A sa demande, cette condamnation ne figurera toutefois pas au bulletin n°2 de son casier judiciaire...
L’ancien directeur de l’Ehpad communal Les Terrasses de l’Ibie, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche), Danny Forster, a été condamné par le tribunal de Carpentras, le 27 juillet 2026, à 6 mois de prison avec sursis pour violence et harcèlement envers son ancien compagnon (et salarié), «F.C.» (Géroscopie tient à respecter son anonymat), mais il a été relaxé pour les accusations de menaces de mort. La procureure de la République avait requis 10 mois avec sursis contre lui lors de l’audience du 25 juin (geroscopie.fr du 1er juillet 2026).
La victime a fait appel sur le volet civil (dommages et intérêts) de l’affaire.
Mais le feuilleton n’est pas fini: la brigade de gendarmerie de Villeneuve-de-Berg, elle, poursuit son enquête suite à une autre plainte déposée par F.C. le 20 novembre 2025 pour des viols qui se seraient, eux, déroulés au sein de l'Ehpad, entre avril 2024 et mars 2025. Une plainte dont le tribunal de Privas a été saisi.
Très médiatique, Danny Forster intervient souvent sur les plateaux TV, comme par exemple sur celui de CNEWS le 8 août dernier, où il était présenté comme «Directeur de plusieurs Ehpad» (NdlR : Géroscopie ne sait pas lesquels), pour évoquer la canicule.
Climat délétère, démissions…
Le jugement de Carpentras concerne des faits hors Ehpad, mais il convient de les remettre dans leur contexte chronologique.
F.C. était en situation de précarité. Il avait rencontré Danny Forster en janvier 2024 et celui-ci était devenu directeur de l'Ehpad en février. Le même mois, il l'avait recruté comme «aide-soignant faisant fonction» : F.C. était donc son subordonné. Selon les déclarations de F.C. à la gendarmerie, les tensions entre les deux amants et la relation d’emprise ressentie par F.C. l’avaient conduit à démissionner en juin 2024, puis… à revenir travailler la nuit à l’Ehpad en novembre de la même année. C’est à cette période-là que les viols auraient eu lieu à l’Ehpad, selon F.C.
Le conflit privé du couple n’avait pas tardé à envahir la sphère professionnelle et empoisonner la vie de l’Ehpad et de ses salariés, amenés à « choisir leur camp ». La presse locale (Le Dauphiné Libéré notamment) s’en était fait l’écho et une enquête administrative avait été lancée par la mairie.
Climat délétère, démissions… ce conflit était même devenu un enjeu des dernières municipales dans cette commune de 3000 habitants (l’Ehpad est géré par le CCAS). Alors que Danny Forster quittait ses fonctions, un maire étiqueté anti-directeur a succédé à une maire étiquetée pro-directeur lors des dernières Municipales...

Casier judiciaire et honorabilité…
Tout en notant que le psychiatre expert a bel et bien relevé “la capacité d’emprise et de séduction” (sic) de Danny Forster, Géroscopie se gardera évidemment de commenter le jugement de Carpentras.
Mais un point suscite notre étonnement: comme il en avait le droit, Danny Forster a demandé (et obtenu) que cette condamnation ne figure pas au bulletin n°2 de son casier judiciaire. Le juge a en effet fait droit à sa demande, considérant qu'il «s’agi[t] d’une première condamnation et considérant sa profession de directeur de sites de soins à Paris» (sic). (NdlR : là non plus, Géroscopie ne sait pas de quels «sites de soins» il s’agirait).
Pour rappel : l'article 16 de la loi Bien vieillir du 8 avril 2024 et le décret du 28 avril 2026 ont renforcé et étendu le contrôle des antécédents judiciaires pour les professionnels et bénévoles qui travaillent au contact de personnes vulnérables via l'attestation d'honorabilité (geroscopie.fr du 5 avril 2026).
Quand bien même ces dispositions ne s’appliqueront au secteur du grand âge qu’à compter du 1er janvier 2028, un tel message envoyé par la justice pourrait être très, très mal compris à l’heure où la société française attend une tolérance zéro en matière de comportements éthiques et professionnels. Les Ehpad seraient-ils différents des lieux d’accueil de la petite enfance?
Un article de Catherine Maisonneuve, avec Boris Heim