Le 4 février marque la Journée mondiale de lutte contre le cancer, l'occasion de rappeler l'ampleur de cette pathologie qui a touché plus de 430 000 nouvelles personnes en France en 2023.
Le 4 février marque la Journée mondiale de lutte contre le cancer, l'occasion de rappeler l'ampleur de cette pathologie qui a touché plus de 430 000 nouvelles personnes en France en 2023.
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Aujourd'hui, 3,8 millions de Français vivent avec un diagnostic de cancer. Une réalité d'autant plus préoccupante pour le secteur du grand âge que les deux tiers des cancers concernent des patients de 75 ans et plus.
Quand gériatrie et oncologie conjuguent leurs compétences
Face au vieillissement de la population et à la multiplication des cancers chez les seniors, l'oncogériatrie s'est développée comme une réponse indispensable. Cette discipline associe l'expertise de gériatres et d'oncologues pour proposer des parcours de soins sur mesure, tenant compte à la fois de la maladie cancéreuse et des spécificités du patient âgé.
Car l'âge avancé ne constitue pas en soi une contre-indication aux traitements. Chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie, thérapies ciblées ou immunothérapie restent envisageables. Mais leur mise en oeuvre doit s'appuyer sur l'état de santé réel du patient, son âge physiologique plutôt que civil, et prendre en compte les autres pathologies ou handicaps qui peuvent interférer avec la prise en charge du cancer.
L'évaluation gériatrique approfondie, pierre angulaire du dispositif
Pour déterminer le traitement le plus approprié, les équipes s'appuient sur l'évaluation gériatrique approfondie (EGA). Cet examen multidimensionnel explore les aspects médicaux, neuropsychologiques, socio-environnementaux et spirituels du patient. Il permet d'apprécier sa capacité à supporter les thérapeutiques anticancéreuses envisagées.
Comme le soulignent les praticiens de l'Institut Curie, cette évaluation revêt une importance équivalente à l'analyse de la tumeur elle-même pour construire une stratégie thérapeutique véritablement personnalisée. Elle n'est cependant pas systématique, mais particulièrement recommandée lorsque des fragilités sont suspectées ou que les traitements comportent des risques significatifs d'effets indésirables.
Le dépistage G8, outil de repérage des fragilités
Pour identifier les patients qui bénéficieraient d'une consultation oncogériatrique approfondie, l'Institut National du Cancer préconise désormais l'utilisation du questionnaire G8 pour toute personne âgée de 75 ans et plus. Ce test, administré par le cancérologue ou l'infirmière, s'intègre dans les discussions des réunions de concertation pluridisciplinaire.
Les fragilités ainsi détectées orientent vers des interventions ciblées : accompagnement nutritionnel, rééducation, soutien psychosocial... L'objectif est d'anticiper les difficultés et les risques de décompensation pour sécuriser le déroulement du traitement anticancéreux.
Des protocoles adaptés pour préserver la qualité de vie
Les stratégies thérapeutiques peuvent être modulées en fonction du profil du patient : réduction du nombre de séances de radiothérapie grâce à l'hypofractionnement, ajustement des doses de chimiothérapie, modification de la durée du traitement ou choix de molécules mieux tolérées. Le fil conducteur reste constant : maintenir l'efficacité tout en limitant l'impact sur le quotidien.
À l'Institut Curie, où plus d'un quart des patients sous traitement dépassent 70 ans, quatre médecins gériatres collaborent étroitement avec les équipes d'oncologie médicale, de radiothérapie et de chirurgie. Leur intervention s'étend de la consultation à l'hospitalisation, en passant par l'hôpital de jour, avec une interaction permanente auprès des soignants pour fluidifier les parcours.
La prévention reste d'actualité à tout âge
Cette Journée mondiale est aussi l'occasion de rappeler que quatre cancers sur dix pourraient être évités par des modifications de comportements : limitation de l'alcool et du tabac, alimentation équilibrée, maintien d'un poids de forme, pratique régulière d'activité physique, réduction de l'exposition aux substances cancérigènes. Des axes de prévention qui gardent toute leur pertinence en établissement pour personnes âgées.
Avec 157 000 décès par cancer chaque année en France et une incidence qui continue de croître avec le vieillissement démographique, l'oncogériatrie dépasse le cadre d'une simple spécialité médicale. Elle constitue désormais un pilier incontournable pour garantir aux patients âgés des soins à la fois performants et respectueux de leur qualité de vie.
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