22/10/2020  -  AD-PA  11395

Il faut sauver le secteur du domicile

C'est aujourd'hui le secteur de l'aide à domicile qui monte au créneau. En cause, une inquiétude croissante quant à la faible augmentation des rémunérations.

150 millions en 2021 pour financer des hausses de salaire, 200 millions en 2022, qui doivent être abondés par les départements. « Personne n'y croit » lance un brin ironique Christian Cecchettani, directeur général de l'APASAD, lors de la conférence de presse initiée par l'AD-PA ce jeudi 22 octobre. Un constat inquiétant qui marque à la fois un ras le bol de la non-reconnaissance du secteur et une défiance évidente à l'égard du gouvernement.

« Nous voulons une harmonisation des financements de la dépendance au niveau national, que les Ehpad et le domicile bénéficient des mêmes traitements », ajoute Pascal Champvert, Président de l'Ad-PA. « Et on est très loin du compte. Pour sauver le secteur de l'aide à domicile, il faut que l'Etat débloque 800 millions, et non s'en remettre au bon vouloir des départements dont certains ont certes mis en place une véritable politique gérontologique mais cela reste aléatoire ».

Et d'insister sur des traitements différents. Les personnels hospitaliers et les professionnels d'Ehpad ont bénéficié de la prime Covid, « ce qui n'est pas le cas dans les services à domicile. Le Ségur de la Santé ne les concerne pas non plus ». L'Etat organise la distorsion de concurrence entre les soignants. « Avec une augmentation de 183 euros, à laquelle une nouvelle augmentation devrait s'ajouter en 2021, comment pouvons nous résister ? » commente Christian Cecchettani. Pourtant, l'ambulatoire se développe. Qui s'occupe des plus âgés lorsqu'ils rentrent chez eux après une hospitalisation ? Comment les 200 millions d'euros annoncés par Brigitte Bourguignon, soit une augmentation de 6%, peuvent-ils répondre aux besoins « alors même que les auxiliaires de vie ne touchent généralement pas même le smic car elles travaillent à temps partiel », s'indigne Rodolphe Léliard, responsable d'un service à domicile. « Une aide à domicile est toute sa vie au smic car le smic augmente plus vite que les grilles de salaire. C'est inacceptable ».

La société ne voit pas le domicile

Là encore un constat inquiétant. « L'Ehpad se voit car il y a des murs, le secteur du domicile ne se joue que sur du lien et de la relation », ajoute Pascal Champvert. Pourtant la Covid a permis de bénéficier d'une certaine reconnaissance. Le secteur rencontre aujourd'hui de graves difficultés à recruter. « On n'a personne à recruter », confirme Rodolphe Léliard. « Qui va prendre en charge la personne âgée aujourd'hui ? La situation est catastrophique. La machine tourne à vide. On a un volant de personnes à aller chercher en reconversion car il existe des dispositifs financés par l'Etat mais nous n'identifions pas les professionnels à former. »

Des mesures urgentes

L'AD-PA en appelle donc à la responsabilité de l'Etat et lui demande :

- d'assurer l'effectivite? du versement de la prime COVID dans tous les de?partements et à hauteur de celles des e?tablissements

- d'accorder des revalorisations salariales e?quivalentes à celles des salarie?s des e?tablissements, tous statuts confondus

- d'agre?er dans l'imme?diat les avenants 43 et 44 de la convention collective de la branche de l'aide à domicile pour impulser une dynamique à l'ensemble du secteur

- de prendre en charge les surcou^ts mate?riels et RH dus à l'e?pide?mie

- de mettre fin aux jeux de pouvoir entre E?tat et De?partement

- de mettre en place un financement pe?renne du secteur (30 €)

- de mettre en place un dispositif de formation initiale et continue avec le concours des Conseils re?gionaux.

02/04/2026

Et la sexualité après 80 ans ? Webinaire SFGG

Tel est le thème des prochaines Printanières organisées par la Société Francaise de gériatrie et de gérontologie (SFGG) et qui se dérouleront le 2 avril 2026 en total digital. La journée sera enrichie d'interventions de gynécologues, urologues, psychologues, gériatres etc. pour répondre aux différentes questions techniques et sociétales. ...
01/04/2026  - Innovation

Robots, IA : un nouveau modèle d'Ehpad en préparation

Face à des tensions persistantes sur les effectifs dans le secteur du grand âge, les pouvoirs publics travaillent à une expérimentation intégrant de manière structurée des solutions robotiques et d'intelligence artificielle dans le fonctionnement des établissements.
01/04/2026  - Assurance-maladie

Infirmière référente, consultations infirmières, accès direct aux IPA : on passe aux actes

Les trois organisations syndicales représentatives des infirmières libérales ont signé un avenant n°11 qui concrétise l'évolution du rôle des infirmiers dans l'organisation des soins.
01/04/2026  - Formation

CPF : le ticket modérateur passe à 150 euros

Instauration de plafonds d'utilisation des droits, participation financière obligatoire du titulaire augmentée de 50%, le compte personnel de formation est mis sous cloche.
31/03/2026  - Aides à domicile

Carburant : des aides à domicile « qui s'appauvrissent en travaillant »

Les aides à domicile ne font pas partie des professions aidées et l'UNA, comme l'ensemble du secteur de l'aide à domicile,tire de nouveau la sonnette d'alarme.
31/03/2026  - HAS

Evaluation de la stimulation magnétique transcrânienne dans les douleurs neuropathiques chroniques

La HAS lance son évaluation pour la prise en charge des adultes réfractaires aux traitements pharmacologiques classiques.
31/03/2026  - Revue GPNV

Conduite, stop ou encore : l'atout d'une évaluation sur simulateur

Une équipe lyonnaise présente dans la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement un parcours multidimensionnel intégrant une évaluation cognitive et une évaluation sur simulateur de conduite.
31/03/2026  - Opco-Santé

Apprentissage : un modèle fortement dépendant des aides

Le soutien massif à l'apprentissage s'essouffle, avec des aides nettement réduites et désormais ciblées en 2026. La branche SSSMS de l'Opco-Santé a déjà réduit la voilure.
30/03/2026  - Education thérapeutique

Redressement judiciaire d'Asalée : le ministère garantit la continuité de l'activité

Le tribunal des activités économiques de Paris a placé, le 27 mars, l'association Asalée en redressement judiciaire.