Entre cadre juridique, réalité clinique et relation humaine
Entre cadre juridique, réalité clinique et relation humaine
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Chez le sujet âgé, la question du consentement aux soins ne se résume pas à une signature ou à une information délivrée. Troubles cognitifs, fatigue, anxiété, perte d'autonomie ou pression de l'entourage rendent parfois le consentement pleinement éclairé difficile à apprécier. Dans ce contexte, la notion d'assentiment prend tout son sens et interroge notre responsabilité collective.
Le consentement, un principe fondamental parfois mis à l'épreuve
Le consentement libre et éclairé constitue un pilier de la pratique médicale. Il suppose que le patient comprenne la situation, les bénéfices attendus, les risques et les alternatives possibles, et qu'il puisse exprimer une décision sans contrainte.
Chez le sujet âgé, ce cadre reste la référence, mais il se heurte souvent à la réalité clinique : troubles cognitifs débutants ou avérés, fluctuations de l'attention, fatigue, douleur, ou encore contexte institutionnel. Le patient peut comprendre partiellement, oublier rapidement, ou ne plus être en capacité d'exprimer une décision structurée, sans pour autant être totalement opposant ou indifférent au soin.
L'assentiment, une notion clinique plus que juridique
Dans ces situations, la notion d'assentiment devient centrale. Elle correspond à l'adhésion du patient au soin proposé, même lorsque le consentement pleinement éclairé n'est plus totalement accessible. Cet assentiment peut s'exprimer par des mots simples, une attitude corporelle, un regard, une absence d'opposition manifeste, ou une relation de confiance établie dans le temps.
L'assentiment ne remplace pas le consentement, mais il permet d'éviter deux écueils fréquents : l'acharnement thérapeutique, d'un côté, et le renoncement systématique aux soins, de l'autre. Il suppose une écoute attentive, une observation fine et une adaptation de la communication au niveau de compréhension réel du patient.
Une décision qui engage l'entourage et les professionnels
Chez le sujet âgé dépendant, la décision de soin devient souvent partagée. L'entourage, les équipes soignantes, le médecin coordonnateur et les intervenants extérieurs jouent un rôle déterminant. Cette pluralité d'acteurs peut être une richesse, à condition que l'intérêt du patient reste central. Le chirurgien-dentiste est souvent bien isolé du reste de l'équipe médicale du "quotidien" et il lui appartient d'aller à la rencontre de ces acteurs pour intégrer l'équipe.
Informer sans infantiliser, expliquer sans inquiéter, soigner sans imposer : ces équilibres fragiles nécessitent du temps, du dialogue et une coordination réelle. La traçabilité des échanges, la collégialité des décisions et le respect des valeurs du patient sont alors essentiels.
Le consentement du sujet âgé ne peut être abordé de manière strictement théorique. Il s'inscrit dans une relation humaine, évolutive, parfois imparfaite, mais profondément éthique. Reconnaître la place de l'assentiment, c'est accepter la complexité du grand âge tout en affirmant une exigence : celle de soigner avec respect, proportionnalité et responsabilité.
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