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Le Conseil de l’âge veut un avenir pour les Ehpad

Le Conseil de l’âge veut un avenir pour les Ehpad

Sa recommandation-phare est un financement complémentaire à la qualité et aux résultats.

Les Ehpad accueillent aujourd’hui des résidents toujours plus âgés et plus fragiles : ils y entrent plus tardivement (à 88 ans et 8 mois), 40% d’entre eux ont 90 ans ou plus, et plus de 50% relèvent des GIR 1 et 2. Après un an de travaux sur leur périmètre d'organisation, de financement et d'intervention et « à rebours des débats souvent focalisés sur leurs seules difficultés », le Conseil de l’âge du Haut conseil de la famille, de l'enfance et de l'âge (HCFEA) vient d’adopter un rapport diagnostic et prospectif de plus de 100 pages, titré « Des lieux de vie et d'attention pour aujourd'hui et demain ».

Son message ? Il faut conforter et renforcer les Ehpad en transformant leur modèle en profondeur.

Le Conseil de l’âge formule ainsi plusieurs propositions dont Géroscopie retient celles sur le financement.

  • Financement à la qualité

Le Conseil s’appuie sur l’exemple de la réforme du financement à la qualité des établissements de santé préparée par la DGOS et applicable à partir de 2026 et souhaite pour les Ehpad un contrat d’intéressement à la qualité et à l’efficience des accompagnements. Il s’agit d’allouer des financements ex-post (complémentaires) aux Ehpad atteignant certains standards. Il propose donc de se concentrer sur les indicateurs de résultat et de s’appuyer sur un système d’indicateurs multidimensionnel, dépassant les seuls outils actuels (GMP/PMP) afin de mesurer à la fois :

  1. la qualité des soins, 
  2. la qualité de vie des résidents, et 
  3. la performance globale des parcours : pertinence des hospitalisations et des passages aux urgences, qualité de la prescription médicamenteuse, évolution de l’état de santé (fonctionnel, cognitif), prévention des événements indésirables (chutes, escarres...), qualité de vie et satisfaction des résidents.

Une palette d’indicateurs de résultats pourrait, sans difficultés majeures, être tirée ou extraite des bases de données existantes.

  • Simplifier le financement des établissements

Il faut généraliser la fusion des sections «soins» et «dépendance» et étendre le périmètre de cette nouvelle section à l’ensemble des soins primaires, mais aussi rénover les outils Aggir et Pathos, «insuffisamment adaptés à l’évolution des profils des résidents, et trop peu incitatifs à la prévention».

  • Renforcer progressivement les effectifs 

L’objectif est d’atteindre un taux-cible de 8 professionnels pour 10 résidents d’ici 2030, pouvant être porté à 10 pour 10 après de nouvelles études et projections sur les besoins futurs des résidents.

De l’Ehpad à la «Maison’âge»

Le Conseil de l’âge indique dans l’épilogue de son rapport être «convaincu que l’avenir des établissements aujourd’hui appelés Ehpad passe par une transformation profonde, répondant aux réflexions sur la manière dont notre société entend accompagner ses aînés les plus vulnérables. Les établissements de demain ne doivent plus être considérés comme «l’impasse à la fin du chemin». 

Il souhaite lui aussi un changement de nom: si le gouvernement a l’intention d’adopter « Maison France autonomie », le Conseil apporte sa contre-proposition: «Maison’âge», au risque d’occulter le fond du débat lors de la première Conférence nationale de l’autonomie prévue à l’automne?

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