L'importante étude d'Adedom et de l'Ocirp repose sur la comparaison de deux scénarios : l'un de maintien de la situation actuelle et l'autre simulant une baisse des financements.
Aide à domicile : 1 euro public désinvesti génère 3,5 de coûts supplémentaires
Alors qu'un plan grand âge est à nouveau à l'ordre du jour, la fédération d'associations d'aide à domicile Adédom et l'Union d'institutions de prévoyance Ocirp publient une étude d'impact socioéconomique de l'aide à domicile, avec mise en lumière des risques associés à une évolution défavorable des financements publics.
Laetitia Verdier, directrice générale d'Adedom et Patricia Béchu, directrice du développement de l'Ocirp ont présenté à la presse les résultats de cet important travail le 27 novembre. La première a souligné la nécessité d'objectiver les préoccupations du secteur face « au désengagement des pouvoirs publics », la seconde a manifesté l'espoir « que les politiques s'en empareront rapidement ».
Deux scénarios et trois impacts
L'étude a été réalisée par Eurogroup Consulting et Koreis Conseil entre avril et septembre 2025 avec une démarche reposant sur la comparaison de deux scénarios : l'un (« nominal ») de maintien de la situation actuelle et l'autre simulant une baisse des financements.
Trois impacts ont été étudiés :
- l'impact économique sur trois profils de territoires (regroupements de communes) selon leur niveau d'exposition au risque de contraction de l'offre (résilient, exposé, très exposé), avec des impacts différenciés sur les emplois, retombées fiscales, revenus disponibles... ;
- l'impact sur le parcours de vie d'une personne âgée dépendante et de son aidant ;
- l'impact sur le parcours de vie d'une personne en situation de handicap et de son aidant.
Les modélisations ont utilisé des sources publiques fiables (Insee, Drees, Dares, Igas, CNSA) complétées par des données issues de la littérature et d'avis d'experts. La solidité du travail repose sur l'intervention d'un comité scientifique indépendant.
En cas de baisse de financements
Il ressort de cet important travail que la baisse des financements publics de l'aide à domicile pourrait a minima doubler le coût de prise en charge des personnes dépendantes. Les surcoûts reposeraient essentiellement sur les finances publiques (État, départements et organismes sociaux) et les familles.
Pour une personne âgée :
1 euro désinvesti, via le décrochage du tarif horaire pris en charge par les départements ou la baisse du nombre d'heures allouées dans les plans d'action personnalisés (PAP) entraîne :
3,5 euros de coûts supplémentaires : 1,75 pour la personne âgée et son aidante ; 1,5 pour la puissance publique et 0,20 pour les autres acteurs. Les raisons ? Dégradation accélérée de l'autonomie, augmentation des hospitalisations, entrée plus précoce en établissement.
À l'échelle locale, l'étude présente le cas concret de deux territoires subissant une baisse des financements de l'aide à domicile : la Métropole d'Orléans dans le Loiret (territoire urbain exposé) et la communauté de communes de Caux-Austreberthe en Seine-Maritime (territoire rural très exposé) ;
Quant aux personnes vulnérables, elles connaîtraient une forte régression de la qualité de leur prise en charge et subiraient, entre autres dommages, une entrée précoce en établissement et une mort prématurée. Leurs aidants seraient également victimes collatérales d'un recul de l'aide : perte d'emploi, perte de revenu, fatigue physique, charge mentale...
