Le baromètre Syndex 2025, réalisé par l'Ifop auprès de salariés, représentants du personnel et directions, révèle un dialogue social sous tension. Si les élus restent déterminés, le contexte économique dégradé pèse sur la qualité des échanges.
Dialogue social en entreprise : un climat tendu malgré la détermination des élus
Un optimisme en berne
Seuls 65 % des représentants du personnel jugent bonne la situation économique de leur entreprise, le plus faible score depuis 2018. Cette morosité se reflète dans leur état d'esprit : inquiétude et colère progressent, tandis que l'attentisme recule. Face à eux, 58 % des élus perçoivent leur direction comme tendue, et 52 % comme fermée.
Des visions divergentes du dialogue social
L'écart se creuse dans l'appréciation du dialogue social. Les élus lui attribuent une note moyenne de 5,1 sur 10, contre 5,9 pour les salariés et 7,7 pour les directions. Principal grief des représentants : le manque de prise en compte de leurs avis, qu'ils placent pour la première fois en tête des critères de qualité. Élus (91 %) et salariés (80 %) réclament un meilleur partage du pouvoir en entreprise entre employeur, CSE et salariés.
Le CSE : utile mais insuffisamment reconnu
Paradoxe révélateur : 93 % des directions et 86 % des salariés reconnaissent l'utilité du CSE, mais les élus déplorent un manque de moyens, de temps et de reconnaissance formelle. Près de la moitié d'entre eux (46 %) estiment que leur poids s'est affaibli, tandis que leur investissement s'accroît (38 %).
Santé et conditions de travail en tête des priorités
Sans surprise, santé, risques psychosociaux (94 %), conditions de travail (93 %) et sécurité (85 %) dominent les préoccupations des élus. Quatre sur dix estiment élevés les risques d'accident du travail dans leur entreprise. Les salariés placent également ces sujets en tête, suivis du pouvoir d'achat (70 %).
Rémunérations : des attentes toujours fortes
Les élus souhaitent des augmentations générales de 6 %, les salariés de 10,2 %, quand les directions prévoient 1,5 %. Des écarts qui témoignent de visions économiques divergentes, même si les attentes se sont modérées après les années d'inflation.
Environnement et IA : deux sujets émergents
Près de 70 % des CSE ne se sont pas encore saisis de leur prérogative environnementale, faute de temps et de formation. L'intelligence artificielle progresse dans les entreprises, souvent sans consultation du CSE : elle figure désormais parmi les priorités de 24 % des élus, en hausse de 8 points.
