Face à des tensions persistantes sur les effectifs dans le secteur du grand âge, les pouvoirs publics travaillent à une expérimentation intégrant de manière structurée des solutions robotiques et d'intelligence artificielle dans le fonctionnement des établissements.
Robots, IA : un nouveau modèle d'Ehpad en préparation
Un appel à manifestation d'intérêt devrait être lancé dans les prochains mois afin de sélectionner une dizaine d'Ehpad pilotes, avec un déploiement progressif envisagé à partir de 2027.
Une organisation partiellement automatisée
Le projet repose sur une intégration avancée de technologies visant à assister (et, sur certaines tâches, à remplacer) les professionnels.
Parmi les dispositifs envisagés :
- des robots d'assistance capables d'accompagner les déplacements des résidents et d'assurer certaines tâches de manutention,
- des agents conversationnels destinés à maintenir une interaction quotidienne avec les résidents (rappels, échanges simples, stimulation cognitive),
- une intelligence artificielle centralisée en charge de la coordination des équipes, de l'optimisation des plannings et de la priorisation des interventions,
- des systèmes de surveillance continue (capteurs, analyse comportementale) permettant d'anticiper les chutes ou les dégradations de l'état de santé.
Selon un document de cadrage, l'objectif serait de permettre "une réduction significative des besoins en personnel sur certaines fonctions non médicales", tout en maintenant un niveau de sécurité jugé équivalent.
Une réponse à la crise des ressources humaines
Cette expérimentation s'inscrit dans un contexte de pénurie durable de professionnels, qui continue de fragiliser l'organisation des structures. Dans certains territoires, les directions doivent composer avec des postes vacants persistants et des difficultés à stabiliser les équipes. En interne, l'hypothèse d'un modèle "hybride", combinant présence humaine et automatisation, semble progressivement s'imposer comme une piste de travail crédible. "On ne parle plus seulement d'outils d'aide. On parle d'un changement de modèle organisationnel", confie un acteur impliqué dans les réflexions.
Des questions éthiques et opérationnelles
Cette perspective suscite néanmoins de fortes réserves au sein du secteur. Plusieurs acteurs alertent sur le risque d'une déshumanisation de l'accompagnement. "Le lien humain ne peut pas être remplacé par une interface, aussi performante soit-elle", souligne un responsable associatif.
Au-delà des enjeux éthiques, des interrogations subsistent également sur l'acceptabilité du dispositif par les résidents et leurs familles, ainsi que sur la capacité des établissements à intégrer ces technologies dans leur fonctionnement quotidien.
