2000 infirmières et 9000 généralistes proposent un accompagnement innovant des patients chroniques via une éducation thérapeutique personnalisée.
2000 infirmières et 9000 généralistes proposent un accompagnement innovant des patients chroniques via une éducation thérapeutique personnalisée.
Pour profiter pleinement de l'ensemble de ses articles, Géroscopie vous propose de découvrir ses offres d'abonnement.
Le dispositif Asalée « Action de santé libérale en équipe » permet une coordination renforcée entre médecins et infirmières, pour mieux accompagner les patients atteints de maladies chroniques (diabète, risque cardio-vasculaire, BPCO, sevrage tabagique...), via une éducation thérapeutique personnalisée. Aujourd'hui ce sont plus de 2 000 infirmières (1450 ETP) salariées par l'association Asalée qui coopèrent avec 9 000 généralistes libéraux sur tout le territoire. L'association, longtemps érigée comme modèle dans le domaine de la prévention, est financée intégralement par l'assurance maladie à hauteur d'environ 100 millions d'euros par an.
Bras de fer Asalée/assurance-maladie
Le premier coup de tonnerre vient de l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), qui dans un rapport le 26 juin 2025, fait état « de multiples dysfonctionnements » en termes d'organisation et de pilotage du dispositif par l'association.
Au 1er janvier 2026, la caisse nationale d'assurance-maladie suspend son financement. Fin janvier son directeur général, Thomas Fatome adresse un courrier à l'association l'accusant de ne pas « être à jour du paiement de ses cotisations sociales » ni « mise en situation de respecter les règles élémentaires de la commande publique comme celles liées à la prévention des conflits d'intérêts » -
Griefs confirmés dans un communiqué du 6 mars. Le 5 mars, la veille, l'association vient de se déclarer en cessation de paiement auprès du tribunal des activités économiques de Paris, saisi aux fins d'ouverture d'une procédure de redressement judiciaire
Depuis des semaines, Asalée dénonce une tentative d'asphyxie financière et se dit victime d'une stratégie délibérée des pouvoirs publics pour reprendre le contrôle d'une association « issue du terrain ».
Piste coopérative
Comment se terminera le bras de fer ? La suite appartiendra-t-elle au seul tribunal des affaires économiques de Paris ? L'enjeu est immense pour l'association et son activité. « Le sujet a pourtant peu d'écho dans la presse nationale, alors même que le dispositif Asalée est largement reconnu pour son rôle dans le suivi des patients atteints de maladies chroniques, l'amélioration du bon usage du médicament et la prévention des hospitalisations évitables », déplore, le 16 mars, Me Axel Véran, avocat du cabinet Houdart et Associés, dans son blog. Certaines analyses « évoquent même un potentiel d'économies très significatif pour le système de santé », ajoute-t-il en lançant une originale piste coopérative (Scic) pour protéger les salariés et relancer les négociations.
L'enjeu est important aussi pour l'ensemble du champ de la prévention. Ainsi, pour retarder l'entrée en affection de longue durée (ALD), la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 vient de créer un parcours préventif pour les patients à risque...
Copyright © 2022 - Tous droits réservés