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Des représentants de familles déposaient le 16 octobre dernier un cercueil devant le ministère des Solidarités et de la Santé. Le but : alerter l'opinion publique sur la solitude et le sentiment d'abandon des plus âgés, susceptibles d'entraîner un syndrome de glissement voire la mort, à domicile comme en Ehpad.
Comment ne pas relever la portée symbolique d'une telle action, alors même que cette question est travaillée depuis des semaines par les associations de directeurs ?
La persistance du virus, couplée à l'arrivée de la grippe, oblige les établissements à réinterroger le fragile équilibre entre protection et liberté, sécurité et autonomie, à revisiter l'impact du confinement sur les personnels, les résidents, les familles. « On a appris de la première vague, on ne part pas de zéro », confirme Marie-Sophie Desaulle, présidente de la Fehap dans L'interview du mois , tout en alertant sur la fatigue des professionnels qui représente aujourd'hui un risque majeur.
L'analyse menée par les espaces de réflexion éthique et le CCNE* a permis d'assouplir certaines règles sécuritaires prises dans l'urgence, « et de cheminer vers des compromis » essentiels pour conserver notre qualité d'êtres humains, et faire société.
Favoriser le vivre ensemble, en protégeant les plus fragiles, mais aussi continuer d'accompagner les vivants jusqu'à la mort, n'est-ce pas là la mission des professionnels en établissement ?
Et si soigner, c'était renoncer à la guérison du corps, accepter la finitude, vivre en paix avec la mort ? Et si soigner, c'était prendre soin, littéralement, pour accompagner la personne et sa famille, jusqu'au bout... pour continuer de vivre, dignement.
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