« Le sujet n’est pas de remettre en cause le modèle, mais de le rendre plus lisible, plus soutenable et mieux proportionné aux réalités territoriales », a résumé la FédéCRT, le 30 avril, lors d’une journée régionale à portée nationale.
La Fédération française des centres de ressources territoriaux (FédéCRT) a organisé, le 30 avril à Lille, une Journée régionale sur le thème « Les CRT au cœur des parcours, au service de l’autonomie ». Elle a réuni les CRT des Hauts-de-France, leurs partenaires institutionnels, sanitaires, médico-sociaux et territoriaux, ainsi que des acteurs nationaux engagés dans les politiques du grand âge et de l’autonomie qui en ont fait « un temps fort dédié aux enjeux de prévention, de coordination des parcours et d’accompagnement renforcé à domicile des personnes âgées », commente le président de la Fédération, Olivier Lefebvre.
Il existe aujourd’hui 287 CRT, l’objectif étant de 500 à l’horizon 2028. Pour rappel, cette offre nouvelle d’accompagnement à la perte d’autonomie doit répondre à un cahier des charges (arrêté du 27 avril 2022) qui lui définit deux grands volets d’intervention (prévention et accompagnement renforcé) reposant sur une coordination à ancrer dans les territoires - deux tables rondes thématiques ont permis d’en avoir des illustrations à travers des retours d’expérience.
Les réponses de 126 CRT
La journée s’est conclue par la restitution des résultats d’une enquête nationale sous forme de questionnaire auquel 154 CRT ont répondu dont 126 CRT de manière complète et donc exploitable. Ses objectifs ?
- Analyser les conditions opérationnelles réelles et les difficultés rencontrées : l’astreinte 24/7 se révèle le principal point de fragilité, mais les missions trop vastes du volet 1 sont aussi pointées ainsi que le chevauchement des dispositifs.
- Identifier les ajustements nécessaires : critères du volet 2, renforts RH, assouplissement du modèle à mieux corréler avec l’activité réelle...
Il ressort de l’enquête que les CRT n’en sont plus au stade expérimental : ils disposent d’une légitimité de terrain, d’un ancrage institutionnel et d’une dynamique réelle de montée en charge. « Le sujet n’est donc pas de remettre en cause le modèle, mais de le rendre plus lisible, plus soutenable et mieux proportionné aux réalités territoriales », explique la FédéCRT.
6 priorités d’évolution du cahier des charges national
En septembre dernier, la direction générale de la cohésion sociale (DGCS) avait annoncé un nouveau cahier des charges après évaluation des CRT. L’Agence nationale d'appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (Anap) a été missionnée, et à l’issue des remontées d’information de la CNSA, des agences régionales de santé, de la FédéCRT..., elle devrait réunir un groupe de travail en octobre pour un nouveau texte début 2027.
Les réponses au questionnaire dessinent 6 pistes prioritaires et plaident pour une évolution ciblée : maintenir l’ambition nationale des CRT, tout en sécurisant les conditions opérationnelles de mise en œuvre.
Reconfigurer l’astreinte- Sortir d’une logique uniforme 24/7 et définir un modèle proportionné aux risques, aux territoires et aux partenariats existants ;
Prioriser le volet 1- Cibler la prévention, le repérage, l’appui aux professionnels et les actions à fort impact ; clarifier le recours à Icope ;
Clarifier les frontières- Positionner explicitement le CRT dans le post-hospitalisation et le service public départemental de l’autonomie (SPDA), clarifier l’articulation avec les dispositifs d'appui à la coordination (DAC), l’hospitalisation à domicile (HAD), les plateformes d’accompagnement et de répit (PFR) et les acteurs de prévention ;
Ajuster les critères du volet 2- Conserver un cadre national lisible, mais adapter GIR, situations précoces et profils spécifiques sans ouvrir trop largement les critères ;
Adapter RH et budget à l’activité- Moduler les moyens selon la file active, reconnaître les besoins médecin / aide-soignante / assistante de soins en gérontologie / infirmière en pratique avancée, et prévoir l’investissement utile ;
Structurer mutualisation et numérique- Encourager les mutualisations souples, évaluer les outils, soutenir l’interopérabilité et professionnaliser la communication partenaire.
Catherine Maisonneuve