Le soutien massif à l'apprentissage s'essouffle, avec des aides nettement réduites et désormais ciblées en 2026. La branche SSSMS de l'Opco-Santé a déjà réduit la voilure.
Le soutien massif à l'apprentissage s'essouffle, avec des aides nettement réduites et désormais ciblées en 2026. La branche SSSMS de l'Opco-Santé a déjà réduit la voilure.
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L'opérateur de compétences Opco-Santé a publié début mars un retour sur sa récente étude sur l'apprentissage dans le secteur sanitaire, social et médico-social (SSSMS) - passée inaperçue, il est vrai. Conduite entre décembre 2024 et novembre 2025, elle met en évidence, sans surprise, une forte dépendance aux aides publiques, ce qui rend le modèle économique de l'apprentissage particulièrement vulnérable, dans ce secteur plus que dans d'autres.
La hausse puis le repli
L'apprentissage s'y est fortement développé depuis la réforme de 2018, avec une accélération marquée entre 2020 et 2021 (6367 et 8975 contrats +41%) s'imposant comme une possible réponse aux difficultés de recrutement persistantes et aux tensions sur les effectifs. Mais après cette phase d'expansion, le nombre de contrats se stabilise puis commence à s'infléchir. La baisse attendue entre septembre 2024 et 2025 est estimée de 10% en septembre 2025 par rapport à 2024. 79 % des structures SSSMS considèrent les aides comme déterminantes dans leur capacité à recruter un apprenti.
Le profil des apprentis
Le profil des apprentis a par ailleurs profondément évolué ces dernières années. L'apprentissage attire désormais davantage de personnes en reconversion, plus âgées, parfois déjà expérimentées. Ce public contribue à la qualité des parcours : le taux de rupture dans la branche est estimé à 12 %, contre 36 % au niveau national (tous secteurs confondus). Mais cette évolution s'accompagne d'une montée notable des fragilités sociales : difficultés de logement, de mobilité, problèmes de santé, complexité administrative. Ces situations, largement relevées par les CFA et les employeurs, imposent un accompagnement global renforcé, bien au-delà du suivi pédagogique strict.
Une tension croissante avec la voie scolaire
La progression de l'apprentissage ne peut être analysée sans considérer son impact sur la voie scolaire. Dans certains territoires et pour certains diplômes notamment dans le travail social ou le DE infirmier, l'alternance progresse tandis que les effectifs scolaires stagnent ou diminuent.
Ce phénomène s'explique autant par les arbitrages des organismes de formation que par les régulations des politiques publiques, notamment régionales, parfois très strictes sur les capacités d'accueil. « Cette concurrence implicite entre voies de formation questionne la cohérence et la pérennité de l'offre globale, et appelle à un dialogue renforcé avec les acteurs publics pour préserver un modèle équilibré », commente l'Opco-Santé.
Les aides en 2026
En 2024, les entreprises pouvaient encore bénéficier d'une aide uniforme de 6.000 euros pour l'embauche d'un apprenti, quel que soit leur profil. Désormais, les montants varient à la fois selon le niveau de formation préparé et la taille de l'entreprise
En 2026, le montant de l'aide unique à l'embauche d'un apprenti est de 5000 euros, comme en 2025, pour les contrats conclus jusqu'au 1er janvier 2027 par les entreprises de moins de 250 salariés. Versée seulement la première année du contrat, cette aide concerne les apprentis préparant un diplôme ou titre équivalent de niveau 3 (CAP, BEP...) et 4 (baccalauréat). Par un décret du 6 mars une aide exceptionnelle de 4500 euros est attribuée pour le niveau 5 (bac+2) et 2000 euros pour les niveaux 6 et 7 (licence et master). L'aide unique est de 6000 euros pour les apprentis en situation de handicap tous niveaux.
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