Dernier volet de notre petite promenade sociologique dans la société de la longévité... En quelques points saillants, je vous propose un regard sur une société qui prends de l'âge et qui se transforme. Nous allons finir par un exemple de ces changements avec les divorces gris et les mariages bleus. Partie IV
Les divorces, gris, c'est-à-dire les séparations après 50 ans, se banalisent. Depuis les années 2000 leur importance ne fait que se renforcer. Une étude de l'Ined montre qu'en 1996 les divorces concernant une femme de plus de 50 ans, représentaient 11% de l'ensemble des divorces, pour 29% en 2016. Un homme de plus de 50 ans représentait 17% de l'ensemble des séparations. En 2016, la proportion s'élevait à 38%. Signalons aussi la hausse des séparations post retraite. Chez les femmes de plus de 60 ans, le taux bondit de 3 à 8%, presque un triplement. Pour les hommes, la proportion quadruple carrément, passant de 4 à 12%. Une part de ces personnes reconstruisent un autre couple, sans nécessairement vivre ensemble ou se marier.
Les changements de mentalité, la prise de conscience de l'allongement de la vie, l'amélioration globale de l'état de santé des plus de 50 ans et le fait que la très grande majorité des femmes dispose d'une retraite explique en grande partie cette évolution. Mais notons aussi que la proportion des divorces gris s'accroit car les séparations diminuent chez les trentenaires et quadragénaires. Il faut dire qu'après deux générations ayant expérimenté à grande échelle le divorce, les plus jeunes sont devenus plus prudents.
Les divorces gris augmentent mais les unions entre retraités s'amplifient aussi. Ce sont les mariages bleus !
Les seniors inventent la vieillesse. Fini papy pantoufle et mamie jardin ! Il n'est que de voir le nombre de têtes grises qui foulent le macadam pour courir les marathons et semis marathons, il n'est que de regarder les pratiquants de gymnastique holistique, de yoga ou de marche nordique. Ces pratiquants ont donné envie à nombre de leurs cadets de faire pareil. Là encore, les seniors ont inventé une autre façon de prendre de l'âge. Plus largement, la (trop) lente prise de conscience de l'importance de la prévention, qui passe en particulier par la pratique d'activités physiques adaptées, une alimentation plus saine et moins calorique et la valorisation de lien social, touche aussi une partie des plus jeunes. Pas les 16-35 ans, mais les adultes plus matures qui prennent aussi conscience qu'ils devront « durer » plus longtemps comme leurs parents ou grands-parents. Et pour cela, ils ont intérêt à adopter des comportements plus vertueux tout en retrouvant le gout des autres.