Une équipe lyonnaise présente dans la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement un parcours multidimensionnel intégrant une évaluation cognitive et une évaluation sur simulateur de conduite.
Une équipe lyonnaise présente dans la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement un parcours multidimensionnel intégrant une évaluation cognitive et une évaluation sur simulateur de conduite.
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Les troubles neurocognitifs (TNC) soulèvent la question du maintien de la conduite automobile, mais l'arrêt de la conduite, bien que nécessaire dans certains cas, peut avoir des conséquences majeures sur la santé physique, psychologique et sociale des patients. Or, actuellement, en France, aucune procédure standardisée d'évaluation de l'aptitude à la conduite ne fait consensus.
Dans un article de la revue Gériatrie et Psychologie Neuropsychiatrie du Vieillissement (GPNV 2025/4 Vol. 23), Marion Giroux, Floriane Delphin-Combe et Marie-Hélène Coste respectivement neuropsychologues et gériatre au sein de l'Institut du vieillissement des Hospices civils de Lyon (HCL), et Laurence Paire-Ficout et Maud Ranchet, directrice et chercheuse du Laboratoire Ergonomie et sciences cognitives pour les transports (Lescot, université de Lyon) présentent un parcours « conduite » testé depuis octobre 2023 au sein de l'hôpital des Charpennes à Villeurbanne (HCL). Ce parcours comprend une évaluation sur simulateur, une analyse des capacités d'autoévaluation des performances de conduite, des questionnaires sur les habitudes de conduite, la plainte mnésique et les représentations de la conduite, un test cognitif rapide (Moca), ainsi qu'un temps d'échange visant à accompagner la décision d'un éventuel arrêt de la conduite. Il est proposé aux patients bénéficiant d'un bilan cognitif en hôpital de jour (HDJ), dans le cadre d'une suspicion de TNC, et conduisant encore un véhicule.
« Avec la création du parcours « conduite » à l'HDJ, l'équipe médicale dispose de plus d'arguments pour statuer sur le risque de la conduite chez un individu donné, écrivent les autrices. L'ajout de l'évaluation sur simulateur de conduite, brève et moins coûteuse qu'un test sur route, apporte des éléments plus écologiques que n'importe quel test psychométrique tout en restant dans un environnement sécurisé ».
Mais les autrices ne cachent pas les limites financières et éthiques de ce parcours. Elles soulignent aussi la nécessité de disposer de données normatives pour interpréter les résultats avec pertinence. Enfin, elles le signalent, une proposition de loi déposée il y a un an propose d'instaurer une visite médicale obligatoire tous les cinq ans près 70 ans. Un changement de paradigme.
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