Malgré des recommandations claires pour la prise en charge préventive des complications podologiques du diabète, il manque toujours une structuration du parcours de soins.
Malgré des recommandations claires pour la prise en charge préventive des complications podologiques du diabète, il manque toujours une structuration du parcours de soins.
Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.
Le diabète est une pathologie chronique dont la prévalence progresse en France et dans le monde. Parmi ses complications, les plaies du pied (« le pied diabétique ») représentent un enjeu majeur de santé publique. A domicile ou en établissements, le secteur du grand âge y est particulièrement confronté.
Le Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) de Santé publique France du 17 février 2026 publie un (très intéressant) dossier de cinq articles sous le titre « Complications podologiques liées au diabète : un fardeau évitable »
Evitable, mais pas évité, à lire l'introduction de la Pr Agnès Hartemann, chef du service de diabétologie de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière (AP-HP) qui le déplore : « la situation ne s'arrange pas ». Les données de l'étude Entred 3 et du Système national des données de santé montrent une augmentation importante de l'incidence des hospitalisations pour plaie du pied, même si dans le même temps, on observe une stabilité du taux d'amputation. Il y a probablement de plus en plus de plaies liées à deux complications qui augmentent avec l'âge : la neuropathie et l'artériopathie, « mais, cela traduit le fait que les prises en charge sont défaillantes pour prévenir les plaies chez ces personnes à risque », dénonce l'autrice.
Pour obtenir : un dépistage de son risque (médecin traitant ou podologue), un adressage au bon professionnel (podologue ou podo-orthésiste) et l'achat et le port de semelles et/ou de chaussures adaptées, « le parcours de soins n'est pas ou mal suivi », résume-t-elle. Et elle conclut : « des recommandations claires existent pour la prise en charge préventive des complications podologiques, mais il manque toujours en France une structuration du parcours de soins par un maillage territorial, avec des équipes pluridisciplinaires dont on connaît pourtant l'efficacité. Le coût en est terrible pour les patients, leurs proches, et in fine pour notre système de soins ».
Les conséquences psychosociales
L'article sur « l'expérience patient » a particulièrement retenu l'attention de Géroscopie. Les auteurs Arnaud Bubeck et Laura Phirmis analysent les résultats d'une étude menée par la Fédération française des diabétiques à partir d'entretiens semi-directifs. Ils mettent en lumière un impact psychosocial majeur sur les patients. Quatre dimensions saillantes de leur vécu ont été identifiées :
- La rupture de mobilité et les conséquences sur la vie sociale et l'accès aux soins ;
- L'impact émotionnel lié à la peur de l'aggravation et au spectre de l'amputation ;
- Le rôle des déterminants sociaux et territoriaux (adaptation du domicile, accès à un réseau de soins) ;
- L'influence déterminante des interactions avec les professionnels de santé, pouvant constituer un soutien ou renforcer l'angoisse.
« Une meilleure prise en compte de cette complexité implique d'élargir le regard au-delà de la seule prise en charge médicale, en intégrant la santé mentale, les représentations sociales du trouble, l'impact sur les proches et les inégalités sociales qui conditionnent l'expérience de la complication », écrivent les auteurs. Un soutien approprié, notamment au niveau psychologique et social, peut permettre d'améliorer le vécu des personnes concernées.
Copyright © 2022 - Tous droits réservés