Dans le n° 156-février 2024  - Partie I  16430

Pas de société de la longévité sans valoriser les métiers du care

Répondre aux enjeux du vieillissement passera par la mise en oeuvre d'une société du care où l'accompagnement bienveillant et mutuel peut contribuer à sortir de la fragilité et aider chacun à devenir auteur de sa vie.

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Cette éthique de la relation englobe le vivant dans son ensemble, la santé au sens large, êtres humains au vivant dans sa globalité. Il s'agit de prendre soin de l'autre, mais aussi du monde.

Cette éthique de la sollicitude implique de valoriser, d'accompagner et mieux rétribuer les professionnels de l'accompagnement des personnes fragiles comme ceux qui travaillent pour préserver la nature, soutenir la résilience écologique, favoriser les comportements et les matériaux les moins asphyxiants pour protéger l'avenir de la planète.

Participer à un double mouvement

Soutenir, valoriser, accompagner les professionnels des métiers du care, c'est, de fait, contribuer directement à répondre aux enjeux de la double transition, démographique et écologique. Il s'agit au sens large de plus de 3 millions de professionnels. Et de plus d'un million d'emplois potentiels. Des emplois qui par nature ne sont pas délocalisables, mais qui conduisent bien souvent les professionnels à parcourir des kilomètres, en particulier pour ceux qui travaillent dans la ruralité, là où la densité de population est cent ou mille fois moins forte que dans les villes denses. Rappelons que 32,8 % de la population habite dans ces espaces qui recouvrent 88 % des communes du pays. Les petites villes, de 2 500 à 20 000 habitants accueillent 26 millions de personnes et voient arriver des aînés souhaitant vivre dans des communes à taille humaine disposant d'équipements et services à proximité.

Accompagner en proximité

Soutenir cette localisation de l'accompagnement de l'autonomie peut aussi contribuer à l'attractivité des métiers du care, au sens large, ne serait-ce qu'en contribuant à réduire les temps et les coûts de déplacement. Mais il s'agirait aussi de favoriser la communication de proximité sur ces métiers et de développer leur accompagnement via, par exemple, des espaces de formation et des salles de repos et de (re)mise en forme. Améliorer l'accueil et l'accompagnement des aînés fragilisés avec, par exemple, des établissements et des services adaptés, contribue à dynamiser l'emploi et l'activité sur le territoire, et, par ricochet, réduire l'exode économique des jeunes. Cette dynamique inscrite dans le local ouvre aussi la possibilité à des seniors de se réorienter professionnellement tout en restant ou en revenant vivre dans des bassins de vie délaissés. Ils contribuent ainsi à l'engagement en faveur des deux transitions.

Fidéliser et convaincre

Renouveler l'approche en faveur de ces métiers est une nécessité absolue. La demande va croissante à mesure que les besoins nés de l'accélération du vieillissement de la population et de la hausse des effets délétères sur la santé de la pollution, dérèglement climatique et de mode de vie sédentaire vont se faire pressant. En parallèle, il devient toujours plus difficile de recruter et fidéliser les soignants. On manque de tout : médecins, infirmiers, aides-soignants, auxiliaires de vie, personnels d'accueil et de restauration... Pour corser le tableau, notons qu'environ 50 % des personnes qui travaillent dans le soin ont plus de 55 ans... Selon la Drees, 47 % des médecins ont 55 ans ou plus et 30 % dépassent les 60 ans... Et il n'est pas évident que les débats sur la réforme des retraites aient facilité la mobilisation des salariés du care.


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