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Justice: Danny Forster condamné à 6 mois de prison avec sursis pour violence et harcèlement

Justice: Danny Forster condamné à 6 mois de prison avec sursis pour violence et harcèlement
Capture d'écran : émission CNEWS du 8 août 2026 sur les Ehpad lors de la canicule. Danny Forster y est présenté comme "Directeur de plusieurs Ehpad".
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A sa demande, cette condamnation ne figurera toutefois pas au bulletin n°2 de son casier judiciaire... Cette page a été mise à jour le 10 septembre 2026 avec un droit de réponse de Danny Forster, publié en fin d'article.

L’ancien directeur de l’Ehpad communal Les Terrasses de l’Ibie, à Villeneuve-de-Berg (Ardèche), Danny Forster, a été condamné par le tribunal de Carpentras, le 27 juillet 2026, à 6 mois de prison avec sursis pour violence et harcèlement envers son ancien compagnon (et salarié), «F.C.» (Géroscopie tient à respecter son anonymat), mais il a été relaxé pour les accusations de menaces de mort. La procureure de la République avait requis 10 mois avec sursis contre lui lors de l’audience du 25 juin (geroscopie.fr du 1er juillet 2026).

La victime a fait appel sur le volet civil (dommages et intérêts) de l’affaire.

Mais le feuilleton n’est pas fini: la brigade de gendarmerie de Villeneuve-de-Berg, elle, poursuit son enquête suite à une autre plainte déposée par F.C. le 20 novembre 2025 pour des viols qui se seraient, eux, déroulés au sein de l'Ehpad, entre avril 2024 et mars 2025.

Très médiatique, Danny Forster intervient souvent sur les plateaux TV, comme par exemple sur celui de CNEWS le 8 août dernier, où il était présenté comme «Directeur de plusieurs Ehpad» (NdlR : Géroscopie ne sait pas lesquels), pour évoquer la canicule.

Climat délétère, démissions…

Le jugement de Carpentras concerne des faits hors Ehpad, mais il convient de les remettre dans leur contexte chronologique. 

F.C. était en situation de précarité. Il avait rencontré Danny Forster en janvier 2024 et celui-ci était devenu directeur de l'Ehpad en février. Le même mois, il l'avait recruté comme «aide-soignant faisant fonction» : F.C. était donc son subordonné. Selon les déclarations de F.C. à la gendarmerie, les tensions entre les deux amants et la relation d’emprise ressentie par F.C. l’avaient conduit à démissionner en juin 2024, puis… à revenir travailler la nuit à l’Ehpad en novembre de la même année. C’est à cette période-là que les viols auraient eu lieu à l’Ehpad, selon F.C.

Le conflit privé du couple n’avait pas tardé à envahir la sphère professionnelle et empoisonner la vie de l’Ehpad et de ses salariés, amenés à « choisir leur camp ». La presse locale (Le Dauphiné Libéré notamment) s’en était fait l’écho et une enquête administrative avait été lancée par la mairie.

Climat délétère, démissions… ce conflit était même devenu un enjeu des dernières municipales dans cette commune de 3000 habitants (l’Ehpad est géré par le CCAS). Alors que Danny Forster quittait ses fonctions, un maire étiqueté anti-directeur a succédé à une maire étiquetée pro-directeur lors des dernières Municipales...

Extrait du jugement précisant que la condamnation de Danny Forster ne figurera pas au bulletin n°2 de son casier judiciaire.

Casier judiciaire et honorabilité…

Tout en notant que le psychiatre expert a bel et bien relevé “la capacité d’emprise et de séduction” (sic) de Danny Forster, Géroscopie se gardera évidemment de commenter le jugement de Carpentras.

Mais un point suscite notre étonnement : comme il en avait le droit, Danny Forster a demandé (et obtenu) que cette condamnation ne figure pas au bulletin n°2 de son casier judiciaire. Le juge a en effet fait droit à sa demande, considérant qu'il «s’agi[t] d’une première condamnation et considérant sa profession de directeur de sites de soins à Paris» (sic). (NdlR : là non plus, Géroscopie ne sait pas de quels «sites de soins» il s’agirait).

Pour rappel : l'article 16 de la loi Bien vieillir du 8 avril 2024 et le décret du 28 avril 2026 ont renforcé et étendu le contrôle des antécédents judiciaires pour les professionnels et bénévoles qui travaillent au contact de personnes vulnérables via l'attestation d'honorabilité (geroscopie.fr du 5 avril 2026).

Quand bien même ces dispositions ne s’appliqueront au secteur du grand âge qu’à compter du 1er janvier 2028, un tel message envoyé par la justice pourrait être très, très mal compris à l’heure où la société française attend une tolérance zéro en matière de comportements éthiques et professionnels. Les Ehpad seraient-ils différents des lieux d’accueil de la petite enfance?

Un article de Catherine Maisonneuve, avec Boris Heim

  • Droit de réponse de Monsieur Danny Forster

En application de l'article 6, IV de la loi n° 2004-575 du 21 juin 2004 pour la confiance dans l'économie numérique, Géroscopie publie ci-dessous, à sa demande, le droit de réponse de Monsieur Danny Forster à notre article du 3 septembre 2026 intitulé « Justice : Danny Forster condamné à 6 mois de prison avec sursis pour violence et harcèlement ».

Votre article du 3 septembre 2026, diffusé par votre lettre d'information et vos réseaux sociaux, appelle les rectifications suivantes — que vos lecteurs, professionnels du grand âge, sont en droit d'attendre.

Le jugement rendu le 27 juillet 2026 par le tribunal correctionnel de Carpentras concerne exclusivement des faits relevant de la sphère privée — votre article le reconnaît lui-même : « des faits hors Ehpad ». Je n'ai jamais été poursuivi, ni a fortiori condamné, pour un quelconque fait commis dans l'exercice de mes fonctions, ni au préjudice d'un résident. Consacrer à un différend d'ordre privé un article de « faits divers » adossé à des considérations sur « l'honorabilité » du secteur entretient un amalgame que rien, dans la décision, n'autorise.

Votre compte rendu tait ensuite la moitié de la décision. Le tribunal m'a relaxé de l'intégralité du chef de menaces de mort — vous le mentionnez — mais également du chef de harcèlement pour toute la période antérieure au 29 avril 2025, soit la quasi-totalité de la période poursuivie, ne retenant que quelques semaines consécutives à une rupture. Il a relevé, s'agissant des violences, que leur « gravité est toutefois relative ». Il a alloué 800 euros là où 45 000 euros étaient réclamés, et rejeté la demande dirigée contre les attestations produites pour ma défense, au titre de « l'exercice des droits de la défense ». Rien de tout cela ne figure dans votre article alors que vous disposez manifestement d'une copie du jugement dont une partie est reproduite dans votre article.

Votre article affirmait en outre qu'une plainte pour viols avait « saisi » le tribunal de Privas. Cette affirmation était juridiquement fausse — le dépôt d'une plainte ne saisit aucune juridiction — et elle a été réécrite après publication, sans que vos lecteurs soient avisés de la correction, en une formule désormais spéculative. La réalité est celle-ci : aucune juridiction n'est saisie ; à l'issue de l'enquête ayant conduit à l'audience de Carpentras, le Ministère Public n'avait retenu aucune qualification de nature sexuelle ; je conteste ces accusations avec la plus grande fermeté et je bénéficie de la présomption d'innocence — autant d'éléments que le résumé diffusé à vos abonnés (« une plainte pour viols est en cours : ils auraient été commis sur un subordonné, dans un Ehpad ») passe sous silence.

Votre citation de l'expertise psychiatrique est tronquée : l'expert a d'abord relevé « une carence affective et une peur de l'abandon », éléments que le tribunal a expressément retenus au soutien du sursis. En extraire trois mots pour les retourner à charge dénature la décision.

Vos deux « notes de la rédaction », enfin, insinuent que mes fonctions professionnelles seraient imaginaires. Le jugement que vous reproduisez en fac-similé constate pourtant lui-même ma profession, et c'est sur elle, ainsi que sur l'absence de tout antécédent, que le tribunal a fondé l'exclusion de la condamnation du bulletin n°2 de mon casier judiciaire — application de l'article 775-1 du code de procédure pénale, c'est-à-dire de la loi, et non faveur. Il aurait suffi de me poser la question : à aucun moment, avant publication, ma version n'a été sollicitée.

Vos lecteurs dirigent des établissements. Ils savent ce que vérifier veut dire. Ils apprécieront.

Danny Forster

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