Dans le n° 120-septembre 2020  - La formation professionnelle  11244

Quand la crise sanitaire révolutionne la formation

La crise sanitaire a eu un impact majeur sur nombre d'activités, dont la formation. Les sessions de e-learning et les webinaires ont connu une forte montée en puissance ces derniers mois. Augurent-ils le modèle de demain ?

Cet article est réservé aux abonnés.

Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.

Toutes les activités de formation en présentiel ayant été stoppées pendant la crise sanitaire, les instituts de formation ont dû proposer des formules alternatives.

« Pour assurer la continuité pédagogique à distance, les centres de formation ont procédé à des échanges de modules et mis en place différents outils : webinaires, cours en visio-conférence, mise à disposition de ressources....», témoigne Diane Bossière, Déléguée générale de l'Union nationale des acteurs de formation et de recherche en intervention sociale (Unaforis). « Mais si le numérique est pleinement entré dans les pratiques professionnelles depuis déjà plusieurs années, la formation à distance à domicile a nécessité de déployer beaucoup d'ingéniosité, notamment pour les étudiants de niveau « infra-bac ». « Nombre d'entre eux ne disposaient pas du matériel informatique adapté. Pendant la crise, les centres de formation ont tout fait pour mettre à disposition les outils nécessaires grâce, souvent, au soutien des conseils régionaux », souligne Diane Bossière.

Le Centre National de la Fonction Publique Territoriale (CNFPT) a quant à lui fait le choix d'offrir 39 Mooc en accès libre via la plateforme Fun Mooc. « Notre Mooc intitulé « les fondamentaux de l'action sociale » a enregistré près de 5 000 inscriptions pendant le confinement. Par ailleurs, alors que nous réalisons en moyenne 700 webinaires ou classes virtuelles par mois, nous en avons proposé 4.500 en mai, essentiellement autour de la gestion de crise : les gestes barrières, la réglementation en matière funéraire, les réunions des instances, etc. Le webinaire, simple à réaliser, est ce qui se rapproche le plus du temps présentiel. Il facilite davantage les échanges de pratiques qui sont essentielles dans le champ médico-social », explique François Meyer, Directeur de l'offre numérique et événementielle au CNFPT. L'organisme de formation de la Fonction Publique Territoriale a également mis en place des micro-learning et des formations à distance autoportées en accès libre sur le site Wikiterritorial.

L'Institut France Alzheimer a également proposé sept conférences en ligne, gratuites, pendant la période de confinement sur différents sujets : Comment adapter les règles du confinement institutionnel en Ehpad afin de limiter les troubles du comportement ? Comment améliorer la communication avec les personnes malades dans le contexte du confinement ? Ou encore, Quelles animations proposer en Ehpad et à domicile en cette période qui aura été si particulière ? « Entre le 24 avril et le 19 mai, plus de 400 personnes ont suivi nos conférences en direct. D'une durée de 30 minutes, elles étaient conçues pour aider les professionnels sans leur prendre trop de temps », souligne Volodia Tourtchine, responsable formation qui présente cette expérience comme « une rampe de lancement pour mettre en place de nouvelles formations à distance dès la rentrée prochaine ». Des classes virtuelles seront ainsi organisées en limitant à dix le nombre de participants « afin de préserver une dynamique de groupe ». Dès cet été, les formateurs de L'Institut seront formés à ces nouvelles modalités d'apprentissage.

Validation de l'acquisition des connaissances

Autre enseignement, la montée en puissance du numérique n'a pas beaucoup modifié les modalités de vérification de l'acquisition des connaissances. « Le système de validation prévu dans les référentiels, à savoir le contrôle continu, peut tout à fait être réalisé à distance, explique Diane Bossière. Nous n'opérons pas de contrôles d'assiduité. Les futurs professionnels doivent pouvoir acquérir des connaissances de manière souple. Les opérateurs de compétences ou encore Transition pro partagent cette vision ».

Pour François Meyer, les plateformes offrent aussi des outils de traçabilité de l'activité des apprenants. « Faut-il se baser sur une attestation d'assiduité comme le propose Formadis ou sur le résultats de tests comme ceux que nous avons mis en place sur Fun Mooc ? Nous retenons les deux systèmes », explique-t-il.

Avenir

Si depuis plusieurs années le CNFPT a fait le choix de formations mixtes mêlant temps présentiel et distanciel - Mooc mis à part -, la crise a conduit les équipes à imaginer une nouvelle offre. « Nous menons un travail de réflexion sur de nouvelles formes d'enseignement intégralement à distance en cas de nouveau confinement, national ou local, indique François Meyer. Si le public a été contraint d'utiliser ces nouveaux outils, nous constatons aujourd'hui une réelle adhésion. Les professionnels se sont rapidement acculturés au télétravail, aux classes virtuelles et à la formation à distance ».

L'Unaforis planche également sur un nouveau concept, l'hybridation pédagogique, qui consistera à introduire des contenus distanciels dans les formations de travail social, y compris pour le certificat d'aptitude aux fonctions de Directeur d'établissement ou de service d'intervention sociale. « Jusqu'à présent, les formations étaient organisées massivement en présentiel avec des outils ponctuels d'apprentissage à distance. Pour cette refonte majeure, nous allons identifier les modes d'acquisition des compétences en fonction des référentiels des diplômes. Par exemple, si l'apprentissage de méthodologies peut se faire à distance, la formation à l'accompagnement social individuel doit en revanche se passer en présentiel », explique Diane Bossière.

Cette hybridation pédagogique démarrera de façon expérimentale dès septembre 2020, avant d'être évaluée en 2022 ou 2023 et pérennisée, s'il y a lieu, dans la réglementation.

26/02/2026  - SFGG Société Francaise de Gériatrie et de Gérontologie

Sexualité et grand âge : les Printanières de la SFGG brisent les tabous

Le 2 avril 2026, la Société Française de Gériatrie et de Gérontologie consacre son webinaire « Les Printanières » à une question longtemps tue dans les établissements et services à domicile : la santé sexuelle des personnes âgées.
26/02/2026  - Centre de ressources

La Fondation Médéric Alzheimer lance « Essentiel Alzheimer » pour les aidants

Il s'agit d'une plateforme numérique et d'une ligne d'information 3150, gratuite, anonyme et confidentielle.
26/02/2026  - Nominations

Outre-mer : deux nouveaux directeurs généraux d'ARS

Philippe Luccioni-Michaux est nommé en Guadeloupe et Etienne Billot à Mayotte.
26/02/2026  - Décret et arrêté

Infirmières : la réforme de la formation entrera en vigueur le 1er septembre

La réingénierie prend en compte les importantes évolutions du métier d'infirmière portée par la loi « historique » du 27 juin 2025.
25/02/2026  - Vote

Aide à mourir : l'Assemblée nationale franchit une nouvelle étape décisive

L'Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture, ce mercredi 25 février 2026, deux textes majeurs sur la fin de vie. Si le vote sur le développement des soins palliatifs a fait l'unanimité - 491 voix pour, aucune contre -, celui instaurant un droit à l'aide à mourir a suscité davantage de débats : 299 députés l'ont soutenu, 226 s'y sont opposés.
25/02/2026  - Bilan d'étape

Stratégie soins palliatifs : une offre renforcée dans les territoires

352 millions d'euros ont été mobilisés sur la période 2024-2025, soit 157 millions de plus que prévu.
25/02/2026  - AAC

12 nouveaux Pasa en Centre-Val de Loire

En l'absence d'accueil de jour dans un rayon de 15 km, possibilité était donnée d'ouvrir le Pasa à 2 ou 3 personnes âgées provenant du domicile.
25/02/2026  - Décret

Conseils d'administration des ESMS publics : les collectivités vont désigner des suppléants

Un décret de simplification administrative permet désormais d'éviter certains problèmes de quorum.
25/02/2026  - Santé publique

Primo lance un programme d'amélioration de l'état bucco-dentaire des résidents

L'état bucco-dentaire est souvent préoccupant en Ehpad ou établissements hébergeant des personnes en situation de handicap. Le déficit de formation des personnels en est l'une des causes.