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Alzheimer: les micro-réveils nocturnes pour repérer les personnes vulnérables ?

Alzheimer: les micro-réveils nocturnes pour repérer les personnes vulnérables ?
Photo : Shutterstock
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Des chercheurs de l’université de Liège montrent qu’un lien avec les troubles du sommeil pourrait s'installer avant toute manifestation clinique de la maladie.

Depuis plusieurs années, les scientifiques du monde entier étudient le lien entre troubles du sommeil et maladies neurodégénératives. L'Université de Liège (Belgique) vient d’annoncer qu’une étude récente menée auprès de 500 personnes en bonne santé par des chercheurs de son Giga Institute (neurosciences) ouvrait de nouvelles perspectives en postulant que ce lien pourrait s'installer avant toute manifestation clinique de la maladie.

Pas anodins...

Les résultats, publiés dans la revue scientifique Sleep, montrent que le risque génétique de développer la maladie d'Alzheimer est lié à la fréquence des micro-réveils nocturnes, de brèves activations cérébrales qui ne réveillent pas complètement le dormeur, mais peuvent perturber le déroulement du sommeil. Aucun lien n'apparaît chez les plus jeunes (18-31 ans). Chez les participants plus âgés (50-69 ans), en revanche, des micro-réveils plus fréquents vont de pair avec un risque génétique plus élevé, alors même qu'ils ne présentent aucun signe de la maladie.

«Ces micro-réveils ne sont donc pas anodins», souligne l’auteur principal Puneet Talwar. «Certains profils pourraient favoriser l'accumulation des protéines impliquées dans la maladie d'Alzheimer et être associés à une vulnérabilité accrue.»

Les chercheurs se sont intéressés en parallèle, dans une étude publiée en 2025, au locus coeruleus (ou « tâche bleue »), une région nichée dans le tronc cérébral, de la taille d'un grain de riz, qui est impliquée dans l'éveil, l'attention et la régulation du sommeil. Une région difficile à observer, mais qui semble jouer un rôle dans les mécanismes précoces liés à la maladie.

Dépistage et prévention

Les observations compilées ouvrent des perspectives pour le dépistage et la prévention. À terme, l'analyse du sommeil pourrait compléter les outils permettant d'identifier les personnes à risque avant l'apparition des symptômes.  «Le sommeil pourrait devenir un marqueur accessible pour repérer précocement les personnes vulnérables», souligne Gilles Vandewalle, directeur de recherche.

Lucie Leroux, responsable de la Fondation belge Stop Alzheimer qui a soutenu la recherche, veut voir plus loin: agir sur la qualité du sommeil pour tenter de prévenir ou de ralentir la maladie chez les personnes génétiquement prédisposées.

«Ces travaux montrent que le sommeil n'est pas seulement un indicateur de santé, mais aussi un levier possible d'intervention», dit-elle.

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