15/06/2020  -  Politique de l'autonomie  11195

Le risque autonomie, aux côtés des autres risques de protection sociale

Présidente du conseil de la Caisse nationale de solidarité pour l'autonomie (CNSA), Marie-Anne Montchamp est revenue ce matin, lundi 15 juin, lors d'une conférence organisée par l'Association des Journalistes de la Presse Sociale (AJIS), sur les leçons de la crise et l'avenir qui s'ouvre pour le grand âge.

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

En tout premier lieu, Marie-Anne Montchamp a tenu à exprimer son soulagement face aux annonces d'Emmanuel Macron concernant la réouverture totale des EHPAD confrontés à des situations particulièrement difficiles et parfois inégales durant toute cette période, et qui n'avaient eu de cesse d'attirer l'attention et l'intervention de la CNSA.

Retrouver une maîtrise de nos destins

C'est par ces mots résumés que se dessine pour Marie Anne Montchamp une nouvelle politique de l'autonomie. « La crise nous a montré que sans capacité d'autonomie, le cours de nos vies se trouve resserré et l'inégalité de destins peut surgir. Le président nous donne un cadre jusqu'en juillet où il entrera alors dans une logique planificatrice. »

L'égalité des chances devient dès lors une forme de slogan pour les politiques économiques et sociales, rejoignant l'actualité immédiate qui est celle de la création d'une 5è branche et d'un 5è risque. Cet après midi même est débattu le projet de loi organique portant transfert de la dette sociale à la CADES et autonomie. Seront examinés un amendement adopté en séance de la commission la semaine dernière et un amendement déposé par Thomas Mesnier, Rapporteur Général de la commission des Affaires sociales, vendredi dernier. Les amendements portent sur la création de la 5è branche, l'autre sur son affectation à la CNSA.

Enfin le grand soir pour les personnes âgées?

« C'est le moment à n'en pas douter », se réjouit Marie-Anne Montchamp. « Comme toujours dans les grandes crises, les personnes âgées et handicapées sont les premières à porter le plus lourd tribut. Et ca n'a pas loupé. L'intéressant aujourd'hui c'est qu'il s'agit bien d'une politique de l'autonomie portée par la 5è branche et non d'une série d'ajustements techniques habillés dans une branche. Nous sommes à ce grand rendez-vous. C'est l'adoption de ce texte, des amendements évoqués, et lorsque nous aurons dessiné les contours de cette branche que nous pourrons affirmer avoir été au rendez-vous de l'histoire. Nous voulons une grande loi pour l'autonomie, au sens de l'égalité des chances, au sens de la capacité à maîtriser sa vie, son destin, quel que soit son âge, sa santé et il faut pour cela mobiliser tous les acteurs ».

Vivre avec ses différences

Il s'agit de créer, dans la protection sociale contemporaine, une branche capable de faire le lien entre les différents besoins de la personne, dans sa singularité et la spécificité de son lieu de vie. « Ca serait un contresens total de ne pas s'inspirer de ce que nous avons déjà commencé à construire ensemble, sans que cela ait le nom et l'ambition d'une branche, à savoir cette politique de l'autonomie pilotée différemment par un état moderne, agile, capable de contractualiser et d'assembler des politiques publiques disjointes qui concourt à l'autonomie de nos concitoyens. »

Réunir les financements

Le périmètre de la CNSA est de 27 milliards d'euros. Pourtant l'effort consenti par la nation pour financer l'autonomie s'élève à 66 milliards d'euros mais dans des ministères divers. L'enjeu réside donc dans la reconstruction de cette politique de l'autonomie. « Seule la branche peut le faire et le piloter par une loi de programmation pluri-annuelle, par des engagements contractuels avec toutes les politiques publiques dépendant d'autres périmètres ministériels que ceux de la protection sociale, d'arriver à fabriquer le financement exhaustif d'une politique de l'autonomie, adossée à ce programme d'efficience et de qualité, explique Marie Anne Montchamp. « Il faut donc mieux utiliser l'argent public qui traite de manière directe ou indirecte les politiques de l'autonomie.

C'est par un effort partagé de l'ensemble des départements ministériels que l'on pourra s'engager dès à présent à construire ce 5è risque. Il faudra donc passer de 66 milliards à 74 milliards d'euros. En 2024, on bénéficiera des 2,3 milliards de la CSG. En attendant, c'est par les politiques publiques existantes que l'on pourra imaginer des arguments pour faire converger une politique transverse vers l'autonomie. Cette branche pourra améliorer la gestion de l'effort collectif, optimiser les ressources qui aujourd'hui ne bénéficient à l'autonomie que de manière inégale. La politique de l'autonomie pourrait se situer dans la protection sociale au 3è niveau des branches après l'assurance maladie, et la vieillesse, et avant les politiques familiales et l'AT-MP. »

22/01/2026  - Baromètre

Dialogue social en entreprise : un climat tendu malgré la détermination des élus

Le baromètre Syndex 2025, réalisé par l'Ifop auprès de salariés, représentants du personnel et directions, révèle un dialogue social sous tension. Si les élus restent déterminés, le contexte économique dégradé pèse sur la qualité des échanges.
22/01/2026  - Politique

Réforme des ARS : le rétropédalage du gouvernement ?

En fait de décentralisation, le gouvernement irait vers un simple lifting de la politique de santé dans les territoires, écrit La Lettre.
22/01/2026  - Municipales 2026

Le Manifeste de France Assos Santé pour « un nouveau modèle territorial de santé »

France Assos Santé porte les attentes des Français auprès des candidats aux municipales et des associations d'élus locaux.
21/01/2026  - Projet de budget 2026

Les fédérations alertent sur la baisse des admissions en Ifsi

Dans certaines régions, les Instituts de formation en soins infirmiers (Ifsi) se sont vu notifier un recul majeur de places à ouvrir dans Parcoursup.
20/01/2026  - Étude Les Échos

Le moral des dirigeants d'Ehpad entre engagement et renoncement

Seuls 47 % d'entre eux envisagent de rester à leur poste dans les prochaines années, selon le premier Baromètre publié par Les Echos-Etudes.
20/01/2026  - Loire-Atlantique

La Loire-Atlantique annonce 500 000 euros pour un nouvel Ehpad à Loireauxence

Dans le cadre d'une recomposition de l'offre, deux Ehpad vieillissants (public et associatif) laisseront place à un Ehpad et une résidence autonomie gérés par l'association Pôle ligérien les Moncellières.
20/01/2026  - Tribune libre

La vérité sur la qualité des Ehpad dérange ? Tant mieux

Tribune libre proposée par Jean-Christophe Amarantinis, président du Synerpa
20/01/2026  - Haute-Loire

Saint-Julien-Chapteuil baptise son Ehpad « La Tortue »

« Une métaphore assumée du grand âge, où le temps prend une autre valeur et où l'essentiel n'est plus la vitesse, mais la qualité du chemin parcouru ».
19/01/2026  - Public

La justice administrative invalide la reconstruction sur un seul site d'un Ehpad aveyronnais

La cour administrative d'appel de Toulouse annule, pour des raisons de procédure, la reconstruction de l'Ehpad Résidence du Pays-Capdenacois.