AdobeStock
11/02/2026  - Maladies chroniques  18737

Observance médicamenteuse, un sondage pour comprendre pourquoi le patient décroche

Un sondage d'OpinionWay pour le salon MedInTechs confirme que l'oubli d'un traitement par un malade chronique est plus souvent lié à une fatigue et une charge mentale importante qu'un refus de soin.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.


Cancer, diabète, hypertension artérielle, insuffisance cardiaque ou rénale, hypothyroïdie... 50% des Français déclarent suivre un traitement médicamenteux régulier, 38% depuis plus de six mois et 31% à vie.

Un sondage OpinionWay pour MédinTechs a donné la parole à un échantillon d'un millier d'entre eux, afin de comprendre très concrètement pourquoi l'oubli ou l'interruption d'un traitement est fréquent, ce qu'ils vivent réellement au quotidien (fatigue, doutes, contraintes) et quels leviers pourraient les aider à mieux suivre leur traitement, sans culpabilisation.

Selon cette étude, 42% des patients sous traitement de longue durée déclarent avoir déjà oublié ou interrompu une prise au cours des 12 derniers mois, avec des vécus différents : 68% se disent fatigués de devoir « tenir » leur traitement dans la durée ; 64% déclarent avoir ressenti de la culpabilité ou de l'anxiété après un oubli et un sur deux adapte lui-même son traitement (ajustement, espacement ou pause) sans en parler à un professionnel de santé !

Cette réalité concerne toutes les générations.

1 patient sur 8 sous traitement de longue durée a moins de 35 ans, preuve que ces traitements ne concernent pas uniquement les seniors.

Les plus de 65 ans se révèlent au demeurant de moins mauvais observants ! 24% déclarent avoir oublié ou interrompu leur traitement au moins une fois au cours des 12 derniers mois. Pourquoi ? 17% un simple oubli, 5% un changement de routine, 4% le sentiment que "ce n'est pas grave" de sauter une prise, 2% absence ou diminution des symptômes, 1% effets secondaires. Malgré tout, eux aussi mais dans une moindre mesure (40 tout de même) se disent fatigués de devoir « tenir » un traitement sur le long terme. 47 % n'utilisent aucun outil de suivi.

« Quand un patient décroche de son traitement, ce n'est pas un refus de se soigner, c'est souvent le signe que le traitement devient difficile à faire tenir dans la vie quotidienne : comprendre ces moments de décrochage est essentiel pour mieux accompagner les patients », souligne le Pr Gérard Friedlander, délégué général de la Fondation Université Paris Cité et membre du comité scientifique de MedInTechs.

Stratégie nationale

Dans une tribune parue dans Le Monde du 12 septembre 2025, l'ancien doyen de la faculté de médecine Paris-Descartes l'écrit : « les raisons de ce désinvestissement sont multiples, intimes, et complexes ». Mais il dénonce aussi les conséquences « ravageuses » -aggravation des pathologies, hospitalisations évitables, rechutes, décès prématurés-, de ce qu'il estime être « une défaillance collective » de santé publique. Il y appelle à une stratégie nationale pour l'observance médicamenteuse : formation systématique des professionnels de santé à la relation thérapeutique et à l'éducation du patient ; intégration de l'observance dans les indicateurs de qualité des soins ; financement adapté des outils de soutien à l'adhésion et développement et évaluation d'outils numériques personnalisés.

Le salon MedinTechs 2026 se déroulera au Parc floral de Paris les 9 et 10 mars à Paris. Une conférence de MedinTechs y sera consacrée le 9 mars au thème « Non observance-médicamenteuse : quand le patient décroche ».

02/04/2026

Et la sexualité après 80 ans ? Webinaire SFGG

Tel est le thème des prochaines Printanières organisées par la Société Francaise de gériatrie et de gérontologie (SFGG) et qui se dérouleront le 2 avril 2026 en total digital. La journée sera enrichie d'interventions de gynécologues, urologues, psychologues, gériatres etc. pour répondre aux différentes questions techniques et sociétales. ...
01/04/2026  - Innovation

Robots, IA : un nouveau modèle d'Ehpad en préparation

Face à des tensions persistantes sur les effectifs dans le secteur du grand âge, les pouvoirs publics travaillent à une expérimentation intégrant de manière structurée des solutions robotiques et d'intelligence artificielle dans le fonctionnement des établissements.
01/04/2026  - Assurance-maladie

Infirmière référente, consultations infirmières, accès direct aux IPA : on passe aux actes

Les trois organisations syndicales représentatives des infirmières libérales ont signé un avenant n°11 qui concrétise l'évolution du rôle des infirmiers dans l'organisation des soins.
01/04/2026  - Formation

CPF : le ticket modérateur passe à 150 euros

Instauration de plafonds d'utilisation des droits, participation financière obligatoire du titulaire augmentée de 50%, le compte personnel de formation est mis sous cloche.
31/03/2026  - Aides à domicile

Carburant : des aides à domicile « qui s'appauvrissent en travaillant »

Les aides à domicile ne font pas partie des professions aidées et l'UNA, comme l'ensemble du secteur de l'aide à domicile,tire de nouveau la sonnette d'alarme.
31/03/2026  - HAS

Evaluation de la stimulation magnétique transcrânienne dans les douleurs neuropathiques chroniques

La HAS lance son évaluation pour la prise en charge des adultes réfractaires aux traitements pharmacologiques classiques.
31/03/2026  - Revue GPNV

Conduite, stop ou encore : l'atout d'une évaluation sur simulateur

Une équipe lyonnaise présente dans la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement un parcours multidimensionnel intégrant une évaluation cognitive et une évaluation sur simulateur de conduite.
31/03/2026  - Opco-Santé

Apprentissage : un modèle fortement dépendant des aides

Le soutien massif à l'apprentissage s'essouffle, avec des aides nettement réduites et désormais ciblées en 2026. La branche SSSMS de l'Opco-Santé a déjà réduit la voilure.
30/03/2026  - Education thérapeutique

Redressement judiciaire d'Asalée : le ministère garantit la continuité de l'activité

Le tribunal des activités économiques de Paris a placé, le 27 mars, l'association Asalée en redressement judiciaire.