Dans le n° 150-juin 2023  - Un poste multiple  14827

Les médecins-co dans les feux croisés (et contradictoires) de l'actualité

Les médecins coordonnateurs sont en ce moment l'objet de la « sollicitude » des députés. À l'insu de leur plein (mauvais) gré ? Sans aucun doute, tant leurs syndicats défendent le principe que la coordination n'est pas soluble dans le soin.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

L'examen en première lecture à l'Assemblée nationale de la proposition de loi (PPL) « Bien vieillir » n'a pu s'achever le 13 avril dans les (courts) délais prévus et a donc été mis sur pause à son article 6. Or, un amendement de la majorité, adopté le 5 avril en commission des affaires sociales, y a introduit un article 11 bis indiquant d'abord que le médecin coordonnateur peut être... plusieurs ; ensuite, qu'il assure le suivi médical des résidents, pour lesquels il peut réaliser des prescriptions médicales ; et last but not least que le résident peut à son entrée en Ehpad désigner le médecin coordonnateur comme médecin traitant. « Grâce à la combinaison des fonctions de coordination et d'encadrement des équipes et d'une approche clinique, nous pourrions faire d'une pierre deux coups, et rendre aussi plus attractive la fonction de médecin coordonnateur, dont les Ehpad manquent grandement », a commenté le député des Deux-Sèvres, Bastien Marchive, qui a porté l'amendement. La députée Renaissance de l'Hérault, Laurence Cristol, co-rapporteure de la PPL et par ailleurs onco-gériatre à l'Institut du cancer de Montpellier, a applaudi la mesure se souvenant que « dans une autre vie », elle avait exercé des fonctions de médecin coordonnateur...

Aucune date n'a encore été fixée pour réinscrire la PPL à l'ordre du jour du palais Bourbon.

Deuxième PPL, celle visant à donner un « véritable droit de prescription » aux médecins coordonnateurs en Ehpad, déposée le 21 mars par Josiane Corneloup, députée LR de Saône-et-Loire et vice-présidente de la commission des Affaires sociales. Pour l'élue, le décret du 5 juillet 2019 portant réforme du métier de médecin coordonnateur est insuffisant : « il apparaît nécessaire d'aller encore plus loin et de donner au médecin coordonnateur d'Ehpad le statut de médecin traitant "prescripteur" pour les résidents qui le souhaiteraient », écrit-elle dans l'exposé des motifs.

Le texte n'est pas encore à l'agenda de l'Assemblée nationale.

La profession « refuse de disparaître »

Derrière l'affichage du « renforcement » des médecins coordonnateurs, le véritable aiguillon des deux propositions de loi est incontestablement la pénurie de généralistes libéraux. Quitte pour elles à chercher des solutions totalement à contrepied des demandes de la profession (voir encadré).

Car, ce même 21 mars, les Assises des Soins en Ehpad débattaient des médecins coordonnateurs. L'occasion pour leurs syndicats et associations d'indiquer leurs priorités. Et de clamer haut et fort dans une tribune collective : « La profession refuse de disparaître ».

« Il est ainsi nécessaire de mettre un terme à l'ambiguïté concernant le droit de prescription du médecin coordonnateur que l'on voudrait transformer en médecin traitant au détriment de la coordination, expliquent les président(e)s de la Ffamco, du SNGIE, du SMCG-CSMF, de Mcoor, du SNGC ainsi que le gériatre Jean-Marie Vétel : la coordination n'est pas soluble dans le soin ! » Pour les signataires, le pilier de la réforme à mettre en oeuvre est la création de deux contrats différents de médecin coordonnateur et de médecin traitant/prescripteur avec répartition de 11 missions de coordination pour le premier et de 4 d'accès aux soins pour le second. Les syndicats défendent depuis des mois cette position à la table des négociations avec la direction générale de la cohésion sociale.

Les médecins « embarqués »

Il est à cet égard intéressant de se pencher sur l'expérimentation d'un dispositif baptisé « Soutien à la prescription médicale en Ehpad » menée par l'agence régionale de santé Île-de-France (ARS IDF) dans près de 170 Ehpad volontaires. Elle y finance une vacation de médecin dit « prescripteur », en moyenne 0,20 équivalent temps plein, soit une journée, pour 22 à 29 résidents sans médecin traitant.

Cette expérimentation s'est accompagnée d'une évaluation pluridisciplinaire en partenariat avec le Conservatoire national des arts et métiers. Elle a donné lieu à un premier article[1] publié fin 2022 dans la revue Santé publique et titré « L'intégration de médecins prescripteurs en Ehpad : une amélioration de la qualité des soins perçue ». Les auteurs concluent que les médecins prescripteurs ne sont pas de simples « substituts » à des médecins libéraux car « leur rôle et leurs activités dépassent le cadre de la consultation ». Ils deviennent des « médecins embarqués » de l'Ehpad notamment grâce à un mode de rémunération de type capitation. Mais leur recherche, écrivent-ils aussi, soulève des questions comme l'incidence de la démographie médicale, le rôle des incitations financières, l'intérêt d'une rémunération forfaitaire...


10/03/2026  - ESMS Numérique

Ce que le DUI change dans les pratiques : trois retours de terrain

La CNSA publie cinq monographies illustrant les effets « transformants » du déploiement du dossier unique informatisé (DUI), dont trois dans le secteur du grand âge.
10/03/2026  - MedIntechs

Vieillir chez soi : le logement, la mobilité et l'innovation au service de l'autonomie

C'est une équation que la France ne peut plus différer : d'ici quelques années, plus de vingt millions de personnes auront dépassé soixante ans. Or l'immense majorité d'entre elles souhaitent vieillir à domicile, souvent dans des logements pourtant inadaptés, dans des territoires où les services s'effacent et où la voiture reste la seule clé de l'autonomie.
10/03/2026  - FPH

Nouvelle composition pour l'instance collégiale D3S

Elle fait suite à la nomination de Frédéric Pigny à la tête du CNG. Auparavant, sa première réunion 2026 a été l'occasion d'un point syndical sur le médico-social public.
10/03/2026  - EAIS

(Re) transcription des prescriptions médicamenteuses : un Flash sécurité patient de la HAS

Sous-titré «Copier une prescription, c'est risquer de coller des erreurs », il analyse trois événements indésirables associés aux soins (EIAS) dont le premier concerne une résidente d'Ehpad de retour de l'hôpital.
09/03/2026  - Domicile

Amapa : le feuilleton judicaire va-t-il reprendre ?

Conséquence d'une décision de la cour d'appel de Paris, le groupe Avec fait feu de tout bois.
09/03/2026  - Privé lucratif

Olivier Dussopt pourrait succéder à Guillaume Pépy à la présidence d'Emeis

La sortie par anticipation du plan de sauvegarde a permis au groupe d'ouvrir une nouvelle étape. Quel président pour l'accompagner ?
09/03/2026  - Initiative

Stop à l'isolement fête ses six ans

Tout a commencé par un message sur Facebook, le 18 mars 2020, au coeur du premier confinement. Six ans plus tard, ce qui n'était qu'une impulsion généreuse est devenu un espace de référence pour les personnes vulnérables, leurs aidants et les professionnels qui les accompagnent, à domicile comme en établissement.
09/03/2026  - Expérimentation

Opticiens en Ehpad, une généralisation perdue de vue ?

Alors que l'expérimentation en Centre-Val de Loire et Normandie est terminée depuis le 31 décembre 2025, deux parlementaires posent la question : quand ?
26/02/2026  - SFGG Société Francaise de Gériatrie et de Gérontologie

Sexualité et grand âge : les Printanières de la SFGG brisent les tabous

Le 2 avril 2026, la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie consacre son webinaire « Les Printanières » à une question longtemps tue dans les établissements et services à domicile : la santé sexuelle des personnes âgées.