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Aides à domicile : une patronne lance un SOS à 4 ministres

Aides à domicile : une patronne lance un SOS à 4 ministres
Dafna Mouchenik et Rosyne (droits réservés)

Dafna Mouchenik est la dirigeante d’un service d’aide à domicile en Ile-de-France, et l’animatrice d’un collectif national dédié. Elle rencontre actuellement un écueil administratif qui fragilise une auxiliaire de vie (et sa famille), mais qui impacte aussi ses équipes, les personnes qu’elle accompagne, âgées et fragiles. Un problème largement rencontré dans ce secteur en tension… Dafna lance un SOS à 4 ministres pour débloquer cette situation qui traîne depuis juin.

Rosyne travaille à mes côtés depuis quinze ans. Depuis quinze ans, elle accompagne, prend soin, rassure, soutient des personnes fragiles à leur domicile. Elle fait partie de ces professionnelles sans lesquelles le soutien à domicile ne tiendrait tout simplement pas.

Rosyne a toujours disposé d’un titre de séjour l’autorisant à travailler. Ce titre arrive bientôt à expiration. Depuis juin, elle tente d’obtenir un rendez-vous via la plateforme de la préfecture pour renouveler ses documents. Sans succès.

Face à l’échéance qui approche, toute mon équipe se mobilise à ses côtés. Parce que nous connaissons son engagement et la place essentielle qu’elle occupe auprès des personnes qu’elle accompagne.

Rosyne ne demande pas une faveur. Elle travaille. Elle ne sollicite aucune aide. Elle exerce un métier indispensable, au domicile de personnes âgées, malades ou en perte d’autonomie. Elle est titulaire de 3 diplômes français : le diplôme d’État d’aide-soignante, une formation d’aide à domicile (DEAES), ainsi qu’un diplôme universitaire consacré au care.

Et pourtant, si elle n’obtient pas un rendez-vous et un document lui permettant de justifier la continuité de son droit au travail dans les délais, je serai légalement contrainte de la suspendre !

Suspendre Rosyne, ce serait la priver de son salaire et fragiliser sa famille. Ce serait aussi priver, du jour au lendemain, les personnes qu’elle accompagne d’une professionnelle de confiance, connue depuis longtemps, dont l’intervention est souvent bien davantage qu’une simple aide : une présence, un repère, une sécurité.

Malheureusement, cette situation dépasse largement son cas personnel : elle révèle aussi la fragilité administrative dans laquelle se retrouvent tant de travailleuses et travailleurs étrangers pourtant pleinement insérés, diplômés, expérimentés et indispensables à notre pays.

Nous ne pouvons pas, d’un côté, affirmer que les métiers du soin et de l’aide à domicile sont essentiels et en tension ; et, de l’autre, laisser des professionnels qualifiés, qui travaillent et cotisent depuis des années, risquer de perdre leur emploi faute de pouvoir accéder à un simple rendez-vous administratif.

J’en appelle au ministre de l’intérieur Laurent Nuñez, à la ministre de la Santé Stéphanie Rist et à sa ministre déléguée Camille Galliard-Minier ainsi qu’au ministre du Travail et des Solidarités, Jean-Pierre Farandou : il faut que les procédures de renouvellement permettent d’assurer réellement la continuité des droits et du travail, sans placer les salariés, leurs familles, leurs employeurs et les personnes accompagnées dans un stress permanent ni dans des complications administratives évitables.

Pour Rosyne. Pour les professionnels du domicile. Pour les familles. Et pour toutes celles et ceux qui dépendent, chaque jour, de leur présence.

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