Après avoir visité des Ehpad en France, le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe, l’Irlandais Michael O’Flaherty, a adressé un courrier sévère à la ministre Camille Galliard-Minier.
Le Commissaire aux droits de l’homme du Conseil de l’Europe (NdlR : institution basée à Strasbourg, et non à Bruxelles, à ne pas confondre avec l'Union Européenne), Michael O’Flaherty est venu visiter plusieurs Ehpad en France du 8 au 16 juin. A l’issue de son séjour, il avait noté «avec satisfaction» les efforts déployés depuis l’onde de choc provoquée par le scandale Orpéa, mais avait malgré tout considéré que la situation dans ces établissements demeurait « préoccupante ».
Les résidents semblent notamment être « considérés comme des objets de soins » plutôt que comme « des sujets de droit à part entière », disait-il.
Il déplorait la pénurie de personnel et le déficit d’investissement, en misant sur la Conférence nationale de l'autonomie alors annoncée....
Il faut des améliorations systémiques !
Dans une lettre adressée à la ministre déléguée chargée de l'Autonomie et des Personnes handicapées le 28 août et rendue publique le 8 septembre (ainsi que la réponse de la ministre), Michael O’Flaherty encourage « la mise en œuvre d’améliorations systémiques » et relève plusieurs défis :
- Il recommande d’améliorer les ratios personnel/résidents, de garantir les ressources nécessaires pour le recrutement et la formation, de soutenir la fidélisation du personnel, « et de rénover les établissements délabrés, surpeuplés ou mal équipés pour faire face aux défis liés au changement climatique » ;
- Il appelle également à un renforcement des inspections, notamment via une coopération accrue entre autorités compétentes, en mettant l’accent sur les droits humains et la qualité de vie des résidents. « Le développement des soins à domicile et de proximité doit aller de pair avec l’assurance de ressources adéquates pour des soins en établissement qui respectent les droits », écrit-il.
- Enfin, le Commissaire recommande de lutter contre l’âgisme et de veiller à ce que les personnes âgées soient pleinement considérées comme titulaires de droits et soient associées de manière significative aux décisions qui les concernent.
Et qui revoilà ? La fameuse « Mobilisation France Autonomie » !
Dans sa réponse, Camille Galliard-Minier dresse le bilan des investissements du Ségur de la santé et des contrôles effectués... L’avenir ? Il passe selon elle par la Mobilisation France Autonomie « qui vise à construire, avec les personnes concernées, leurs· proches, les professionnels et les territoires, une politique de l'autonomie à la hauteur du défi démographique qui nous attend ».
Cette mobilisation s'articule autour de six priorités, rappelle-t-elle :
1. mieux connaître et anticiper les besoins liés au vieillissement,
2. promouvoir le vieillissement en bonne santé,
3. valoriser les métiers de l'autonomie,
4. diversifier les lieux et les modes de vie,
5. transformer les Ehpad en Maisons France Autonomie, et
6. mieux accompagner les aidants.
La Conférence nationale de l'autonomie (CNA), « qui se tiendra en octobre prochain », constituera « une étape majeure de cette mobilisation », assure-t-elle. A suivre…
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