) sans en parler à un professionnel de santé !
Cette réalité concerne toutes les générations.
1 patient sur 8 sous traitement de longue durée a moins de 35 ans, preuve que ces traitements ne concernent pas uniquement les seniors.
Les plus de 65 ans se révèlent au demeurant de moins mauvais observants ! 24% déclarent avoir oublié ou interrompu leur traitement au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Pourquoi ? 17% un simple oubli, 5% un changement de routine, 4% le sentiment que "ce n'est pas grave" de sauter une prise, 2% absence ou diminution des symptômes, 1% effets secondaires. Malgré tout, eux aussi mais dans une moindre mesure (40 tout de même) se disent fatigués de devoir « tenir » un traitement sur le long terme. 47 % n'utilisent aucun outil de suivi.
« Quand un patient décroche de son traitement, ce n'est pas un refus de se soigner, c'est souvent le signe que le traitement devient difficile à faire tenir dans la vie quotidienne : comprendre ces moments de décrochage est essentiel pour mieux accompagner les patients », souligne le Pr Gérard Friedlander, délégué général de la Fondation Université Paris Cité et membre du comité scientifique de MedInTechs.
Stratégie nationale
Dans une tribune parue dans Le Monde du 12 septembre 2025, l'ancien doyen de la faculté de médecine Paris-Descartes l'écrit : « les raisons de ce désinvestissement sont multiples, intimes, et complexes ». Mais il dénonce aussi les conséquences « ravageuses » -aggravation des pathologies, hospitalisations évitables, rechutes, décès prématurés-, de ce qu'il estime être « une défaillance collective » de santé publique. Il y appelle à une stratégie nationale pour l'observance médicamenteuse : formation systématique des professionnels de santé à la relation thérapeutique et à l'éducation du patient ; intégration de l'observance dans les indicateurs de qualité des soins ; financement adapté des outils de soutien à l'adhésion et développement et évaluation d'outils numériques personnalisés.
Le salon MedinTechs 2026 se déroulera au Parc floral de Paris les 9 et 10 mars à Paris. Une conférence de MedinTechs y sera consacrée le 9 mars au thème « Non observance-médicamenteuse : quand le patient décroche ».
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