94 % des résidents se déclarent satisfaits de leur vie en établissement, 17 % estiment que leur avis n'est pas écouté, selon le Baromètre lancé par le label Vivre, qui pointe du doigt les failles de la communication et de la participation.
94 % des résidents se déclarent satisfaits de leur vie en établissement, 17 % estiment que leur avis n'est pas écouté, selon le Baromètre lancé par le label Vivre, qui pointe du doigt les failles de la communication et de la participation.
Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.
Les Ehpad traînent une image dégradée dans l'opinion publique. Pourtant, la réalité que dessine le premier Observatoire du bien vivre en Ehpad, publié par le label Vivre, s'avère plus contrastée. Menée auprès de résidents, de proches et de professionnels dans 26 établissements, cette enquête confirme une satisfaction globale élevée tout en révélant des zones de fragilité préoccupantes.
Un socle de confiance solide, un quotidien sous tension
Les fondamentaux rassurent : 96 % des résidents se sentent respectés et en sécurité, 97 % sont satisfaits de leur hygiène quotidienne. Mais le vernis craquelle lorsqu'on examine le quotidien : 21 % n'apprécient pas les repas, 14 % ne se sentent pas suffisamment occupés, 15 % jugent les équipes insuffisamment réactives. Et 6 % indiquent même ne pas toujours manger à leur faim.
Quand le silence devient exclusion
Le talon d'Achille de ces établissements ? La circulation de l'information. 58 % des résidents ne sont pas informés des départs du personnel, 44 % ignorent le décès ou le départ d'autres résidents, 40 % constatent que les nouveaux membres de l'équipe ne se présentent pas à eux. Cette opacité nourrit un sentiment d'exclusion : 17 % estiment que leur parole n'est pas prise en compte.
Les familles partagent cette frustration. Si 94 % se disent satisfaites de l'accompagnement, 26 % déplorent un manque d'information sur leur parent et 31 % pointent une mauvaise circulation de l'information au sein des équipes.
« L'enjeu des prochaines années sera de placer réellement la parole du résident au coeur du projet d'accompagnement », insiste Mayeul L'Huillier, cofondateur du label Vivre. « Il faut transformer l'Ehpad en un véritable lieu de vie où chaque aîné participe et reste acteur de son quotidien. »
L'engagement des professionnels face au mur des moyens
Du côté des équipes, le dévouement ne faiblit pas : 97 % se disent engagés, 90 % fiers de leur travail. Mais le manque de moyens humains, dénoncé par 49 % des professionnels, pèse lourdement. Au point que 18 % envisagent de quitter leur établissement et 17 % de changer de métier.
« L'engagement des professionnels est total, mais sans moyens humains suffisants, le soignant est contraint de privilégier l'acte technique au détriment du lien social », alerte Stéphane Dardelet, co-fondateur du Label. « Valoriser le métier ne suffit plus, il faut donner aux équipes le temps de "bien vivre" leur mission auprès des aînés. »
Copyright © 2022 - Tous droits réservés