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Présidentielles 2027 : l’UNA demande une étatisation du financement de l’aide à domicile

Présidentielles 2027 : l’UNA demande une étatisation du financement de l’aide à domicile
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Elle estime que le bilan de 25 ans d’un pilotage strictement départemental est alarmant et que l’aide à domicile doit relever de la solidarité nationale.

L’Union nationale de l’aide, des soins et des services aux domiciles (UNA) a présenté, le 9 septembre, six propositions sur une politique de l’autonomie à domicile à l’attention des candidats à l’élection présidentielle 2027 pour « transformer l’intention en réalité ».

Associations, centres communaux et intercommunaux d’action sociale, organismes mutualistes et fondations, les 550 structures indépendantes adhérentes à l’UNA organisent et gèrent des activités d’aide, de soins et d’accompagnement médico-social à domicile auprès de personnes vulnérables et de familles. Elles regroupent plus de 62 000 salariés et 6 000 bénévoles pour près de 500 000 bénéficiaires.

Ses six propositions se déclinent en trois axes :

  • Axe 1 : Autonomie à domicile : pour tous, partout et tout au long de la vie

Garantir à chacun, de l’enfance au grand âge, un parcours de vie sans rupture à domicile

Il s’agit de mettre fin à un système médico-social organisé en silos structurels : opposition entre secteur sanitaire et médicosocial et idem social et médico-social, entre établissements et services, entre catégories de publics, entre autorités de tutelle, entre financeurs. Ces cloisonnements se font au détriment des parcours de vie des personnes vulnérables, âgées, en situation de handicap, atteintes de pathologies chroniques, et de leurs aidants

Faire du domicile un lieu de vie et d’accompagnement pour tous

Une logique domiciliaire doit s’appuyer sur la notion du « là où je vis ». Une définition large du domicile permettra d’inclure pleinement les services médico-sociaux à domicile et les nouvelles formes d’établissements et d’habitat dans une logique de parcours, mais aussi d’ouvrir les établissements médico-sociaux ou de santé aux services médico-sociaux à domicile, assurant ainsi la continuité des interventions, au plus près des besoins de chaque personne.

Faire de la prévention à domicile une priorité nationale

La prévention des vulnérabilités et des ruptures sociales doit être la priorité des politiques de protection sociale, et c’est au domicile qu’elle doit s’exercer en premier lieu. Les professionnels qui y interviennent chaque jour voient, entendent et détectent, bien avant les urgences ou les services hospitaliers. Leur rôle préventif est réel, et pourtant quasi-absent des modèles de financement.

  • Axe 2 : Services d’aide à domicile : des professionnels et des structures reconnus

Fonder le financement des services d’autonomie à domicile sur la solidarité nationale.

Depuis près de 15 ans, les services médico-sociaux d’aide à domicile traversent une crise structurelle que les mesures ponctuelles n’ont pas résolue, des fonds d’urgence aux expérimentations de financement, des rapports aux réformes avortées. De plus en plus de services sont contraints de refuser des demandes de personnes fragiles parce que leurs financements ne couvrent pas leurs coûts réels, parce que trop souvent ils travaillent à perte. Pendant ce temps, les professionnels qui assurent ces interventions au quotidien - très majoritairement des femmes - restent parmi les travailleurs les moins bien rémunérés de France, sans perspectives d’évolution sécurisées. Des mesures ont été prises - tarif plancher, dotation qualité - mais leur empilement sans vision d’ensemble n’a fait qu’accentuer la fragilité des services. La racine du problème reste intacte : le financement public des services à domicile ne couvre pas le coût réel des prestations

Reconnaître les métiers du domicile à leur juste valeur

Les métiers du secteur figurent parmi les plus en tension. Pour les services à domicile non lucratifs en particulier, les difficultés de recrutement et de fidélisation des salariés, largement alimentées par des conditions de rémunération, d’emploi et d’exercice moins favorables qu’en établissements, se traduisent par une impossibilité à répondre aux besoins des personnes accompagnées. Ces difficultés RH trouvent en partie leur origine dans un modèle économique inadapté, caractérisé par un financement structurellement insuffisant au regard des coûts réels (directs et indirects) d’intervention. Ce modèle contraint les employeurs à effectuer des arbitrages au détriment de la qualité de l’emploi, alimentant directement la pénibilité, la sinistralité et la désaffection des métiers. C’est un véritable cercle vicieux. 

  • Axe 3 : La 5e branche : une promesse à tenir

Intégrer toutes les politiques de l’autonomie au sein de la 5e branche de la Sécurité sociale

Le bilan de 25 ans d’un pilotage strictement départemental de l’aide à domicile est alarmant. Le secteur médico-social est celui où la prise en charge des personnes est la plus inégalitaire, tant dans les évaluations de leur situation que dans les plans d’aide attribués. C’est aussi celui qui est le moins renseigné par des données robustes, où les disparités territoriales sont les plus flagrantes, où les professionnels sont les plus paupérisés et où les problématiques endémiques de financement des revalorisations salariales semblent inextricables. Il est désormais incontestable que la 5ème branche de la Sécurité sociale n’est pas compatible avec une politique décentralisée. « Il est temps de tenir la promesse de la Branche Autonomie ».

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