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Canicules, mégafeux: et maintenant, comment accompagner les trauma?

Canicules, mégafeux: et maintenant, comment accompagner les trauma?
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Canicule, surmortalité des seniors à domicile, mégafeux, évacuation d’Ehpad… On vient de vivre un été cauchemardesque. Alors, comment prendre en compte et accompagner le traumatisme des personnes âgées et des équipes soignantes, en Ehpad ou à domicile, qui ont dû être évacuées en urgence ou qui ont été fortement éprouvées par ces catastrophes? Entretien avec Béatrice Glondu, Gestalt thérapeute et fondatrice des groupes de parole Paroles et Partage.

  • Cet été a été infernal, insupportable quand on l’a vécu en direct, et même très stressant quand on l’a vécu par procuration, devant son poste de télévision. Comment « débriefer » cette question avec les résidents et les équipes ?

D’abord, il faut rappeler que chaque individu réagit à sa manière. Mais je dirai qu’une personne âgée est plus fragile face aux changements. La première chose est d’écouter et questionner sur son ressenti afin d’évaluer son degré d’angoisse et de peur pouvant conduire à un traumatisme ou pas.

Lors des évacuations de personnes âgées de leur domicile, en plus du danger imminent et vital que représente un incendie, partir de son environnement implique dans l’immédiat perdre tous ses repères, quel que soit l’âge d’ailleurs.

  • Or, on le sait, les repères chez une personne âgée sont nécessaires pour maintenir au mieux sa santé mentale…

Oui, ils sont même essentiels pour son équilibre. Souvent, quitter son domicile pour un Ehpad est une épreuve psychologique extrêmement difficile. Alors… imaginez devoir le revivre en urgence, face à un mégafeu ! C’est un stress épouvantable…

Le risque de voir brûler un lieu de vie ou de travail s’apparente à un risque d’effondrement de repères spatiaux et relationnels : 

les repères spatiaux que sont une maison, un quartier avec sa vie de quartier, ses commerçants,
des personnes comme la famille, du personnel encadrant, des amis, des voisins, des collègues et ses animaux,
des objets qui constituent des souvenirs précieux,
le travail d’une vie comme les sacrifices que représente l’achat d’une maison
la fin de sa vie « comme avant ».
  • Ces épisodes catastrophiques pourraient malheureusement se répéter à l’avenir. Pour y faire face, quels sont les réflexes à avoir quand on gère une structure d’accueil ?

Lors de ces évacuations, il est important de privilégier les déplacements dans des lieux connus, chez l’entourage idéalement ou avec des personnes du même Ehpad, pas très loin si c’est possible.

Des choses très simples sont à mettre en place comme garder des habitudes alimentaires, des rituels (regarder une émission à la télévision) et idéalement, garder le lien avec un membre du personnel qui se rendra sur le lieu d’hébergement provisoire. 

Il faut faire attention aux signaux d’alerte que sont la perte d’appétit, une baisse de moral, un refus à tout ce que l’on propose, un refus de parler, une angoisse de tout, une apathie. Chez les personnes âgées, ces signaux peuvent s’accompagner d’une baisse d’autonomie physique et parfois mentale.

  • D’autres protocoles à mettre en place ?

Il faut évidemment aussi avertir les référents (famille et personnel de la structure) et un psychologue. Face aux questionnements des résidents et de leurs familles, il est nécessaire d’apporter des réponses claires et précises. Un « Je ne sais pas, mais je vais me renseigner » vaut toujours mieux qu’un « On verra ».

Au final, pour moi, le plus important est de passer du temps avec la personne. La présence humaine, la bienveillance, l’attention qu’on lui apporte sont primordiales. Rien ne saurait plus rassurer que la bienveillance et l’écoute consciente : accueillir leurs émotions et écouter leur rythme sont des clefs essentielles, qu’elles soient des personnes évacuées ou pas.

Il ne faut jamais minimiser ce que ressent la personne et favoriser l’échange avec des personnes ayant vécu la même chose permet d’éviter l’isolement psychologique face aux drames.

  • Pouvez-vous nous expliquer brièvement votre spécialité, la Gestalt Thérapie ?

La Gestalt a ceci de particulier est qu’elle est à la fois une philosophie de vie et une méthode thérapeutique. Créée dans les années 1950, elle part de « l’Ici et Maintenant », c’est à dire de ce qui se passe maintenant, dans mes interactions avec les gens et les différents environnements (travail, famille, école, nature…). Elle met de la lumière (conscience) sur ce qui se joue pour moi, maintenant, et avec les autres, tandis que la psychanalyse repose plus sur le passé.

La Gestalt Thérapie répond à la question « J’agis comme ça… pour quoi faire ? » et porte donc avant tout attention à ce qui se passe dans la situation présente et dans la relation : ce qui rassure, ce qui inquiète, ce qui permet de reprendre pied, ce qui devient trop intense.

Pour en savoir plus : https://parole-et-partage.fr

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